comment j’ai téléchargé mon propre livre à la Fnac

format epub sans justif de fin de ligne et Windows only : copie à revoir !


Avis : à 10 jours de la mise en ligne de ce billet, et compte tenu du nombre de consultations, de mails privés, et de prolongements, lire Fnac et téléchargement, suite.

FB

Evidemment, il fallait que je fasse le test, et même un test raté vaut bien 18 euros.

Du moins : la preuve qu’une toute petite structure dans l’esprit web 2.0 est plus forte qu’un mastodonte qui ne comprend rien au web, ça vaut bien 18 euros. La Fnac, à grand renfort de publicité, met en vitrine la version numérique de mon Bob Dylan, mais ce qu’elle propose pour 18 euros (et qui sera disponible à moitié de ce prix en livre de poche en avril), est un monstre présenté sans typographie, avec des liens hypertextes en bleu souligné, pas de justif (alignement à gauche : rédhibitoire pour la lecture longue, alors que la différence entre le Sony et les précédents modèles de liseuses, c’est bien de vous permettre de lire aussi bien et longtemps que sur livre papier), tandis que les textes que nous proposons à 5,50 euros sur publie.net exploitent bien plus à fond l’outil numérique qu’est le Sony Reader.

Et qu’il ne faut pas jeter le Sony avec la plate-forme Fnac. Simplement, que les mastodontes épiciers devraient comprendre qu’une des obligations du web, c’est la participation de l’usager et son respect. Sinon, on se plante.

C’est une vieille tradition dans l’édition, pourtant : on réimprime votre livre, vous recevez un exemplaire de justif. Vous êtes traduit à l’étranger, vous recevez un exemplaire de justif. Vous êtes repris en poche ou en club, exemplaire de justif. On vous met en vitrine à 18 euros en fichier epub impraticable, on se garde bien de vous en proposer un.

Pourquoi c’est moche ? Parce que la logique des commerçants, c’est de privilégier la gestion des copyrights (les interdits de recopie) sur ce qui devrait être le premier principe : une typo numérique qui soit au niveau de celle du livre. Essayez les textes gratuits sur publie.net, vous comprendrez la différence.

Pourquoi on a le droit de le dire ? Parce que nous sommes un petit nombre à dire ceci : l’éventuelle chance numérique pour l’édition traditionnelle, ce n’est pas de transposer le livre papier sous format numérique et nous donner à choisir, ce serait de les associer.

18 euros pour ça, pas d’accord (et pourtant le livre est bien, si si !)

Par exemple, le même jour où la Fnac lance (et je toucherai 11% du prix HT du téléchargement, ce qui est un autre problème : sur publie.net, on a décidé coopérative à 50% pour l’auteur, 50% pour la structure – même avec un texte proposé 5,50 euros, moins 90 cts TVA, en attendant qu’on migre tout ça au Canada, on rémunère plus l’auteur que ce j’obtiens sur un téléchargement Fnac) ma bio Dylan en epub, le responsable de Sony France présente à Tokyo, devant l’ensemble des développeurs du groupe, une recherche sur le principe suivant (sur une idée de François Pachet, enrichissements suggérés par FB, traduction japonaise Toshihiro Kokubu). Explication :

Ça y est, vous avez pris en main votre PRS-505 ? (apparemment, des dizaines et dizaines de personnes, je le constate, s’en sont procuré ces dernières semaines – sauf qu’ils les commandent à Londres, dans votre boîte à lettres en 48 heures pour 50 euros de moins que le prix français, encore une incongruité : comment faire confiance, si même à ce niveau on affirme le mépris du client ?)

En bas de l’écran, une petite barre noire d’affichage. Elle comporte le niveau de charge de la batterie, mais c’est ma pomme (pas mon Mac, moi) qui ai signalé aux amis du centre de recherche Sony ce que m’avait d’abord signalé Olivier Guéry, blogueur, par ailleurs kiné avec beaucoup de déplacements, auquel j’avais rapporté de New York, en juillet, sa propre Sony : une bleue. Un petit software, non pas issu de Sony mais de bidouilleurs, permet de rentrer dans la petite barre noire et d’y afficher l’horloge interne de la machine.

C’est simple, mais Sony n’y avait pas pensé : quand vous lisez dans les transports, quand vous lisez le soir tard au lit, et je vous assure que la Sony c’est formidable pour ça, c’est quand même confort de savoir l’heure qu’il est, quand l’appareil que vous tenez le permet. Alors on a eu cette idée : puisque la barre noire indique le niveau de batterie, d’ailleurs peu utile vu la faible consommation de l’appareil, votre numéro de page et le nombre de pages de l’ouvrage, pourquoi ne pas y ajouter une mini icône surgissante IMG si le texte inclut des images, et une mini icône surgissante SON si le texte est relié à des sons ?

Stones en studio : image surgissante pour les enrichissements Sony

Et François Pachet, senior researcher maison (passionnantes, leurs recherches, dans une discrète maison parisienne derrière la rue d’Ulm, sur la reconnaissance de langage, sur la constitution langagière en présence d’objets inconnus de robot à robot, mais aussi modélisation de la prolifération cancéreuse, de la propagation climatique etc...), a installé le petit soft suivant : s’il y a 3 images associées au texte, on affichera 1, 2, 3 à côté de l’icône IMG apparaissante, vous appuyez sur la touche 1, 2 ou 3 et l’image surgit au premier plan devant le texte, vous relâchez, elle s’efface sous le texte. Les chiffres 4, 5, 6 s’affichent près de l’icône SON, une pression sur la touche correspondante déclenche l’extrait audio dans la prise casque. Problème de droits y afférant ? Sur le Reader, il peut s’agir de mini extraits, on n’alourdit rien, on reste dans le droit de citation, l’extrait est inclut dans le PDF (nous avons travaillé avec des PDF enrichis via Acrobat 8). Si on est sur l’ordi, puisque Sony refuse pour l’instant le choix du Reader communiquant, on pioche l’extrait dans l’incroyable réservoir de streaming parfaitement légal qu’est deezer.com.

