Twitter mode d’emploi

comment s’en servir et ce qu’on peut en attendre


note du 3 juin 2012

- pour mes nouveaux visiteurs : lire tout d’abord Twitter et comment s’en servir, tout récemment mis en ligne, le billet ci-dessous est désormais un peu daté !

note du 3 février 2010

- développement très rapide de twitter en ce moment, et on commence à pouvoir entendre les écrivains... A nous de nous approprier l’outil, et pour ça d’y être suffisamment nombreux pour infos ou détournement et invention. Je repasse donc en première page – mais voulais aussi signaler que le "compteur" de messages envoyés est devenu HS, en une journée, il m’a crédité de 12 000 messages supplémentaires ! Pas grave, j’imagine qu’à cette vitesse d’expansion, côté Twitter, ça ne doit pas être évident à gérer...

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Nouvelle mode, gadget de plus, prétexte pour un peu plus d’addiction ? Esclavage augmenté de façon inversement proportionnelle à la vacuité des échanges ? Bon, si vous n’avez pas besoin de twitter, laissez tomber même sans essayer. On peut y réfléchir ?

 

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Quand Face Book est arrivé en France, vers juin/juillet 2007, on était quelques dizaines au début à se l’être approprié : une sorte de plate-forme de messagerie immédiate, permettant liens et commentaires, mais qui restait comme un micro-monde, le nôtre, celui des blogueurs-webmasters. Face Book nous a initié à cette façon d’initier qu’une information se propulse d’elle-même vers des destinataires qui se sont auto-validés : comme des taches d’eau sur une toile cirée, selon l’angle qu’on donne, la tache va se déplacer vers tel ou tel ensemble de destinataires.

 

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Lorsque twitter a commencé sa progression, il y a un peu plus d’un an, on a été à peu près les mêmes quelques dizaines à essayer (je n’essaye pourtant pas tout systématiquement, dernièrement je n’ai pas tenté Google Wave...). Au début, quelle déception : vos messages rejoignent un cercle très limité de personnes auxquelles vous auriez pu vous adresser d’autre façon. D’autre part, des sources d’informations accessibles (voir par exemples les fils New York Times – sur chaque site de journal, vous trouverez mantenant une liste de twits spécialisés) mais qui peuvent sembler des bombardements continus.

 

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D’autre part, c’est obscur, un message twitter : 140 caractères maximum, ça oblige à des contorsions pour qu’il enferme son poison dans la petite fiole. Antoine Gallimard s’en moquait : « Vous imaginez un Pléiade en 140 caractères ? » Oui, mais impressionnant par exemple le nombre de textes complets d’Henri Michaux ou de Franz Kafka qu’on peut faire tenir en un seul de nos cencrante...

 

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D’abord, les deux mots essentiels : followers, following. Contrairement au mot ami de Face Book, la relation n’est pas réciproque : qui on va suivre et qui vous suit sont 2 ensembles disjoints. Vous choisissez qui vous voulez suivre dans vos following, et vous choisissez d’accepter ou pas (on peut verrouiller d’ailleurs tout son compte avec un petit cadenas, il sera invisible sauf à ceux que vous avez validés) ceux qui s’inscrivent dans vos followers. Il est mieux d’arriver en bande, sur twitter, disposer dès l’entrée d’un petit réseau actif de propagation. Après, à vous de voir où vous vous situez : suivre tous ceux qui vous suivent, ou pas ? Vérifier qui s’inscrit à vos informations : le spam a fortement diminué, mais il reste pas mal de robots commerciaux. A vous aussi de trier : les infos d’actu, les personnalités remarquables (tiens, en ce moment, belle présence de Fabrice Lucchini), les sites qui signalent leurs mises à jour, des journalistes (mon ami @CavalierSeul, du Républicain Lorrain, ou @GillesKlein, de Arrêt sur images). Rien n’interdit, surtout, d’aller voir quels sont les following de quelqu’un que vous suivez, et de constituer votre propre carnet de suivie ainsi, au moins pour démarrer (prenez les miens, je vous les recommande tous !). Savoir que, si vous n’expédiez pas vous-même de messages, on ne viendra pas vous suivre : mais que vous soyez suffisamment dans vos centres d’intérêts, signaliez des liens, des billets de blog, et les curieux vous rejoindront vite. Avantage de twitter : vous n’aimez pas quelqu’un, ou bien il est trop bavard, vous le supprimez de votre liste, il ne s’en apercevra même pas – il ne reste que ceux que vous appréciez, le monde ainsi est bien plus agréable.

 

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Déjà, je vais trop vite : le @liminaire ou le @clairefercak c’est votre signature (ne la prenez pas trop longue, pour ceux qui répercuteront vos messages, même si vous ferez difficilement mieux que certain @fbon pour à la fois signer et faire court), mais c’est aussi l’ordre donné à un message de rejoindre tel destinataire. A noter d’ailleurs que Face Book a récemment repris la formule : écrivez @Madman Claro dans un message Face Book, et vous verrez apparaître son nom en lien interactif .

