12 ans de web à chaque seconde

petit retour via archive.org : mémoire qu’on n’a pas nous-mêmes...


Fascinant de temps en temps de retourner loin en arrière sur archive.org et d’emprunter leur wayback machine. Tous les liens ne fonctionnent pas, et par exemple qu’est-ce que j’aimerais savoir ce que j’avais mis sous la rubrique petit musée des textes personnels introuvables cette année 1999.

Rien de nouveau, c’est là depuis longtemps – et, comme on le sait, la BNF a racheté à archive.org (de jolis serveurs rouges vifs dans une salle réfrigérée) les archives 1995-2002, avant Heritix.

Juste parce que je découvre que je serais aujourd’hui, dans cette préoccupation du présent qu’est Internet, à peu près complètement incapable de mettre des dates sur les principales mutations de mes sites, ou leurs déclinaisons (sur archive.org, je retrouve par exemple toute la tentative tumulte, malheureusement sans les photos que j’ai perdues, il y a même une captation de mon éphémère oeil noir (anonyme, évidemment, comme d’autres ultérieurement).

 

décembre 1998, première page wanadoo perso


En 1998, pour cette première page perso (repérée par archive.org, parce que la toute première date de fin 1997), il y a une impayable notice technique, et même encore l’accès aux statistiques (entre 40 et 50 par jour, mais dans ces premiers temps du web une internationalisation plus large – rôle des facs ? – me souviens encore de ma surprise à y découvrir des visites d’Australie... ou du Vatican !).

Il y a aussi, avec mise en ligne chaque semaine, l’atelier d’écriture avec les sans-abri de Nancy et un petit bout de Lautréamont à jamais fixé en phrase du jour (j’en changeais chaque dimanche, on peut se moquer de la couleur du fond de page ou des polices, mais le plaisir qu’il y avait dans l’outil est le même qu’aujourd’hui).

 

août 2000, première page remue.net


Je crois que Valère Novarina a été le premier à s’acheter un nom de domaine novarina.com, je me souviens – découvrant que bon.com ou bon.net n’étaient pas très euphonique, et pas question à l’époque de tenter bon.fr) d’en avoir tenté plusieurs avant de choisir ce remue.net, attesté donc dès août 2000.

Les pages sur écrivains et liens s’élargit, la notice technique fait un peu d’histoire, avec même un petit répertoire des arnaques sur web : comment gagner sa vie avec l’Internet littéraire – autant de choses mises en ligne dont je n’aurais sinon aucune archive personnelle !

Un petit ajout très discret, aucun de nous pour se rendre compte de l’importance : c’est entre septembre et octobre 2000 qu’apparaît la petite case moteur de recherche Google. Il y a maintenant une liste d’envois mail avec 356 abonnés (elle existe toujours, devenue la lettre remue.net) et les statistiques indiquent qu’on passe régulièrement les 100 consultations par jour : déjà un prodige !

Je retrouve ce texte mis en ligne apprenant le décès de Jérôme Lindon, ou ma première page ouverte avec les signatures de Ronald Klapka, Philippe Rahmy, Thierry Beinstingel...). Ou la vente André Breton, ou cette première tentative bien audacieuse d’une mise en ligne de textes en direct depuis leur lecture au théâtre du Rond-Point, ce forum sur écriture créative et enseignement (ah bon, déjà ?) – ou ceci qui pour moi était une vraie fierté, ...

Changement radical le 11 juillet 2001 : officialisation sur le site de la création de remue.net association. Événement dont je ne me doutais pas de l’importance : le fait que bientôt remue.net volerait de ses propres ailes, mon propre retour à un site personnel, mais que jamais plus sur Internet je ne travaillerais seul – et le retour au site personnel sera l’âge des flux... Curiosité discrète en bas de la page d’accueil novembre les noms et e-mails des fondateurs de remue.net asso...

