"nous apprendrons de nos lecteurs"

rendez-vous Angers BU ce jour, on cause, on scrute, on rêve


« Nous apprendrons de nos lecteurs » : voir ce diaporama sur le thème prêter des eReaders en bibliothèque : à Angers une douzaine de CyBook en prêt permanent, à la Roche/Yon (et l’IUT où officie affordance), lancement avec une quinzaine de Sony et de CyBook. Mais quoi mettre dedans ? Podcasts des cours, sélection du mois avec 1 BD, 1 livre sciences-humaines, 1 texte contemporain de publie.net ? Et comment actualiser les machines : l’emprunteur se connecte à un poste avec prise USB et choisit, ou bien on détourne un juke-box mp3 qui met à jour les Readers chaque fois qu’ils reviennent ? Et si on prête les eReaders carte mémoire remplie à ras-bord, comment aide-ton l’emprunteur à s’y repérer ?

Maintenant, côté producteur de contenus, qu’est-ce que ça suppose pour un projet comme publie.net : intégration de DOI et ISBN, balisage des notices éditoriales et métadonnées (déjà fait), détournement des fichiers distrib de spip implémentables pour signaler les dernières nouveautés... Bon, ça c’est le hors d’oeuvre.

Il y a une question bien plus dérangeante : une BU comme celle d’Angers innove tous azimuts, salle avec bruit autorisé, salle manga, blog associé, expos d’art contemporain. La BU propose (et paye très cher, le nombre de fournisseurs étant restreint – dans le paradoxe que les éditeurs livre n’ont jamais pris au sérieux ce volet-là de la diffusion, qui n’est pas une micro-économie, et où l’intervention des libraires partenaires locaux des bibs aurait pu peser sur les fournisseurs de bases de données) une large quantité de ressources spécialisées, 18 000 je crois : mais comment relier le contenu au sens, à notre vie citoyenne, à la culture conçue comme intention ? Il ne suffit pas d’inclure un catalogue comme celui de publie.net parmi les ressources proposées : à nous de travailler ensemble pour être éveilleur (e-veilleur ?) de curiosité, et la typologie est la même qu’on soit à La Roche-sur-Yon ou à la BPI.

Et les questions, à cet endroit-là, débordent encore : un étudiant qui se connecte avec son log-in de la fac depuis le Mac’Do du centre-ville (la BU d’Angers prête aussi des ordis portables), pour une recherche dans sa discipline, est-ce notre rôle de lui proposer des contenus associés, textes contemporains par exemple, comment cartographier ces usages et requêtes, jusqu’où peuvent-elles ou pas être intrusives (la BNF travaille aussi sur ces questions). Quelle ergonomie pour ces contenus et textes en ligne : qu’est-ce qui change de l’idée même du livre, rapport au temps, à la concentration, au zapping, si le contenu est accessible en ligne (l’abonnement à publie.net, c’est le cas à Angers comme déjà dans une quinzaine de grands établissements, permet lecture intégrale sans téléchargement) ? Le livre, devenant web service, change-t-il de nature, lorsqu’il s’agit encore d’imaginaire, de méditation, d’intervention poétique ?

Voilà, mon sac est prêt et comme je cogite à ça je le dis via blog, ça ne prend pas plus de temps et ça aide à faire le point. À la table de belote nous serons Olivier Tacheau, Daniel Bourrion, Michel Fauchié, Xavier Cazin et moi-même (ça fait 5, mais bon). Réunion privée et totalement informelle, se mettre ensemble dans une pièce et bosser.

Vous, bibliothécaires, pouvez-vous formuler, en fonction des usages neufs que vous propulsez, ce que nous avons à construire, publier, éditer, voire même simplement écrire ? Et nous, côté auteurs (mais, de la même façon que la notion d’écrivain est née au 17ème siècle, est-ce que précisément ces cartes-là ne sont pas aussi chamboulées, bibliothécaires écrivant ce n’est pas neuf depuis Hölderlin et quelques autres), à moins de faire l’autruche à compter que les beaux jours reviennent pour l’industrie du livre (ce qui correspond quand même à une fraction impressionnante de la profession), comment jouer des nouveaux outils, flux rss, agrégateurs, interventions directes dans les facs, et, surtout des surtout, présence en ligne de contenus denses, rendre partageable notre propre position de risque ?

Compte rendu ce jeudi 22 à Saint-Raphaël, journée d’étude ABF PACA, où j’interviens avec Daniel Bourrion. Ah bon, vous vous posez les mêmes problèmes ? Deux importantes bibliothèques viennent de me proposer de participer à des comités de réflexion sur le livre, bizarre, 2 coins de France, à 2 jours d’intervalle : est-il bien temps, à ceste heure, dirait Rabelais.... Expérimentons, bricolons, bidouillons, mais non, résolument non, ça ne se passe plus dans les salles de réunion. Sauf aujourd’hui. J’y vais (dans le cartable la Sony, le MacBook, l’iTouch, DB aura son NetBook, et OT probablement son habituelle insolence générative).

On verra si ces messieurs les gros pensent et trouvent mieux que nous : dans ce genre de mer agitée, les petites coques passent parfois mieux que les cargos, et plus vite.

Photos ci-dessous : depuis le train du retour... Et voir aussi le compte rendu de Michel Fauchié.
Michel Fauchié, Angers, les 20 janvier 2009
Olivier Tacheau, Angers, le 20 janvier 2009
Xavier Cazin, Daniel Bourrion, Angers, le 20 janvier 2009

Daniel Bourrion, Angers, 20 janvier 2009

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1ère mise en ligne et dernière modification le 19 janvier 2009
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