< Tiers Livre, le journal images : 2019.07.23 | esthétique de la consommation de masse

2019.07.23 | esthétique de la consommation de masse

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Ce ne serait pas un titre comme ça, mais une série récurrente. Non pas photographier les arrangements géométriques, voire brutalistes, ou seulement coloristes, de ce que produit esthétiquement la consommation de masse, avec ses normalisations, son façading, ses normes de marques et sous-marques), mais en faire une sorte d’inventaire permanent, d’inventaire au long cours qui permette de retourner sur elle-même cette peau arrangée du réel pour en comprendre quelques bribes des rouages de domination –– Adorno dirait mutilation.

Et pourtant rien qui puisse toucher à l’implacable présence de la moto garée trop près, à la plante même pas artificielle (je ne sais pas, en fait) et qui ne connaîtra que son coin de carrelage, les arrangements de transparence et séries récurrentes dans ces allées réservées dès mi-juillet à une rentrée scolaire au rabais et nous semble si triste par rapport au souvenir des objets de la trousse d’autrefois.

Qu’y a-t-il donc dans les colis qu’on vient ici retirer ?

Et rien de tout ça qui tiendrait, si simplement photographié au smartphone : ici finalement ils ont de moins en moins besoin de se protéger de l’image, personne qui m’ait embêté pour ce que je faisais. Philippe Cognée a peint ces magnifiques intérieurs de rayons d’hypermarché, sans rien céder de la politique et du cynisme économique de tout ça — moi je n’en suis pas encore au point que ces images deviennent valeur d’échange (curieuse machine à inventer, là on insère carte SD ou clé USB, pour les tirages photo : une des miennes qui sortirait de la fente, l’hypermarché se portraitant lui-même).

Enfin bon, suis revenu avec ma ramette de papier 80g, ça devrait aller pour rendre la compta du semestre, fin de semaine.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 juillet 2019
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