Pour la communication devant les instances Sony, il fallait un texte japonais, ça tombe bien, ma biographie des Stones a été traduite en 2003/2004 – j’en suis très fier – par Toshihiro Kokubu, Toshihiro m’envoie le passage correspondant à Not fade away, qui a été une bascule dans le début des Rolling Stones. Quand on ouvre le PDF, choix sur le Sony Reader entre la version française et la version japonaise. Puis, à mesure qu’on entre dans les 12 pages de l’extrait, une dizaine de photographies d’archives de ma collection, les versions de Not Fade Away par Buddy Holly ou le regretté Bo Diddley. Mais aussi une chanson des Ronettes de Phil Spector, qui dirige l’enregistrement, et de Gene Pitney, qui débarque en pleine nuit et les fait tout recommence. Et puis Not Fade Away dans la version Stones originale, mais aussi comme ils la jouent en public 30 ans plus tard au Paradiso d’Amsterdam. Et comme il s’agit de démo, on s’est aussi permis la simulation de vidéos YouTube d’époque associées en paratexte...

Voilà comment, hier après-midi, publie.net a fait rêver Sony, on vous tiendra au courant des suites – j’aurais bien fait le voyage pour porter moi-même le PDF à trésors (archive .rar de 7,7 Mo)...

texte japonais de ma bio Rolling Stones (trad Toshihiro Kokubu), avec les enrichissements prêts pour l’affichage paratexte en démo Sony Reader

Oui, le PRS-505 est un terminal dédié, qui concurrence le livre et non l’ordinateur (il présente une ergonomie de lecture qui fait oublier le livre, le fait préférer au livre, ce dont l’édition n’a pas encore complètement conscience – mais, et même si le 700 qui sera commercialisé tout bientôt présente une interface tactile de prise de notes, fondamental, la liseuse ne remplace pas l’ordinateur : seulement, l’ordinateur, même le meilleur, ne vous permet pas la lecture dense), le PRS-505 peut nous autoriser des concepts d’édition numérique qui ne sont pas le texte illustré, mais une pratique de lecture enrichie beaucoup plus complexe, même dans l’espace de son écran de 6".

Je reste une seconde avec les amis de chez Sony. D’abord j’assume le mot amis : parce qu’on vous accueille, mini usager, et qu’on vous écoute. Et pas impossible, via leur intermédiaire, de poser des questions à Adobe ou Firefox, qui sont aussi des entités avec visage. La question du PDF reflowable (gros défaut du Sony : sur PDF vous avez droit à 3 formats, L, S et M comme dans les fringues, mais si vous commutez le texte est illisible, tandis que le précédent soft avait une option "enlever les marges" qui permettait de grossir discrètement le PDF...), ou la gestion de la bibliothèque embarquée...

Parce que voilà la discussion qu’on avait : comment Sony peut-il proposer un appareil aussi performant, qui s’intègre aussi vite dans les usages personnels, et se préoccuper si peu du soft embarqué ? Ils n’en fournissent même pas de version Mac, sur la boîte c’est bien marqué Windows only. Peu importe, on a l’excellent logiciel Calibre qui fait le travail.

Mais prenez la page d’accueil : la fonction Catalogue, impossible sous Calibre. La ligne Derniers bookmarks, relativement inutile. Alors pourquoi ne pas installer, dans le menu d’accueil, une ligne Textes personnels ? Fondamental : nous chargeons sur la Sony des dizaines de textes qui nous sont utiles. Textes en cours, notes pour les conférences, ou, dans l’édition, manuscrit ou épreuves à relire. Mais il nous faut les mêler à la bibliothèque, le bureau et les rayons de livres se mélangent.

Et d’urgence, une ligne Articles & flux : vous branchez la Sony sur votre ordi, un clic sur Calibre ou Feedbooks, et la sélection de vos flux rss préférés, ou thématiques, génère en quelques dizaines de secondes un fichier epub (pour cela, l’epub est parfait), et dans le train, sur votre canapé ou n’importe où (qu’on cesse de nous dire que l’eBook c’est « pour lire à la plage »), vous lisez votre veille Internet hors ligne, avec le confort de la lecture dense.

C’est là où je voulais en venir. Discussion avec les responsables Sony France : ce qui les a fait retarder la mise en place du PRS-505, c’est le peu de disponibilité de livres numériques, il leur fallait attendre les 1000 titres en ligne que propose depuis hier matin la FNAC.

Rimbaud numérique sur publie.net : pas le droit d’être moins bon que le livre

Non ! Allez sur le site Fnac, c’est l’éternelle serinade : nos meilleures ventes, nos coups de coeur ou le slogan vous allez dévorer nos livres. Non : on ne dévore pas. On a besoin d’un appareil qui soit, slogan FNAC, agitateur de curiosité. Les trucs dont on a besoin dans son cartable, ou en intervention. Ce n’est pas mon Dylan, qu’ils auraient dû numériser, mais mon livre sur les ateliers d’écriture Tous les mots sont adultes, plein d’outils à copier/coller.

Moi, j’aurais proposé, tenez : la traduction neuve de Saint-Augustin, Les Aveux par Frédéric Boyer, il y a 1 an, chez POL. Le livre coûte 22,80 euros sur le site Fnac, on pourrait proposer dans le dossier numérique les anciennes traductions historiques (et libres), mais pourquoi pas le texte latin, pourquoi pas l’iconographie, pourquoi pas d’autres textes associés (extraits de Chateaubriand et tant d’autres). Et les libraires retrouvent ici une belle carte à jouer : si on achète le livre dans leur réseau, le code-barre déclenche automatiquement un code d’accès sur le ticket de caisse, vous rentrez chez vous avec le livre papier, et vous avez accès gratuit au dossier numérique, y compris une version numérique du texte qui vous permettra de poursuivre votre lecture dans le train, ou sur votre iPhone.

Côté publie.net, on travaille à cela avec Verdier : d’ici quelques jours, une version exclusive payante (mais au prix livre de poche, pas au prix « papier moins 20% » que veulent nous imposer les éditeurs, concept proprement délirant, mais tout simplement parce qu’ils gagnent leur vie sur la diffusion, camions et cartons...) Sony de mon livre Mécanique, paru en 2001, mais toute personne qui dispose chez elle du livre papier – donc sans concurrence déloyale à la librairie – n’aura qu’à rentrer un petit mot de passe pour disposer, gratuitement, de la version numérique.