Stable jusqu’en 2002, avec ces télégrammes qui préludent aux brèves et liens de Tiers Livre : tiens, c’est la fois où la SGDL avait attribué son prix au Désordre de Philippe De Jonckheere, mais ne trouvait pas son e-mail sur le site, j’avais dû établir le contact depuis un transit à Lyon Part-Dieu...

archive.org s’est perfectionné aussi, puisque je découvre que dans ma webcam (cliquer colonne gauche) les images sont archivées – ainsi à Tours les clients déménageant la librairie Le Livre, l’enregistrement de mon feuilleton Rolling Stones sur France Culture (ou ma photo de garage/bureau ci-dessus), et désormais mon espace personnel n’est plus qu’un onglet discret de remue.net. Par contre, désormais mes introuvables sont bien accessibles. Et c’est le moment (quelle mise en page pourtant !) où démarre l’idée de remue.net comme revue en ligne (et son slogan "littérature aux frontières" !).

 

2003, publie.net laboratoire


La force d’une asso (et on l’avait, cette force), c’est de décider ensemble, et assumer collectivement les choix. Difficile pour moi de placer dans remue.net des contenus trop bricoleurs. Mais difficile aussi d’avoir la même étincelle qui vous fait trouver le nom de domaine remue.net. J’achète le nom de domaine publie.net, mais sans savoir qu’il ne trouvera sa vraie explication que 5 ans plus tard, pour abriter véritablement un travail de publication. Mais dès 2003, ce site me sert à abriter discrètement mes expériences et apprentissages (aujourd’hui, sur friche.net par exemple mais non, rien à voir !). Ainsi, ces pages sur Littré et sur Forneret.

Apparemment, c’est donc en avril 2003 que j’efface les pages ci-dessus pour installer sous le nom de domaine publie.net mes pages personnelles, désormais séparées de remue.net. On y retrouve ma webcam rebaptisé journal images (ça lui fait donc 7 ans d’existence sous cette forme), le dossier Rolling Stones tout en html, mais une page d’accueil quand même plus présentable, notamment les archives texte.

 

et Tiers Livre, décembre 2004


Ce qui me donne à réfléchir, c’est ces intuitions : je n’étais pas à l’aise avec ce nom de domaine publie.net, pourtant parfaitement adapté à notre actuelle coopérative. Je me souviens en décembre 2004 d’un passage hôpital, et que cette idée du nom Tiers Livre me venait avec force pour dire, tout simplement : ceci, ce site web, est un livre, une oeuvre en développement par elle-même, et non pas la médiation du travail de Bon François, auteur.

Et le prétexte technique, évidemment, l’arrivée du blog. On avait déjà intégré (sept 2002 ?) des pages blogspot dans remue.net, virage important parce que, au lieu que chacun m’envoie ses articles et que j’en effectue la mise en ligne html, goulet d’étranglement caractéristique, chacun installait enfin ses infos. Et on venait, à l’automne 2004, de basculer remue.net en spip (travail énorme de Philippe De Jonckheere et Julien Kirch). L’idée initiale de Tiers Livre était donc d’apprendre moi-même à manipuler spip, mais très vite s’est imposé l’idée que le nouveau site php devait intégrer la totalité des ressources.

Marrant, à distance, sur cette première page Tiers Livre de décembre 2004, de redécouvrir que j’y avais installé des boucles de guitare enregistrés moi-même, avec déclenchement aléatoire (« change sound ») – bien rudimentaire ! Étrange aussi, 3 ans avant publie.net, d’y retrouver un très provisoire essai de téléchargement d’archives via contribution payante (ça avait dû rester 3 jours en ligne)...

Bon, après les histoires se rejoignent – mention pour cette page décembre 2005, avec le portrait de Sarraute, l’irruption des petits fichiers distrib insérant le titre des derniers billets sur la page d’accueil, et le fait que les livres publiés restent encore à la première place – mutation en mars 2007.

Et vous voudriez que ça s’arrête ?


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 février 2010
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