 

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Mais, très vite, ce qui a fait le succès de twitter, ce sont 2 détournements : quelqu’un s’est avisé de placer le signe #colleaunmot (attention, sans accents ni apostrophes), on appelle ça hashtag par extension, et le mot ou l’expression a été transformée en mot-clé : il suffit d’entrer alors, par exemple #publienet dans le moteur de recherche twitter pour voir apparaître tous les messages concernant ce thème, quels qu’en soient les émetteurs. Deuxième détournement : RT comme ReTwitt – une info, un message vous semblent dignes d’intéresser votre propre liste, on le recopie dans sa propre case envoi, mais par politesse on laisse la source (ou la suite de source), ainsi « RT @fbon #publienet abonnez-vous » signifie que vous reprenez à votre compte l’excellent conseil proposé par @fbon de s’abonner à publie.net – et chaque info migratrice reste ainsi comme baguée et traçable.

 

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Le succès ou l’efficacité de Twitter, c’est donc sa capacité à faire s’ajouter ou se croiser des communautés d’intérêt différents, dont vous seul êtes l’intersection. Et que cette intersection trouvera son arborescence par sédimentation, à l’usage : vous repérez dans les messages de vos following un RT d’intérêt, vous vous abonnerez aux ressources de l’émetteur initial. Vous constatez qu’un de vos messages a été repris par un autre abonné : vous irez découvrir qui il est et probablement vous l’ajouterez à vos follow au moins pour quelques jours. Mais qui, le premier, a inventé, un vendredi, d’envoyer une liste d’adresses en suggérant d’y aller voir : le #followfriday était né (ou #ff maintenant). Chaque vendredi, vous lirez des messages qui ne comportent que des adresses, mais sont des incitations à aller visiter tel ou tel, étonnant partage improvisé.

 

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Comment consulter twitter ? Je ne parlerai pas ici des iPhone ou autres SmartPhone, d’abord parce que je n’en utilise pas. Mais, sur votre ordinateur, vous pouvez utiliser TwitDeck qui vous permettra de gérer plusieurs comptes, savoir qui vous a envoyé un message personnel, et qui a mentionné un de vos messages (apparaissent aussi en « mention » ceux qui vous ont adressé un message mais ne sont pas dans vos following). Pour ma part, j’utilise Echofon, qui fera apparaître en bas à droite, pendant trois secondes et de façon pas trop intrusive, dans une petite fenêtre en bas à droite du navigateur, les nouveaux messages, les messages personnels et les « mentions »). Voir commentaires pour d’autres outils de suivi (yoono...).

 

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Autre outil qui a pris une importance considérable via Twitter, c’est le raccourcisseur d’url : les adresses précises de lien qu’on cherche à transmettre peuvent facilement prendre toute la place d’un message. Il y a de nombreux raccourcisseurs (c’est même un peu la guerre chez eux, en ce moment, en attendant que Google les mette d’accord). J’utilise le plus ancien et plus répandu : TinyUrl qui permet de générer un bref code, du genre http://tinyurl.com/6o482m qui remplacera l’adresse longue. Sur Firefox, appeler via MarquePages le TinyUrl gère même automatiquement le lien, sans que j’aie à intervenir. Noter aussi que désormais Google et Bing archivent les messages Twitter.

 

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Est-ce que le livre numérique vous intéresse ? Autrefois, allumant ma machine le matin, j’allais d’abord lire mes e-mails. Depuis quelques mois, je commence par Twitter : je reconnais mes pourvoyeurs d’information les plus fiables (par exemple, pour ce qui concerne l’édition numérique, ce veilleur portugais en 4 langues devenu un ami : @jafurtado ). En balayant les messages, je clique tel ou tel lien dont je pense qu’il mérite lecture, un clic les fera s’ouvrir sur un nouvel onglet de Firefox. En quelques secondes, j’ai ainsi la sélection des articles qui constituent ma propre veille, j’en ferai suivre certains avec mon appréciation. La question essentielle n’appartient donc pas à Twitter, qui n’est qu’un outil, mais surgit en amont et ne tient qu’à vous-même : quels sont vos besoins précis en veille numérique, que souhaitez-vous suivre qui vous est le plus nécessaire, pour une visualisation synoptique en quelques secondes, ou participation possible à un événement en temps réel concernant cette spécialité ? Et corollaire : qu’allez-vous y ajouter, qui vous validera à cet endroit comme acteur ? Un des paradoxes mineurs du Net, c’est que ces outils permettent de changer la répartition traditionnelle des rôles, entre prescripteurs et récepteurs – et pourtant, tout indique que nous reconduisons partiellement des sens uniques.