Vous voyez, ça fourmille, c’est très excitant. Mais, le principal de tout ça, c’est le confort de la lecture. Disposer sur le Sony eReader du même niveau de lecture que les livres papier, c’est le premier respect dû au lecteur, et, décidément non, les 18 euros que je viens de payer pour voir ce que la Fnac a fait de mon livre, ce n’est pas du respect. On ne revient pas à une typo non justifiée, 300 ans après Aldo Manuzio, et pas possible de lire comme ça un livre de 380 pages. Et ce n’est pas honorer le numérique que proposer du texte au kilomètre, alors que l’outil permet d’associer des images, du son, des textes complémentaires (ils m’auraient demandé, j’aurais pu fournir des tas d’archives libres de droit, on aurait au moins eu, pour les 18 euros, quelques bonus tracks... Voyez ce que Lou Reed a donné à Fiction & Cie pour la parution papier de sa traduction...). Pour l’édition web, la permission mais l’obligation d’une autre interactivité auteur/lecteur, donc avec l’auteur, et de notre côté on est partant, encore faut-il qu’on nous le demande ! – sinon, c’est mort.

Alors, c’était ça, notre récente discussion avec Sony : – Mais alors, vous avez quoi, dans votre Sony ? Voir ma réponse d’il y a 1 mois. A ce jour, sur la mienne, 180 titres (elle en tiendrait allègrement 6 fois plus). Des eBooks gratuits ? Oui, quelques-uns, de chez FeedBooks, eBooksgratuits (chez les deux, il y en a d’excellents, et quelques pirates), ou venus du Québec, où on trouve d’excellents livres sous droits qu’on n’aurait pas le droit de diffuser en France. Mais les gratuits ont vite leur limite : traductions obsolètes (Don Quichotte par Viardot, on a mieux...), préparation éditoriale à la louche (césures, coquilles).

Effectivement, la non-pertinence de l’offre a déjà créé, pour le Sony, un discret monde d’échanges tournants. J’ai tout Beckett dans ma bibliothèque papier, et une bibliothèque numérique Beckett (ou Claude Simon, ou Saint-John Perse) assez considérable sur mon Reader : j’ai le droit, étant détenteur des livres papiers, de m’en constituer copie privée. Et le droit moral, parce que si on me proposait aujourd’hui un Gracq ou un Michaux numériques payants, je m’y précipiterais – parce que j’en ai besoin.

Mais la justification du Sony, c’est aussi de lire des articles, des flux, des mémoires transmis par des étudiants, des manuscrits qu’on va éditer etc. C’est la pertinence d’une bibliothèque numérique libre de droits qui ouvre un immense plaisir de relire. On n’emporterait pas en vacances tout son Nerval, tout son Montaigne, tout son Maupassant, son Rimbaud, son Baudelaire... Gallica, à la BNF, avait mis en ligne il y a quelques années, en mode texte pour une fois, la totalité de l’ancienne collection Garnier « jaune » : je l’ai entièrement transférée sur Sony.

Gens de la Fnac : La Mer, de Jules Michelet, un des plus beaux livres de langue française, téléchargez-le sur publie.net, vous verrez la différence. Mais, ô gens de la Fnac, puisque je sais que vous passez là, une proposition : avec notre nouvelle interface, en 1 clic vous rajoutez à votre base, à 5,50 euros, 10% du prix HT pour vous (et même, je veux bien négocier), 3 de nos best-sellers : Olivier Rolin, Bernard Noël, Eric Chevillard... Et, pour me faire plaisir et me récompenser de vous en donner l’idée, vous m’ajoutez Michaël Glück ou Michèle Dujardin parce que c’est beau et urgent, et le Dominique Dussidour parce qu’il est accompagné d’un livre papier – vous restez à l’écoute ?

D’accord, la balle est dans le camp d’Adobe Digital Editions – quand l’epub sera mûr, on basculera tous. En attendant, nous on préfère le multi-formats sur mesure. Et, du coup, le boulot de la petite planche à voile publie.net est plus avancé que celui du grand cargo Fnac : proposez mon Bob Dylan en epub si vous voulez, mais ajoutez donc à votre catalogue quelques textes publie.net : on est prêts, éditorialement, juridiquement, techniquement, alors chiche ?

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 octobre 2008
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Messages

  • Et entendu hier sur France Inter (Info ?) lancement du sony à la Fnac.
    Le responsable Fnac qui justifie le peu de livre disponibles (1500 disait-il) par la nécessité pour les éditeurs de _numériser_ les livres !
    C’est une blague ? Ils faut qu’ils passent à la reconnaissance de caractères les livres papiers ? Vraiment nous faire croire que les éditeurs n’ont pas déjà une grande majorité — soyons gentils — de leur catalogue en format numérique ? Alors lire que dans cette « numérisation » ils n’ont pas été foutu de nous faire de la justification…

    Voir en ligne : _

  • tu as raison, Olivier, de souligner l’embrouille - l’an passé, une trentaine d’éditeurs ont bénéficié de fonds public, dans le cadre d’Europeana, pour "numériser leur fonds", et l’argent public a servi à numériser le plus rentable, et non pas ce qui aurait eu d’abord vocation culturelle ou patrimoniale

    où la question est plus complexe : un PDF d’édition papier n’est pas immédiatement transférable en concept d’édition numérique - personne ne sait convertir directement un PDF en ePub (même si, personnellement, en rognant les marges via fonction "recadrer" d’Acrobat Pro je lis très bien mes épreuves Seuil ou Albin sur la Sony)

    il semble aussi qu’une partie des "grands" éditeurs, je ne cite personne, ces dernières années, aient - rentabilité toujours - confié à des free-lance une large part de leur PAO, et donc, s’ils disposent bien du PDF terminal, ont tout à recommencer, et c’est très cher, pour la reprise en amont de la version numérique

    j’espère que tu ne m’en veux pas de t’avoir cité : c’est effectivement quand j’ai parlé de ton bidouillage sur la pendule que FP a eu ce flash qu’on pouvait se servir de la même bidouille pour indexer des fichiers audio au texte cursif, et que l’aventure Tokyo a été lancée – merci les Kiné mobiles !

  • Là tu achèves de me convaincre. Parce que depuis le début quand tu dis que sur publie.net on fait aussi bien que les éditeurs, ça grince un peu pour moi parce que en dépit du sérieux que l’on y met tous, en termes de qualité professionnelle, on reste en deça du niveau des éditions graphiques (couvertures comprises), et peut-être que cela ne saute pas aux yeux, mais j’ai dans l’idée que cette différence minime coûte en fait beaucoup d’efforts aux éditeurs, comme le dernier kilomètre au coureur de marathon. Mais j’avoue, maintenant, au vu de cette démonstration, que s’"ils" vendent des fichiers au rabais en terme de qualité par rapport au livre papier, "ils" se tirent une balle dans le pied, un peu, comme, toutes proportions mal gardées, Mc Cain qui fait campagne en expliquant qu’il a davantage d’expérience qu’Obama qui est trop vert (pour ne pas dire autre chose) et dans le même souffle prend cette truffe de Sarah Palin pour colistière.

