appel à fiction, 4 | bords de route

si la ville est une écriture, et qu’ici va surgir la ville, que commencerions-nous par écrire ?


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Ce nouvel appel à fiction, suite à cette photo des deux géants de foin bâché noir, érigés en totems contre la venue du métro aérien.

Le paradoxe du plateau de Saclay c’est d’être une zone rurale protégée (sauf enclaves) dans une zone d’extension dense de l’hyper-ville (on est à 24 kilomètres du BHV, ce qui est un repère plus commode que Notre-Dame), et donc que les portions de route toute droite qui le parcourent en étoile, de rond-point à rond-point sont des coupes franches utilisées comme raccourcis par tous ceux qui vivent et travaillent tout autour. Donc un goulet d’étranglement aussi bien, mais une sorte de fonction vitale pour l’irrigation de la ville : énormément de voitures et rien à voir, puisque les enclaves sont à l’écart. Plus de 20 000 voitures qui passent ici tous les jours : autant de lecteurs à réveiller, griser, déranger ?

Alors, puisque la ville va venir ici et progressivement tout recouvrir, sur quoi avons-nous à prévenir, alerter, quel rêve avons-nous à initier, qui puisse survivre quand arrivent les rapaces immobiliers et les bétonneurs ?

Construirons-nous, nous aussi, pour nos mots rêvés, à ceux qui passent ici en voiture en allant le plus droit et le plus vite possible, des géants de foin bâchés noir avec un avertissement ou un non-sens ? (De l’absurde aussi, nous avons besoin.)

À chacun un slogan, et l’objet (panneau, enseigne lumineuse, totem, banderole, tunnel, clignotements, défilements, érections, peintures au sol ou murales) qui en permettrait la lecture, ou l’ostension.

De la littérature avec slogan, voir par exemple ces deux ateliers – ou, sur le site BNF, l’atelier « écrire la ville » intitulé enseignes, affiches, tags à composer soi-même.

À chacun un slogan, et la description matérielle de ce qui le porte, éventuellement la caractéristique ou l’emplacement du lieu précis où on l’installe. Et si on est trente à donner chacun un slogan, on demande à la Communauté d’agglo, qui m’accueille en résidence, de les bâtir pour le Printemps des Poètes.

Et on ajoute – ce n’est pas un détail – que chaque slogan devra obligatoirement comporter le mot ville ?

À vous.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 26 août 2012
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