le début des pieds, et autres livres reçus

dix mois absent, une pleine table de services de presse


Sur le site Poezibao, Florence Trocmé propose régulièrement la liste des livres qu’elle a reçus. Ainsi fait aussi le Matricule des Anges. Mais moi je ne suis pas critique littéraire, mes lectures sont plutôt orientées théorie ou littérature classique. C’était même bien spécifié sur mon site : ne pas envoyer de livres ni de manuscrits, puisque je n’avais pas possibilité de faire suivre. Ça ne m’a pas empêché quelques partages de nouveautés via PDF, et c’est tellement mieux de toute façon, désormais, de lire sur une Sony ou un iPad, que l’objet clos qu’est le papier. Et puis je ne vis pas dans grand, j’ai énormes problèmes de stockage, déjà incapable d’aller rogner dans mes collections (collection de tous les livres publiés sur Baudelaire, sur Michaux, sur Lautréamont), ou le fétichisme des lectures qui ont été si décisives, les livres d’Adorno ou Walter Benjamin. J’essaye de remettre ces livres reçus en circulation : depuis 2 ans, tout simplement déposés chez mon libraire, Le Livre à Tours, ils vendent ça lors de la braderie de quartier, et la cagnotte sert aux bouteilles lorsqu’ils invitent des auteurs, ça me semble plus digne que les dépôts Gibert. Or donc, ma table croule, ce jour du retour, ou pourtant d’autres soucis que prendre un livre et lire. Façon de les en remercier, pour une fois je vous en fais part (dans le désordre, puisque ne sais même pas dans quelle chronologie arrivés – certains des livres mentionnés ci-dessous déjà disponibles, d’autres seront pour septembre) :

 

- Philippe Vasset, Journal intime d’une prédatrice, Fayard – il y aura encore politique et conspiration, j’espère, plus son petit côté Jules Verne, même dans le regard : tout lu de Vasset depuis le début ;

- Frank André Jamme, Au secret, éditions Isabelle Sauvage – bel objet artisanal, avec un prière d’insérer : aux libraires et aux critiques, je ne suis ni l’un ni l’autre, exemple typique d’envoi à fausse adresse, d’ailleurs apparemment même pas de site pour l’auteur ni l’éditeur, typique de ceux qui prennent le web des autres pour un paillasson à leur service ;

- Fabrice Gabriel, Norfolk, Seuil, Fiction & Cie – en décembre dernier c’est Fabrice Gabriel qui m’avait accueilli pour le Bureau du livre français à New York, et évidemment on avait beaucoup discuté de la ville, des villes, là c’est moi qui souhaitais son roman New York pour mon retour ;

- Cahiers Armand Gatti, revue annuelle, n° 1 : Gatti comme laboratoire, et qu’on s’y mette ensemble, plus que temps – aurais bien aimé participer, tiens ;

- Verdier, la belle couv en jaune : Vincent Eggericx, L’art du contresens – sur publie.net on a 2 textes de Vincent, qui vit à Kyoto où depuis de nombreuses années il étudie le tir à l’arc (et la philosophie qui l’accompagne). Texte à visée plus romanesque, je l’aurais suivi même sans cet envoi : et c’est bien que nos publications numériques (Paradis violent et L’art de l’observateur) puissent venir en synergie de la démarche ;

- Sylvain Prudhomme, Tanganyika Project : Léo Scheer ne m’envoie pas les livres qu’il publie et c’est très sain, quand j’en veux un je l’achète. Là c’est l’auteur qui fait l’envoi, chouette petit mot, mais j’aurais lu même sans ça : la ville encore, mais cette fois traversées de celles d’Afrique, descriptions de voitures (décorations de), d’intérieurs d’hôtel, il y a de la violence, du Rolin et du Perec...