    En revanche sur la question de la numérisation du fond et les aides qu’ils devaient recevoir pour cela, j’avais déjà tiqué, et je ne suis pas surpris finalement d’entendre que cet argent public, déboursé à des fins culturelles, a finalement servi des fins d’enrichissement privé, là c’est d’époque.

  • J’ai fait un petit billet sur http://www.papierelectronique.com. Je veux le PDF à trésors pour mes prochaines rencontres du 14 novembre ! Haruko Tsujita sera à même de le présenter...
    Je trouve ton implémentation d’appel aux enrichissements très intéressante, mais je doute que la plate-forme actuelle de Sony suffise. A suivre donc...

  • on sera côte à côte au Salon de Montreal, Bruno, pour faire nos démos !

    je redonne lien vers ton billet (faut se servir de la petite case marquée spip en haut de la lucarne à message...)

    j’en profite pour rappeler discussions en cours sur teXtes ou un peu plus tôt dans La Feuille (il nous délaisse un peu, Hubert, ces temps-ci)

  • il ne se souvient même plus de ses URL, l’ami Bruno Rives, avec ses 3 blogs – voici son billet et le programme des prochaines rencontres Tebaldo (et moi qui serai à Kiel, ce jour-là...)

  • Pas de problèmes, François. Content que mon côté « geek » serves. Et suis naturellement friand de tous test et autres…
    Bruno, qu’entend-tu par plateforme ? Dans l’état actuel le firmware sony ne sait pas faire ce que proposent François et François. Mais lire et écouter de la musique, le processeur de l’appareil tient la charge sans problème. De même j’ai testé il y a quelque temps un dictionnaire, sur carte SD, à utiliser dans le prs 505 ; la saisie de texte était très laborieuse, mais le résultat affiché sans ralentissement.
    Donc la plateforme peut le faire, il faut écrire le firmware qui va avec, et tant mieux si les ingénieurs sony sont ouverts aux idées.
    J’ai peur que — comme d’habitude — ce soit les nouveaux appareils qui bénéficient des avancées et que de nouveaux firmware pour les « vieilles » machines ne sortent pas.
    Et oui, la prs 505 est déjà vieille à peine sortie.

    Voir en ligne :

  • Il est vrai que toute la chaîne éditoriale actuelle recourt à des techniques numériques. Tout livre imprimé de nos jours l’est à partir de fichiers pdf ou postscript engendrés par des logiciels de mise en page (XPress, InDesign, FrameMaker principalement, un peu de LaTeX côté STM).

    Malheureusement, comme le note Philippe De Jonckheere, le “dernier kilomètre” de finition, celui qui fait souvent la différence en lisibilité et qualité professionnelle, rend les fichiers numériques destinés à la forme imprimée difficilement exploitables par les logiciels de lecture sur écran, avec leurs fonctions de navigation interactive et de recomposition fluide.

    Repartir de ces fichiers — quand ils sont véritablement accessibles — pour les adapter aux contraintes des médias numériques se révèle régulièrement plus coûteux que de scanner les ouvrages imprimés et d’appliquer un OCR non corrigé pour obtenir une recherche d’occurrences sur une image du texte ; c’est l’expérience de Libreka en Allemagne, le constat effectué lors d’une étude menée l’an dernier en France, et le principe appliqué par Google pour son Book Search.

    Sur le point de la justification, le reproche ne concerne pas les éditeurs, à qui on a demandé du texte "au kilomètre" avec un minimum de structure, ni le standard .epub qui permet d’indiquer que l’on souhaite un texte justifié (fonction .css) mais aux développeurs des logiciels et matériels. Ceux-ci pour de bonnes ou de mauvaises raisons n’offrent pas toujours la possibilité d’afficher du texte justifié :

    Embarquer un logiciel de composition qui permette une recomposition fluide du texte au gré de l’usager (redimensionnement, changement de corps, de police, ...) implique de la mémoire vive, du travail du processeur, consommateurs de courant sur des machines qui privilégient la durée des batteries (voir les critiques portées contre la lecture sur les écrans rétro-éclairés des iPod/iPhone).

    Ce qui est peu justifiable est le choix par Adobe de ne pas implémenter la justification dans son logiciel Digital Editions, dont la plate-forme prédominante sinon exclusive est l’ordinateur portable, pour lequel les contraintes de mémoire, batterie et affichage ne sont pas pertinentes ; et cela alors que le moteur de composition d’Adobe InDesign est tout à fait remarquable de l’avis général des graphistes et typographes.

    Pour ce qui est de l’aide du CNL à la numérisation, il faut rappeler qu’elle est destinée à alimenter Gallica 2, avec une concertation pour que les titres intéressent le fonds Europeana, à terme. Et surtout, ne pas oublier que la première vague de numérisation se fait sans participation du groupe Hachette : il n’y a donc pas d’ouvrages provenant de cette aide sur la liseuse Sony pour l’instant, étant donné l’exclusivité initiale FNAC/Sony/Hachette et apparentés...

  • merci, Alain – ces précisions sont extrêmement importantes

  • C’est moche de dénigrer ainsi le travail de votre éditeur (c’est lui qui a fabriqué votre Dylan en epub, pas la fnac, qui ne fait que le vendre !) pour valoriser votre propre boutique. On aimerait en savoir plus sur votre réaction avec albin : pourquoi n’avez vous pas bossé ensemble sur ce fichier ?

  • merci de votre gentil message, mais en l’occurrence le prestataire c’est Hachette - et je peux vous assurer qu’on ne m’a rien demandé, à aucune étape - et que sinon j’aurais certainement eu quelques idées à proposer et discuter, ne serait-ce que quelques enrichissements

    ma "boutique" vous salue bien, mais je ne vois pas au nom de quoi, alors que tout va si vite dans les déplacements et les pratiques, nous n’aurions pas à réfléchir, ne serait-ce que pour garder les bonnes boussoles - et aussi expérimenter, tous azimuts

    et je ne me serais certainement pas lancé dans l’aventure solo si, depuis 3 ans au moins, les discussions avec mes éditeurs habituels avaient débouché sur des collaborations ou expérimentations

    quant au résultat, j’ai le droit de le considérer comme décevant, et l’exprimer sur mon site perso vous ne m’en dissuaderez pas

  • vous avez le droit de trouver ça moche, vous avez le droit de vanter vos mérites sur votre blog, ce qui est gênant c’est que vous accusez d’autres (qui ? chez albin michel ou hachette ?) d’avoir fait un travail de sagouin, et cela sur le mode "moi tout seul je fais mieux qu’eux, achetez mes produits".

