2019.07.23 | agriculture indigestion (et bonbons mécaniques)

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Des couleurs faisons abstractions : la plupart des animaux ne les perçoivent pas et j’en fais partie. Pas une raison pour photographier en noir et blanc, ersatz monochrome du temps qu’on ne savait pas faire autrement. Mais moi j’ai lu et révère Du mode d’existence des objets techniques, de Gilbert Simondon — lequel enseigna à Poitiers — où tout un chapitre est consacré à la question de pourquoi nous trouvons beau un tracteur. Donc je les photographie avec des couleurs de bonbons, ça me va. Ce qui va moins, c’est le rapport de ce bijou d’entassement mécanique des monstres à vendre, avec l’infinie dégradation du paysage tout autour : depuis cinquante ans qu’il n’y a plus de haie, on arrose tant qu’on peut pour le maïs, on pesticide tant qu’on peut pour la rentabilité du blé, et on se place à la criée des subventions européennes et des prêts à taux zéro pour des machines toujours plus grosses, et renouvelées avant de s’être salies les pieds. Il se peut que cette période finisse. Il se peut surtout que dans leur tête cette période ne soit pas finie. Peut-être serait-il temps d’inclure tout ça dans un parallélépipède de résine transparente comme témoignage de la folie d’époque, et du suicide en dansant. Un immense champ derrière, où pas question d’entrer photographier, est couvert de centaines et centaines, un millier peut-être, de ces moiss’batt’ à peine usées et déjà ferraillées. On sait le désastre, il fallait aussi prendre conscience de l’échelle.

 

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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 juillet 2019
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Messages

  • c’est plus joli en rose (mars 2011) (il a enlevé l’initiale de son prénom ou ils se sont mis à plusieurs de la famille ou quelque chose ?) - en tout les cas, ça n’a pas empêché la fastueuse majorité de députés de voter le traité de libre échange (ni libre, ni échange avec tribunaux privés, merci qui ?) avec le Canada - tout va bien, dormons tranquilles, il faut dire qu’il fait chaud

  • C’est de l’autre côté du pâté de maisons en quelque sorte et précisément alors que je m’apprêtais à passer non loin, quelques courses alimentaires à faire, voilà que l’incendie s’accroît en explosion. Alors rentrer, suivre l’évolution en se tenant sur le balcon, brièvement car les fumées peuvent être toxiques, se rassurer en estimant que l’on est trop loin pour devoir évacuer, se paniquer en pensant aux victimes possibles, se réconforter du déploiement de pompiers et d’une apparente organisation des forces de l’ordre. Rapidement le quartier est bouclé, le feu éteint. Et l’air irrespirable.

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