- Eric Faye, Nagasaki, Eric a le sens et le goût du fantastique, de ce qui dérange, lui aussi nous a confié un texte sur publie.net – c’est chez Stock, moins de 110 pages et il semble que les ordis et les chantiers soient très présents dans la narration ;

- La Nouvelle Revue Française, juin 2010, dossier Gracq : merci à Gaëlle Flament de m’avoir sollicité pour ce numéro, longtemps qu’avait envie d’écrire sur Lettrines 2, il y a aussi Arnaud Maïsetti, et Patrick Modiano, plus un peu de Bergounioux-Réda ailleurs dans le numéro ;

- Lutz Bassmann, Les aigles puent, est-il encore en prison, Bassmann ? J’ouvre au hasard et lis page 65 : quelle idée de se fourrer dans un tel cauchemar, pensai-je ?, en librairie septembre, on piratera et buzzera en amont – ça compensera du silence de son copain Volodine ;

- il est gros, il est gros le Claro : CosmoZ chez Actes Sud, on savait que ça existait, que ça aurait ce titre, 484 pages pour mon mois d’août – dédicace : voici la bête, béante, brûlante – et se dire que dans tous les bouquins qu’on a là, si on avait envie d’en jeter un à la figure de quelqu’un qu’on n’aimerait pas, on attraperait de préférence ce CosmoZ, pile le poids et la tenue, et la confiance en ce qu’il y a dedans – reste que ça ne pourra pas se lire en même temps que Pynchon, alors plutôt avant ? - on t’en souhaite, Claro le dérangeur...

- Préau des Collines, n° 11, consacré à Pierre Bergounioux : j’avais participé à leur numéro sur Mathieu Bénézet, et avait résisté à leur proposition amicale de m’en consacrer un, ça me fait trop impression de cercueil – je figure au sommaire du Bergounioux, mais avec petit texte ce ce blog, il y a 5 ans, quand j’avais lu le tome 1 des Carnets : voyez, que ça sert, les blogs... lirai d’évidence cet ensemble intitulé avec bonheur Pièces assemblées avec fracas pour construire une stèle forte et juste au chantier des écrits ;

- Jean-Loup Trassard, Traquet motteux, Le Temps qu’il fait, très vieille fidélité et immense respect pour l’auteur voyageur de la Mayenne, la civilisation rurale quand elle retient ainsi la langue ça vous projette d’emblée dans le meilleur d’aujourd’hui – et c’est accompagné de Eschyle en Mayenne, photographies en noir et blanc du Parthénon, Trassard un de ceux qui ont le plus contribué à ouvrir ce dialogue des deux techniques sous la même main...

- Université chilienne, sur Face Book je ne prends jamais comme ami les pseudonymes, ni ceux qui utilisent leur chat comme photo personnelle, ni les structures professionnelles, à moins qu’elles n’aient témoigné leur soutien actif à publie.net – je n’avais donc jamais répondu aux demandes signées Université chilienne, je découvre aujourd’hui cette revue circulant entre Estonie, Québec et Chili, sous l’autorité de Sylvain Courtoux : ce que je ne pouvais deviner... avec participation notamment de Charles Pennequin et Edith Azam...

- Assia Djebbar, littérature et transmission, un colloque universitaire à Cerisy, devaient avoir beaucoup d’exemplaires gratuits, aux presses de la Sorbonne nouvelle – mais participation de Wofgang Asholt et de Mireille Calle-Gruber – disons qu’Assia ne s’est guère préoccupée de ses anciens amis depuis son élection à l’Académie française, ils se chargeront bien de promouvoir l’ouvrage ;

- Georges Pessant... Georges Pessant figurait sur mon calepin, celui qui devait me servir aux achats immédiats à première visite libraire : l’invraisemblable histoire de Georges Pessant, chez Flammarion – comment Georges Pessant a-t-il été au courant que j’avais inscrit son nom dans mon carnet ? – livre de Bertrand Leclair, ce ne sera pas mon premier, j’en attends 1 la langue, 2 ce sens critique sur le fonctionnement du monde, 3 ce poids d’histoire qu’il sait embringuer dans son récit, il lui suffit parfois d’une Simca 1000 ;

- Mathieu Bénézet, pourquoi ce corps que je n’ai pas, Fissile – lecteur de Mathieu B je suis depuis 1977 exactement, ami de Mathieu je suis depuis 1983 exactement (quand il ne pouvait pas se présenter chez les bouquinistes qui lui reprenaient les livres d’art qu’il réussissait à se procurer pour ses critiques dans Digraphe, ça rémunérait mieux si on y allait à sa place, grande époque) – Une chose perpétuelle ne parle pas. Ma parole est pour personne. Long rayon Mathieu Bénézet, de déménagement en déménagement transporté, dans le garage ;

- Arlix / Massera, Le guide du démocrate, chez Lignes : la démarche de Jean-Charles Massera tout à prendre, toujours pour cette force critique, ce chemin entre oralité et art contemporain, et son écart même ;

- Charles Juliet, Lumières d’automne, 6, pas attendu non plus les envois fraternels de Charles pour que son Journal soit un accompagnement majeur...