  • merci de votre sollicitude, mais peut-être vous pourriez relire ce billet ? il y est question de savoir :
    - si le choix de l’epub est actuellement pertinent compte tenu des limites d’Adobe Digital Editions,
    - du choix de diffuser ou pas en multi-formats,
    - accessoirement de l’utilisation des drm,
    - de savoir si la diffusion numérique doit induire ou pas une redistribution différente des pourcentages entre auteur, éditeur et diffuseur (ici la FNAC/Hachette)
    - enfin du prix brut proposé, claqué sur l’univers papier en termes d’alternative et non de complémentarité

    les problèmes et les choix sont évidemment aussi aigus et à tâtons du côté de publie.net, que nous concevons précisément comme une plate-forme d’expérimentation, voire d’apprentissage, et précisément ouverte à toute collaboration entre édition traditionnelle et même plate-formes grand public

  • C’est époustouflant comme ils (la Fnac là mais pas eux seuls, on s’en rend compte en discutant ici ou là) n’ont rien compris.
    Et puis par ailleurs les gens qui s’autopersuadent qu’ils ne et donc qu’on ne peut pas lire à l’écran.

    Payer pour accéder à son propre travail me rappelle une constatation récente faite sur le lieu du mien : de plus en plus de salariés apportent leurs propres périphériques ou compléments (barrettes de mémoires par exemple) parce que le matériel fourni par l’entreprise n’est pas assez performant.
    Assez vite qui n’entrera pas dans cette spirale sera jugé plus lent et donc disqualifié. Il s’agit des outils de travail et non du produit du travail lui-même, n’empêche, quelles absurdités. Toi au moins, c’était pour tester.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • Merci de ces précisions, une fois de plus ça montre l’importance de maitriser la fameuse chaine et d’utiliser pour cela des formats adéquates.

    Pour ajouter par rapport au prix...
    N’oublions pas qu’on va nous refaire le coup du « les vilains site de piratages se font de l’argent sur votre dos grâce à la publicité qui est sur leur site. » que Denis O. clamait il y a peu à propos de la musique et de la vidéo.
    Alors questions à messieurs les marchands de produits en ligne : combien la publicité dont vos sites sont gavés vous rapporte-t-elle ? Entre l’économie de support (cd, papier, etc.), de distribution et l’apport de la pub, une fois les coups d’entretien du site déduits, finalement, combien gagnez vous en plus ?

    Encore une fois je ne suis pas un anti-protection des auteurs, mais j’ai bien l’impression que chez eux le raisonnement ne remonte pas assez haut pour penser l’évolution de l’art dans le cadre des nouvelles technologies.
    (ou que c’est très bien pensé et que nous allons payer).

    Enfin bon, l’Europe vient de rejeter la riposte graduée, peut-être cela va-t-il nous contraindre à réfléchir plus avant.

  • Les systèmes à base d’e-paper sont à l’édition ce que les lecteurs mp3 ont été aux maisons de disques : le début de la fin d’un modèle économique basé sur un monopole de la fabrication et de distribution des œuvres.

    Les Majors ont été incapable de s’adapter à l’environnement numérique : drm entraînant la non-interopérabilité, formats de fichiers exotiques liés à des lecteurs propriétaires, criminalisation et mépris du con-sommateur, offres payantes aussi coûteuse que l’achat de CD classiques (alors que les coût de fabrication et de distribution devenaient quasi nul), etc.

    Résultat, ont émergé sur internet des "offres", certes pas forcément légales) répondant aux demandes des utilisateurs et en dehors du contrôle des Majors :
    - des types de fichiers "universels" : mp3, flac
    - des logiciels de lecture universels : VLC, Media Player Classic, etc.
    - absence de drm et autres verrous numériques : interopérabilité
    - développement des réseaux P2P et offre importante (même si illégale).

    La réaction des Majors a été de considérer le consommateur légal comme un criminel en puissance, de faire pression sur les politiques pour faire voter des lois liberticides (atteinte à la vie privée, écoute et filtrage des communications, etc.).

    Aujourd’hui, j’ai l’impression que les éditeurs n’ont rien appris et s’apprêtent à commettre les mêmes erreurs.

    Ce n’est pas à l’environnement de s’adapter aux espèces, mais aux espèces de s’adapter à l’environnement.
    Ça s’appelle la sélection naturelle.

  • je crois qu’il y a une différence entre l’onde de choc rejoignant désormais le livre et celle qui a bouleversé complètement la musique, peut-être dans le lien lecteur/oeuvre : la profusion de textes est telle que ce que nous définissons comme oeuvre numérique, s’agissant de littérature, est un ensemble, qui tient du mot "service", du mot "licence", et qui suppose d’autres relations possibles, accès à documents non inclus dans l’objet de 1ère lecture, la lecture dense, possibilité d’oeuvre "ouverte", réactualisée ou augmentée à intervalles réguliers, relation avec l’auteur incluant lectures audio, et en synergie avec stages ou rencontres

    la musique réinvente aujourd’hui ce même genre de chemins, liaison très étroite de la scène et de ce qu’on nomme encore "disque" (état stable d’un enregistrement ?), coopératives de téléchargement notamment

    pour la littérature, peut-être l’amorce d’un changement de "pacte" ? - comme pour la musique, ce qui fait ce que nous nommions "livre" c’est la complexité qualitative et quantitative de l’acte éditorial qui s’attache au parcours d’un manuscrit – le Net permet d’annihiler ou presque la notion de "publication", mais c’est comme les YouTube home music et ce qu’on fait en studio : installer via le Net les mêmes processus complexes qu’on a dans la chaîne traditionnelle, même si les "curseurs" sont différents (la base catalogue peut être bien plus large, les temps bien plus réactifs)

    il y a dans l’édition des tas de phénomènes complexes : la part la plus créative s’est réfugiée dans la "petite" édition, et ceux-là ont bien compris, plus vite que les structures industrielles, la nécessité d’une liaison forte et vivante avec le Net

    je ne voudrais pas qu’on se méprenne sur mon billet concernant l’offre Fnac/Hachette : pourquoi, s’agissant d’une offre réservée Sony Reader, ne proposent-ils pas une option de choix de formats incluant le format propriétaire Sony (lrf) qui, au moins, permet la justif et un rendu typo inaccessible pour l’instant à Digital Editions ?