 

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Et donc, d’ici, utilisation la plus essentielle pour vous, ami blogueur : il ne suffit pas de poster un billet et d’attendre ou d’aller se promener. Un blog est lu s’il est propulsé. Face Book en est un vecteur privilégié, mais Twitter aura des canaux plus rapides et plus spécialisés : les deux se complètent (très désagréable et inutile, ceux qui implémentent leurs billets Twitter sur leur page Face Book). A l’inverse, dans vos paramètres de réglage, pensez à indiquer votre site : lire un de vos messages sur Twitter doit permettre de remonter à votre espace personnel.

 

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Twitter est dangereux : on peut remplacer l’écart nécessaire à la pensée par ce robinet d’eau tiède, comme une radio qu’on laisserait allumée en continu. Mais qu’un événement surgisse, qu’un #hashtag soit créé, et vous suivrez, bien avant les journaux, avec moyens de contrôle et contradiction, l’événement en prise directe avec ses protagonistes. Et cela vaut dans le combat d’idées : combien de fois on a pu, ces derniers mois, via twitter, littéralement forcer presse ou médias à faire place à telle réflexion. Vous verrez d’ailleurs qu’il peut être fascinant d’être lié en direct à l’animateur d’une émission de radio, en même temps que vous l’écoutez (n’est-ce pas, Thomas Baumgartner ?).

 

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Contrairement à Face Book, c’est un outil plus anonyme. Presque pas de relation directe avec vos suiveurs, pas de commentaires aux envois, mais pour l’instant un outil parfait pour qui passe sa journée à l’ordinateur, une fenêtre en continu sur des sources extrêmement spécialisées qu’il vous revient de prendre comme référent.

 

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Twitter à usage de création ? Plusieurs expériences de roman en continu, celui de @tcrouzet, ou les fragments de @tourgueniev. Parfois c’est à plusieurs qu’on ébauche un jeu, comme une pièce de théâtre temporaire et plurielle. Il m’arrive moi aussi de lancer parfois de ces salves. Mais c’est plutôt comme miroir promené au bord de la route dont parlait Stendhal : on lit un livre, on installe le hashtag #twitlivre (invention de Florence Trocmé reprise avec plaisir) et la discussion s’amorce entre lecteurs.

 

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Est-ce que twitter peut mourir de son propre développement, trop de gens à suivre, ou trop de gens qui vous suivent ? Parfois j’ai l’impression qu’on est comme dans un immense restaurant. Un bruit de fond assourdi. À toutes les tables on parle, mais vous ne suivez que ce qui se passe à votre table. Par contre, vous souhaitez passer un message aux 5 personnes, dispersées parmi les tables, que concerne les thèmes #publienet ou #livrenumerique, et ils recevront l’information, quelle que soit la conversation qui les occupe là où ils sont. Mais on peut aussi traverser la salle, poser ses bras sur les épaules de 2 personnes en conversation privée, et les écouter une minute.

 

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Fabuleuse utilisation aussi, lorsqu’on est rassemblé en colloque ou conférence : s’échangent dans la salle les réactions, liens, commentaires, avec ce qui se dit à la tribune, mais – toujours grâce au #salondulivre ou autre hashtag, vous pourrez suivre l’événement à distance en temps réel.

 

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Un outil qui ne transmet que du texte ? Il existe pour les téléphones portables un TwitPics qui permet de mettre en ligne une image. Je préfère les liens Twitter qui m’envoient sur une belle page de blog bien construite.

 

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Outil de communauté ? Twitter, il y a quelques mois, a lancé une fonction liste : on peut rassembler des « émetteurs » selon des thématiques, et même si on ne les a pas intégrés dans nos following. Cela pourrait être fabuleux (liste d’écrivains, merci @cgenin, liste bibliothèques, liste juristes etc...), mais peine à démarrer : sous observation. Idem la fonction de RT automatique désormais accessible. Renvoyer automatiquement un message sans y avoir ajouté son grain de sel est plutôt barbant.

 

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Enfin, ici, en marge droite du blog, mes propres envois twitter, les 4 derniers, et accès à l’ensemble de mes archives (on a le droit d’effacer, heureusement). Aller en bas de la page Twitter, vous trouverez un menu Goodies, avec onglet Widget, et plus qu’à recopier le petit script dans votre template de blog.

 

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Voilà. Je complèterai et reprendrai à mesure des évolutions, comme je l’ai fait pour Face Book. On n’est pas assez d’auteurs, si la communauté des bibliothécaires y est très active, si les gens de la presse et de l’info tirent un peu trop la nappe à eux, si les différentes communautés informatiques en font un outil privilégié de repérage, Twitter est beaucoup plus une arme que Face Book, grand tambour : les deux outils se complètent, il faut le savoir, en user en conséquence.

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 16 janvier 2010 et dernière modification le 3 février 2010
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