- Tombeau pour les rares, sans savoir que le livre grand format m’attendait là, j’avais annoncé sur Tiers Livre l’exposition des portraits (ah, ce Paul Valet) de Nicolas Rozier, y participent Jacques Ancet, Zéno Bianu, Jean-Yves Masson et bien d’autres ;

- Fabrice Reymond, Anabase, content de voir arriver au jour, éditions MIX, démarche dont j’avais lu une des étapes au temps de Déplacements au Seuil ;

- à Lille on croise Ludovic Degroote : et sa voix on la retient – première phrase : un peu de monde, titre Le début des pieds, c’est à l’Atelier la Feugraie – à vrai dire j’ai commencé par eux parce qu’on ne m’a demandé qu’eux, et voilà comment mon garage est impossible à vider, comment on se débarrasserait de Degroote, Suel, Boute, Ivar Chav’ar et tous les autres ? – et comme par hasard, sur Poezibao c’est Emaz qui commente ;

- Jean-Marie Gleize, La poésie n’est pas une solution, vaste ensemble d’hommage à Jean-Marie Gleize, un repère évidemment principal (mais combien j’aurais préféré et trouvé plus impliqué que cet ouvrage, un site consacré à Gleize avec les mêmes intervenants...) ;

- je laisse la suite, sais même pas si vous êtes encore là : Bakou derniers jours d’Olivier Rolin m’avait attendu, mais je l’ai lu à Québec ; Le Crime du beau temps de Michel Chaillou en Haute Enfance Gallimard, mais je sais qu’ils republient en Imaginaire Domestique chez Montaigne : allez-y... Stéphane Bouquet, Nos amériques chez Champ Vallon, le lyrisme toujours chamboulé pour petit trouble, cette fois avec ville, continuant son important Un peuple : trop de silence, sur ces démarches...

- et pour la fin, un DVD + livre : les Nantais de Capricci continuent cette tissure de plus en plus précise entre littérature et cinéma, au point qu’on ne sait plus parfois qui est où et pourquoi – bien sûr le Honor de Cavalleria d’Albert Serra nous offre la chance d’assister en temps réel à la naissance d’une oeuvre principale, on ne dit pas ça souvent – et si, là, c’était la récompense du blogueur : on a fait écho à cette importance sur son site, et ceux qui travaillent à éditer et diffuser vous l’envoient en confiance... – et pareil pour ceux du cinéma que pour nous de la littérature : si nous ne prenons pas nous-mêmes en main cette diffusion, le système ne peut plus l’assurer à notre place...

Et merci aux envoyeurs – dans les jours à venir il va y avoir pas mal de paperasses et d’urgences, mais l’accompagnement fera du bien. Et si un titre ou un nom vous accroche dans ma liste, n’hésitez pas à en parler à votre libraire : ils adorent ça.

 

Albert Serra | Honor de cavalleria, éditions Capricci textes et film

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 26 juin 2010
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Messages

  • un petit calmant à toutes ces tentations, "domestique chez Montaigne" que j’ai à côté de moi et le Claro que je vais me procurer - pour le reste, savoir que ça existe

  • Hé oh : le papier, un objet clos ?! Vous me paraissez là, cher François, un brin gâteux face à des solutions numériques dont vous savez d’ordinaire être plus lucide quant à l’intérêt pérenne.
    Daniel
    Ps : J’aurais le privilège d’assister Mardi soir prochain à la prochaine représentation du Show Dylan sur Bordeaux. Dois-je prendre mon bloc-notes (de papier) ou en numériser le souvenir- dans quoi ?- pour vous le faire partager ? Hum. Je suppose que l’exposé un brin stylisé de l’introduction d’un mini-disc enregistreur et de son mode de fonctionnement in situ dans une salle de spectacle (et celui-là précisément) pourrait donner lieu à un manuscrit vendable (puisque les livres sur la musique - à la différence de cette dernière - sont désormais monnayables ) mais bon.
    Ps1 : Si vous en savez quelque chose : comment va Pierre MIchon ?