    et, surtout, comment penser qu’on diffuse un objet numérique comme s’il s’agissait d’un livre papier vendu sur la base en ligne ? en se numérisant, le livre change de nature : il autorise et contraint à un autre "écosystème", pour cela que je parlais des possibles enrichissements, images, dialogue avec l’auteur, documents complémentaires

    ce n’est qu’une hypothèse, mais c’est nécessaire de peser aujourd’hui sur l’idée : les modèles issus de simple transposition condamnent à court terme le rôle des libraires, et probablement la taille des structures industrielles - des modèles travaillant à une autre définition du "livre", notamment dans son rapport à la lecture public (bibliothèques, accès licences, diffusion en pré publication) et dans une nouvelle économie de l’objet lui-même (le papier comme un des éléments parmi la totalité du dossier numérique) et chacun peut envisager son rôle

    on entre de toute façon dans une période de mutations qui va secouer - à savoir si la "profession" est capable de remettre en cause un minimum ses basiques, le système des offices, les redistributions internes à la diffusion, la propension éditoriale à matraquer de plus en plus du consensuel interchangeable, leurs modèles internes services de presse et com’ sans aucune implication web 2 etc

    notre "boutique", comme le disait aimablement le trolleur d’hier soir, ne prétend pas donner des leçons : simplement, côté auteurs, on s’organise, et il n’a jamais été possible d’apprendre sans expérimenter - jamais constaté pour l’instant, même dans les meilleures maisons, qu’une réévalutation des rôles dans le travailler ensemble était à l’ordre du jour...

  • Trouvé via ActuaLitté lien vers cet itw d’Arnaud Nourry, PDG Hachette. C’est dans le Point, et tout ce qu’ils ont trouvé comme photo d’illustration c’est un CyBook (pour ça d’ailleurs que le texte est justifié !).

    Notons qu’Arnaud Nourry, qui dit que les livres existent depuis "des siècles", a pas l’air bien emballé par son truc. Il voit que c’est pour clientèle aisée de cadres commerciaux qui emmènent avec eux 5 livres dans leur valise, c’est vrai que dans ce cas ça ne fait pas foule.

    Pour la question du prix, l’argument TVA est un peu court. Quand on voit le moyen de pression que représente les restaurants et cuisiniers, et qu’ils n’ont jamais obtenu de réduction de TVA, on peut douter que le livre numérique soit aligné un jour sur le taux à 5,5%.

    Enfin bon... Ce que j’en dis. Je retourne lire mon Marcel Proust (merci publie.ne, pour le gratuit).

    Voir en ligne : CH315

  • Les PUF passent mon livre pour leur collection "premier cycle" sous numilog/galica 2, je suis prévenue et signe un avenant au contrat avant, mais ne suis pas avisée quand effectivement disponible et ne reçois pas de copie.

    Google books se sert sans prévenir : je découvre par hasard que la version américaine de mon texte pour l’Histoire des femmes dirigée par G. Duby et M. Perrot est en ligne. Prévenue par personne, rien signé.

    Voir en ligne : ms

  • de retour allemagne avec wifi embarquée dans le train... pas encore tout à fait rentré... mais je suis de très près ces développements de l’invention du livre-écran...

    Voir en ligne : fred griot | parl

  • @CH315
    L’illustration du Point n’est pas un Cybook mais un GeR2 de Ganaxa, modèle communicant avec une plate-forme dédiée aux expérimentations de SFR. Justement...

    @NémOlivier
    Je ne crois pas à terme aux readers génériques e-ink pour des livres moins bien composés que sur papier et moins riches que sur ultramobile ou iPhone. Je constate aussi par nos expérimentations une forte demande de personnalisation de la part des auteurs et des éditeurs. Les ressources nécessaires pour tout adresser et respecter la convivialité indispensable sont énormes. La seule gestion de la composition à la volée avec anti-aliasing d’Apple repose sur des bases qui ont demandé des centaines d’années/homme de développement.

    @tous
    Je crois que le livre n’est pas la musique, et tenter de faire entrer dans un seul dispositif générique e-paper toute la diversité et la complexité de l’édition me semble voué à l’échec. Dans une tablette ultra mobile ou un iPhone like, plus certainement. L’e-paper a d’autres marchés, à condition de créer des plates-formes qui ne prétendent pas tout faire, et surtout qui ne sont pas spécifiées par les seuls éditeurs ou spécialistes de l’électronique, je rejoins François. Les grandes ruptures dans l’histoire des médias ont été provoquées par les créateurs, faisant avancer de concert techniques et créations.

  • message "Ger 2" non signé, mais je reconnais la voix de Bruno, je me trompe ?

    en tout cas, plein accord, et ça me semble même définir l’ébauche d’une charte de travail - et principalement sur cette articulation neuve auteur/éditeur/lecteur que le mot "personnalisation" ne rend peut-être pas complètement

    m’a énervé, à la lecture de l’entretien d’Arnaud Nourry (mais ce n’est pas lui forcément, la tendance des journaleux à simplifier est considérable), la phrase "le livre existe depuis des siècles" comme si c’était une histoire uniforme, sans naissance ni rupture (Manuzio, le feuilleton et la presse au 19ème, le livre de poche en 64 etc) alors que, dans les blogs des pionniers numériques, cette permanente réflexion sur ces ruptures et comment c’est elle qui nous permet de tenir à peu près le cap dans l’onde de choc actuelle

    et merci de ce rappel sur cette contrainte du "temps développement" associé à la "convivialité" résultante - on commence à s’en apercevoir dans notre modeste publie.net, même lorsqu’il s’agit de mettre en page puis en ligne un texte de 30 pages, la pleine conscience que les centaines d’heures accumulées depuis 1 an par l’équipe sont mobilisées à chaque clic

  • Précision que ma comparaison musique / livre ne concernait que la place que la publicité prend sur les plateformes de vente en ligne et qui devrait être un argument de plus pour une différence plus grande que les 20% actuels.

  • Pour répondre à question précise qui m’a été posée : le fichier epub que j’ai téléchargé via la Fnac ne peut pas être géré par Calibre sur le Sony Reader (apparition d’un message d’interdiction "NewMagickWand" vive l’orthographe).

