liseuses en prêt, textes sous licence

formes neuves de médiation du livre numérique


A de nombreux établissements, ces derniers mois, je répondais ceci :

Prêts de tablettes : nous avons fait l’impasse sur ce genre de projet, du moins tant que les appareils ne seront pas connectés et ne permettent pas médiation numérique. Ce qui est déjà le cas avec l’iPad, lecture bien plus efficace, et possibilité donner accès depuis une page du site, pour nous ça fonctionne impec, c’est probablement dans ce sens que va se développer le prêt lecture numérique en bibliothèque, les premières expériences se mettent en place. Sur liseuses non connectées, type Opus Bookeen ou Sony 300 ou autre, avec une dizaine de bibliothèques partenaires nous définissons un “bundle” (liste de titres établies avec le partenaire), spécialement préparés pour le modèle choisi et intégrant le logo de la bibliothèque (ou même une page présentant l’expérience), et tarif en fonction du nombre de titres et de la durée de licence. Juridiquement, en tout cas, nos abonnements sont en “lecture seule” (mais, je me répète, outil infiniment plus puissant du point de vue de la médiation, des annotations et catalogage etc) et nos abonnements avec téléchargement strictement réservés aux particuliers.

Ou ceci, même question, variante de réponse :

pour ce qui est du point précis que vous évoquez :

effectivement, il y a 2 ans, nous avons participé aux premières expériences de prêt de eReaders en bibliothèques, avec une poignée d’établissements qui voulaient en faire l’expérience (La Roche/Yon, BU Angers, BPI, CherMedia et 2 autres ensuite je crois)

néanmoins le contexte a beaucoup évolué depuis :

- d’abord par apparition de nouveaux appareils qui peuvent héberger non pas seulement des ressources fixes, difficilement actualisables, mais la médiation elle-même, via connexion wifi (le prochain CyBook Orizon sera wifi aussi je crois), et les mêmes établissements qui ont testé ces prêts de tablettes s’orientent plutôt désormais vers expériences avec tablettes types iPad (ou leurs équivalents Androïd)

- d’autre part, le contexte même de la lecture – pour notre site publie.net, l’important c’est de permettre la découverte libre et facile de l’ensemble de notre catalogue et la diversité de ses auteurs – nous avons donc décidé de ne pas privilégier la vente de textes sous licence, mais un accès global au site, dès lors que l’établissement est reconnu via son IP ou plage d’IP – d’autre part cela permet (avec les mêmes établissements cités plus hauts, et quelques autres) de travailler sur d’autres points sensibles, insertions de nos métadonnées dans catalogue de l’établissement, et surtout accès à distance (c’est le cas à Rennes Champs Libres, et depuis 2 semaines à l’Institut français de Londres) via serveur CAS

Je n’ai pas changé d’opinion, côté vendéen-breton plutôt têtu de nature, et passé l’âge du versatile.

Pour moi, l’enjeu ce n’est pas un appareil lesté de textes – qu’on puisse les renouveler tous les mois ou pas – à découvrir passivement, mais plutôt qu’avec les bibliothèques partenaires on puisse installer en page d’accueil de leurs sites un widget avec sélection qui comprendrait, selon qu’ils en décident, une suggestion de site Internet, une suggestion de livre numérique en BD, polar ou toutes ces choses qui font le bonheur des bibliothèques, et une suggestion de lecture création contemporaine à laquelle on aurait, nous, bonheur à participer.

Les liseuses connectées qui arrivent, ou la progressive entrée des tablettes en prêt lecteur, vont bien sûr faire basculer la donne. Et c’est dès à présent qu’il faut nous travaillions ensemble à ces espaces de médiation.

Une tablette chargée de 100 textes n’induit pas à elle seule qu’on les lise. De même que le plus beau site en accès libre depuis bibliothèque, s’il n’est pas accompagné d’une intervention volontariste de médiation, ne suscitera pas de consultations. Une base de données en chimie moléculaire trouvera toujours des requêtes via une bibliothèque universitaire, la littérature contemporaine pas forcément : et pourtant, si nous ne savions pas, côté bibliothèque comme côté auteurs, que là est le vecteur nécessaire à notre partage du monde, on ne se donnerait pas la peine, nous de proposer, et la bibliothèque d’accueillir.

D’autre part, pour publie.net, la ferme résolution de mettre en avant l’accès à tout le catalogue. Un moteur de recherche incroyable (et top secret les paramètres), des mots-clés, les métadonnées Onix, des suggestions de lecture associée : tout notre travail avec l’immatériel-fr est orienté mise en contact de l’inattendu.

Toutefois, le nombre d’établissements expérimentant la mise à disposition de liseuses non connectées grandissant, trop tristes de voir ça accaparé par des fournisseurs respectables mais strictement dans le décalque du prêt physique de livres, aussi aberrant qu’à nous cela paraisse.

En confiant la gestion de notre site à l’immatériel-fr, nous sommes prêts désormais à vous fournir, selon le nombre de textes souhaité et la durée souhaitée, une licence d’exploitation selon le nombre de liseuses mises à disposition. Nous redistribuerons aux auteurs concernés, selon le principe de notre coopérative, la moitié de la recette [1] [2]

Pour tout renseignement et mise à disposition de textes ou packs de textes sous licence, merci de contacter Elisa Boulard à l’immatériel-fr.

[1Nous réitérons, à l’intention des éditeurs non numériques, la même proposition : accès en lecture seule (le fichier ne quitte pas nos serveurs), ou distribution via liseuse, nous joindrons volontiers à notre catalogue, à destination de nos bibliothèques abonnées, les titres que vous voudriez diffuser, et pouvons même nous charger d’établir la version numérique. C’est évidemment de moins en moins urgent, à mesure que notre catalogue devient plus consistant et que la diffusion librairie semble vous satisfaire quant aux résultats.

[2Et nous réitérons aussi aux libraires : chacun de vous a pour client des bibliothèques, la remise consistante que nous vous proposons sur la diffusion de nos abonnements peut être un des facteurs de viabilité de votre politique numérique, sans rien de commun avec les commissions et résultats actuels sur le téléchargement de livres à l’unité via les plateformes à prix (quasi) papier.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 juillet 2010
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