    • merci pour le "un brin gâteux", cher Daniel (on se connaît ?) – je crois pour ce qui est de sortir de l’opposition binomiale papier/numérique y a pire que moi – reste que j’ai le problème d’une montagne de livres que je suis matériellement incapable de garder dans ma pièce atelier beaucoup trop restreinte, et qui donc vont partir déchetterie ou braderie, alors que je n’ai aucune limite au stockage numérique – pour votre allusion Dylan (Arnaud Maïsetti sera aussi au concert de Bordeaux mardi, on verra ce qu’il en est des traces numériques, qui ne se réduit pas au mini-disc enregistreur d’ailleurs obsolète), c’est justement l’étape où j’en suis dans travail en cours sur Hendrix : même pour écrire j’utilise les formats et outils blogs (notamment un Wordpress avec articles antidatés pour chaque élément repérable de sa biographie, photos, liens vidéos etc) et le trouble certain où je suis, c’est que l’objet que constitue progressivement ce site-outil (sur friche, accès perso seulement) est aussi potentiellement une forme de diffusion nettement plus forte que le livre, même si le livre a toujours cette supériorité presque d’un enfermement, voyage solitaire dense où l’objet peut faire oublier sa médiation, ce qui n’est pas le cas avec nos prothèses numériques, même l’iPad – mais les frontières se déplacent très vite (voir l’iPad justement), et y a-t-il un moyen possible d’apprendre sans expérimenter directement, même compte tenu du côté dinosaure du futur que sont nos appareils ? – pas la première fois que j’évoque cette contradiction – et si vous relisez le billet ci-dessus, pour moi oui souffrance à ce que tant d’auteurs pour qui j’ai estime si forte, et fraternité d’écriture, se cantonnent au monde clos non pas du livre en lui-même, mais de l’oeuvre telle qu’ils l’enclosent dans un media et un système de diffusion, où la conversation qu’on a ici serait impossible – et c’est là où j’ai peur qu’ils ne soient pas conscients du risque pris, même des auteurs amis et d’une génération en moins que la mienne, comme Philippe V ou Stéphane V

    • Stéphane B, pardon, parce que vraiment beau le texte-ville qui arrive après Un peuple, voir par contre côté Arlix/Massera (c’est eux qui signent comme ça avec le slash) pour conjonction livre + site fixe + blog (èRe)

      et comparer aussi côté éditeur le site des éditions Capricci avec une démarche plus traditionnelle comme le site Verdier, ou la misère numérique où se cantonne le Seuil (et les chargements flash de Fiction & Cie...)

      pour la santé de Michon, voir son site, il vous répondra lui-même

    • santé de Michon ? inquiète suis là d’un coup, pour lui, et un peu, égoïstement pour moi qui espérais bien le voir et l’entendre dans moins d’un mois

    • Bon, je mets les miens dans le plat et c’est ma réponse à Daniel, ce cher inconnu : François tu dois connaître Plume Latraverse, au moins de nom, après tant de temps au Québec. Il écrit dans une de ses chansons "t’as qu’à manger du papier pour pouvoir ch... tout enveloppé". Bref...