    Où j’en suis : je l’ai déposé manuellement dans le dossier Digital Editions de la Sony, j’y ai accès non pas à l’auteur "Bon François" mais dans les F à "François Bon", genre de petit détail qui fait plaisir, et là j’ai obtenu un panneau de sens interdit "Protected Page" en bon français (ou français bon). A l’heure actuelle, sur mon interface Digital Editions côté ordi, je suis incapable de trouver la fonction "send to device" qui m’enverrait le texte de l’ordi vers la Sony. Ça tombe bien, j’en ai d’autres en réserve : mais y vraiment une prune dans le bifteck. Mention en options sur Digital Editions : a"uaotirsation de l’affichage : pour tout périphérique. Autorisation de la copie : non autorisée. Autorisation de l’impression : non autorisée." Je suis donc dans l’impossibilité de transférer sur ma propre Sony le fichier téléchargé depuis la Fnac sur mon ordinateur.

    C’est le progrès, y a pas. Et je crois pas être un débutant dans ce genre de manip.

  • En gros ils veulent que le consommateur (c’est pas un lecteur pour ces entreprises-là) paient cher un produit (c’est même plus considéré comme un texte, même en français bon) qu’ils ne pourront même pas utiliser ?
    Serait-ce juste histoire que ça ne marche pas et pour pouvoir mieux dire "les gens n’en veulent pas, continuons comme avant" ?

    Voir en ligne : traces et trajets

  • J’avais oublié de signer...
    Délicate question que ces DRMs. Apple, Amazon et SFR ont des protections transparentes et pourtant renforcées, car la plate-forme est cohérente. Un seul intervenant du cryptage au décryptage. Sony et Adobe, non, ils ne sont qu’un des maillons de la chaîne.
    Sony a ainsi le poids de Sony Connect sur Windows ajouté à celui d’Adobe et d’un reader léger qui oblige les logiciels sur PC à gérer les protections, c’est ingérable et provoque un cumul des problèmes techniques et des coûts de toute nature.
    Sans même aller jusqu’au reader, j’ai eu une sérieuse expérience suite à l’achat d’un fichier ePub protégé pour PC. Une bonne heure de mise à jour de différents logiciels intermédiaires. Je n’ai même pas compris les options qu’on me demandait de valider...

  • téléchargé ce matin les Crimes de l’Amour de Sade, au milieu de 59 titres de la collection "Livre de Poche", reste dans la fourchette de ce que je suis prêt à payer, à savoir :
    10 euros pour une nouveauté
    5 euros pour un titre ancien
    3 euros pour un classique
    et vous ?
    bon c’est pas justifié, j’espère que ça viendra vite !

  • @Gilda
    consommateur/produit me semblent quand même préférables à l’ambigu "contenu" et ont le mérite de rappeler l’aspect économique de l’édition.

    Les discours sur la vocation (exception ?) culturelle de la lecture, la diffusion du savoir, la défense des talents sans ces considérations sont pour moi aussi gênants.

    Je ressens à chaque fois la même impression de mélange huile/eau, entre culture et raison économique, à la relecture de la Lettre sur le commerce de la librairie de Diderot — un texte qui mériterait bien d’être proposé sur publie.net ?

  • bonjour,
    Si vous n’avez pas réussi à transférer le fichier sur votre sony, c’est très probablement parce que vos logiciels ne sont pas à jour, sur l’ordi ou sur la sony, écrivez moi donc, qu’on règle ça au plus vite.
    pour la copie des fichiers avec DRM, vous dites faux, j’explique : on peut activer jusqu’à six ordinateurs et terminaux (dont le PRS-505) avec son adobe ID. On peut par exemple transférer le fichier sur 5 postes + le sony.

  • Merci beaucoup François pour cette réaction "à chaud" et tous les commentaires qu’elle engendre...!

    Petite précision pour votre problème de transfert : êtes-vous sur Mac ?

    Extrait de la FAQ Fnac : "Par contre le transfert des livres numériques au format EPUB sur le Sony PRS-505 n’est pour le moment possible que sous Windows. "
    Le logiciel eBook Library de Sony, qui permet de faire le transfert entre Digital Editions et le Sony n’est en effet disponible que sous Windows.

  • effectivement je suis sur Mac, mais mes logiciels sont à jour aussi bien côté Digital Editions que sur la Sony - quant aux mentions "aucune copie autorisée" elles s’affichent bien clairement sur mon interface Digital Editions, aussi clairement que le message "porotected page" quand j’essaye d’ouvrir le fichier sur la Sony

    j’ai donc bien l’intention de ne jamais revenir sur le site Fnac - maintenant me gêne seulement le fait qu’ils utilisent mon livre dans ce que je considère comme une publicité mensongère, et une transaction abusive compte tenu de leur incapacité à en maîtriser les critères techniques

    m’en fiche complètement, après tout, il y a vraiment de quoi trouver ailleurs sur l’excellent appareil qu’est le Sony, la totalité des applications qu’on lui trouve pour ses textes perso, et comme de toute façon tous les utilisateurs le commandent à Londres où il est nettement moins cher, m’intéresse pas de discuter avec les préhistoriques

  • Pour faire suite à ce test de téléchargement, j’ai voulu le faire moi aussi.
    Je tenais donc à modèrer un peu cette expérience qui n’est, suite à mes tests, pas si négative.

    1) Achat d’un PRS-505 à la fnac.
    il fallut rechercher un peu la PLV ou ce reader était présenté. J’ai commencé par les rayons livres...sans succès, je me suis dirigé vers l’espace baladeur...toujours rien, idem pour les ordinateurs portables, pas plus de succès...après un bon 1/4 d’heure de recherche, je préfère demander à un vendeur Fnac...qui m’indique le rayon sans trop savoir l’utilité d’un tel appareil.

    2) branchement
    De retour chez moi, j’installe Sony library, ADE que je démarre, je branche le PRS qui apparaît dans Adobe Digital Edition... ça commence plutot bien.
    j’en profite pour y télécharger quelques epubs perso, un epub epagine..tout cela se passe merveilleusement bien. ça fonctionne même si ce n’est en rien révolutionnaire (la gestion des pdf et changement taille de caractère est très moyenne par contre avec une "remise en page" très surprenante...)

    3) achat sur fnac, nickel. catalogue, fiche produit (très très prauvre), panier etc ..sans probleme.
    François, je me suis permis de vérifier que l’achat fonctionnait aussi avec des titres écris par d’autre auteur que vous même ;-) !!
    Je reçois email de confirmation (par très pratique et le téléchargement implique de nombreux clics de souris mais bon...). Téléchargement et transfert sur mon PRS sans aucun probleme (ce qui n’aurait pas été le cas sur mon mac puisque cela ne fonctionne pas avec un Mac OS...).
    Je regrette que la justification ne soit pas gérée (mais ce n’est pas mieux que sur ADE, contrairement au lecteur stanza sur iphone...). il faut vraiment d’adobe améliore cela rapidement !!