  • merci à vous, ô mes soutiens et cher Hervé - mais c’est pas la guerre civile quand même, et le message initial spécifiait bien "un brin" gâteux je l’ai pris gentiment, y a nettement plus méchant dans ce qu’il nous arrive de prendre à la figure, et notamment d’ailleurs la façon dont pas mal d’auteurs que je fréquentais autrefois ont coupé les ponts, par une sorte de trouille viscérale ou de s’attacher à tout prix à la vieille hiérarchie symbolique du livre sans se rendre compte que ça crève – c’est d’ailleurs une des raisons au fait que remue.net d’un côté et moi de l’autre on ait pris chemins divergents, malgré liens profonds et croisements évidemment qui continuent sans arrêt – dans la réflexion initiale de Daniel le bordelais inconnu, c’était mon expression "le livre comme monde clos", formule évidemment paradoxale, cette clôture nous est éminemment nécessaire, là qu’est-ce que je suis heureux de retrouver physiquement mes Balzac ou autres bouquins de longue immersion, mais pour le contemporain l’idée qu’un livre non accompagné d’une démarche web de la part de l’auteur ne respecte pas non plus le nouveau pacte avec le lecteur – dans l’avant-dernier Vasset, il y avait admirable site sur les "zones blanches" de la ville, le lien site/livre s’établit aussi côté Arlix/Massera – et pourquoi pas lorsqu’on établit nous conjonction, révision et relance des textes de Vincent Eggericx quand le Verdier sera en librairie... il me semble que l’ancienne "clôture" de l’immersion dans les livres ne peut se transposer sans perte au contemporain – les collectifs d’hommage à Bergou et Gleize auraient pu s’économiser le papier – par contre, très grande cohérence entre les coups de gueule ou expériences web de Claro, et sa revisite du Magicien d’Oz : c’est uniquement cela, cette clôture pour moi désormais impossible à accepter – pour le contemporain, le livre ne me suffit pas : il est un élément d’un ensemble, sinon il meurt, et désormais se dire que ce n’est pas si grave – tellement troublant de penser, pour la plupart des livres cités dans ce billet, à combien sont ou seront physiquement présents dans combien de librairies, et combien d’exemplaires effectivement vendus après les traditionnels retours aux 3 mois : vous l’aviez déjà repéré en librairie, le Degroote ?... donc merci de garder plutôt la discussion dans ces parages !

    • Ah mais j’avais bien compris ! Comme torture médiévale ou déclaration d’hostilité meurtrière, y’a pire qu’ingérer du papier. Pis en plus, c’est plein de fibres et c’est très bon pour la digestion. Dans le Bordelais, ça aide à faire passer le rouge...

    • Dans ces parages, donc, à propos de la « clôture » de l’objet-livre : ce qui est pour moi passionnant à regarder, et horriblement complexe à étudier, c’est voir comment la mutation numérique en cours n’invente rien, mais potentialise et précipite ce qui était déjà en germe. Me souviens de la phrase de W. Benjamin dans Sens unique, que tu citais il y a quelques temps : « le livre comme intermédiaire vieilli... » — mais l’ami Walter n’avait pas de MacBook. Idem pour Teddie, pas de MacBook mais déjà réflexion sur « les œuvres qui comptent aujourd’hui ne sont plus des “œuvres” » et sur « les œuvres importantes [qui] restent toujours des work in progress » (Adorno, seconde citation dans Théorie Esthétique, la première quelque part dans Philosophie de la nouvelle musique je crois). Idem encore chez Derrida, qui n’avait pas encore son Mac Plus au moment où il publie, en 1968 dans De la grammatologie, le premier chapitre intitulé « La fin du livre et le commencement de l’écriture ».

      Voir en ligne : tache-aveugle

    • Je suis rassuré de voir ici que ma "formule" avait été prise-comme elle avait été conçue- à savoir gentiment. Cela était en effet tout sauf une déclaration de guerre. Une nouvelle fois très bonne continuation à vous et à vos soutiens ( je pars de ce pas au dentiste le plus proche afin de réparer ce que je me suis pris dans les gencives de leur part-Drapeau blanc messieurs-dames, drapeau blanc-).
      Daniel

    • y a pas de quoi, cher Daniel, discuter fait du bien – et je me connais assez de zones de gâtisme total, dont la musique bluegrass (tendance newgrass quand même), le banjo Scruggs style en général, conduire des voitures trop vite, relire des Simenon, tripoter des chiens, le reste nous emmènerait trop loin... et je viens de me réserver un iPhone4 pour la semaine prochaine, ça aidera à combattre le gâtisme précoce concernant la politique du livre !

  • Pas un seul livre écrit par une femme dans les enveloppes qui attendaient d’être ouvertes ?

  • déjà saturé, bien fait de ne pas envoyer mon humble usage, ni le lyon-Béthune qui existe par ailleurs en numérique publie.net. Par contre, plaisir d’avoir bossé qques mois sur les textures de papier, la couverture etc. et d’obtenir un objet autre.