    Tout cela pour dire qu’à titre personnel je n’ai eu absolument aucun problème dans le téléchargement d’un ebook alors que j’étais tout au si sceptique que vous. Je pense que ce marché pour s’imposer si ou les acteurs respectent bien leurs différents roles : l’éditeur réalise des produits de bonne qualité (couverture, table des matière, cahier photo, hors texte, appel de bas de page...) dans le respect des process de validation papier,
    les fabricants logiciels offrent des fonctionnalités avancées (paramètrage des mises en page, recherche plein texte, gestion bibliothèque, fonctionnalité dictionnaire...) et les sites marchands développent des sites ergonomiques et fiche produit documenté (résumé, description, commentaires) etc etc...

  • donc tant mieux que ça fonctionne, tant mieux que vous ayez un Windows (je n’avais pas vu cet avertissement ne supposant même pas qu’à proposer un tel produit et à ce prix on se contraigne à une catégorie de machine) et tant mieux que vous acceptiez de lire 380 pages sans justification – moi, ce que j’en dis...

  • pour compléter échange sur Windows/Mac, je me permets de signaler qu’après 3 niveaux de clics vers un livre sélectionné, donc à dernière étape avant la commande, n’apparaît nullement sur le site FNAC la mention "windows only" – on n’a recours aux "FAQ" qu’une fois placé en situation d’échec...

  • Le message "windows only" est mentionné sur la boîte de l’appareil, on suppose donc sur le site de la fnac que le type qui a acheté un PRS-505 a lu ce qui était marqué sur sa boîte.
    Pour être plus précis le logiciel ebook library qui contient les drivers du sony reader n’existe que pour windows. Donc si vous voulez qu’adobe digital editions reconnaisse le sony il faut aussi télécharger eBook library.
    Mais tout est marqué sur le site de la fnac "comment transférer un livre sur le sony reader".

    Voir en ligne : guillaume

  • merci, Guillaume, d’avoir répondu

    la balle est donc dans le camp Sony/Adobe - c’est totalement con de la part de Sony d’indiquer "windows only" sur leur emballage, puisque ça concerne leur gestion de bibliothèque, et non pas l’appareil lui-même

    la Fnac se prive volontairement d’une large part de clientèle (nos Mac c’est quand même chez vous qu’on les achète !), et c’est avec Calibre qu’on gère notre Sony

    je vous rappelle aussi que vous seriez parfaitement en droit d’exiger d’Hachette qu’ils vous fournissent, c’est rien du tout à faire depuis le xml, une conversion dans le format "natif" Sony/LRF qui, lui, propose une justif et un affichage bien moins se fiche de la gueule du client qu’Adobe Digital Editions, au prix proposé pour le fichier on aurait au moins le droit de choisir

    et bonne route à votre aventure - je n’ai aucune raison de m’en mêler plus, et je ne crois pas que j’y revienne dans l’immédiat

    quant au vocabulaire "transaction abusive", votre réponse "vous n’aviez qu’à voir l’emballage de l’appareil", c’est vraiment de la com’ Fnac, ça ?

  • François je suis Guillaume de Numilog, je ne travaille pas à la fnac.
    Pour l’instant seuls des fichiers .epub sont proposés sur l’"ebook store" de la fnac, ça évoluera sûrement.
    On peut transférer des livres protégés sur un Mac, mais c’est un peu fastidieux, je vous expliquerai la manip’ si vous m’écrivez au SAV. En attendant de faire une version d’eBook Library compatible Mac, Sony préfère annoncer que le PRS-505 est "Windows only", je ne trouve pas ça idiot. Doit on en plus rajouter cette info sur les fiche-livres ? Nous avons choisi de ne pas le faire, mais si d’autres Mac users s’en plaignent nous corrigerons cela.

  • Pardon j’ai tapé trop vite. je voulais dire "On peut transférer des livres protégés sur le Sony à partir d’un Mac, mais c’est fastidieux".
    Transférer un livre sur un Mac, c’est facile, la version Mac d’Adobe Digital Editions existe depuis longtemps.

  • désolé, Guillaume, comme vous indiquiez URL "livreelectronique.fnac" je croyais que vous répondiez pour eux -

    pas du tout l’intention de m’adresser à quelque SAV que ce soit, il ne s’agit pas d’un frigo en panne, mon Mac marche très bien, ma Sony aussi

    ce billet n’était pas une réclamation personnelle, mais une tentative de mise à plat de quelques paramètres et problématiques

    pour notre part, nous restons résolument non-drm et donc à l’écart de toute cette quincaillerie commerciale mal fichue, qu’on respecterait si l’objet de la transaction était au moins digne de ce nom : ce qui n’est pas le cas, ni en résultats d’affichage, ni en gestion du matériel, ni en qualité d’information du client

    les clients Fnac jugeront

  • Discussion reprise ou citée dans teXtes, La Feuille, ActuaLitté, Le Nouvel Obs, papier électronique – merci à eux tous –, semble donc que je ne suis pas le seul concerné par ces questions d’ergonomie et d’utilisation de nos petites tablettes à lire et la façon dont on s’habitue si bien à leurs services...

  • juste un petit complément,
    lu hier les Crimes de l’Amour de Sade, téléchargé la veille sur la Fnac,
    beaucoup de plaisir à la lecture...
    mais le texte n’est pas parfait, je ne reviendrais pas sur l’absence de justification (cela a déjà été pointé) mais le texte a été numérisé et il reste pas mal de coquilles, manque apostrophes, des f pour des l, etc. typiquement des erreurs de numérisation, c’est quand même dommage que les textes ne fassent pas l’objet d’une relecture comme dans une édition-papier, surtout à ce prix-là !!
    est-que Penguin est meilleur que le Livre de Poche ??

  • Salut, j’ai fait à peu près la même betise cette nuit.
    J’ai acheté Dantec à un prix outrageusement cher :19 euros.
    et j’ai le droit à un petit sens interdit sur mon sony reader.
    Je passe par un mac aussi.
    J’ai acheté 3 livres sur publie.net et n’ai eu aucun problème .
    3 heures de recherches sur google me donnent :il faut enregistrer le reader sur un pc via adobe edition et après ça marche depuis le mac .
    Si vous avez mieux je prends parce que dans mon entourage il y a très peu de pc.
    @+
    bettina

    Voir en ligne : forum adobe