Conversations avec Keith Richards | 1, énigme de l’être du dedans

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THE MAIN THING ABOUT LIVING ON THIS PLANET
IS TO KNOW WHO THE HELL YOU ARE AND TO BE REAL ABOUT IT.
THAT’S THE REASON I’M STILL ALIVE...
I’VE LIVED MY LIFE MY OWN WAY, AND I’M HERE
BECAUSE I’VE TAKEN THE TROUBLE
TO FIND OUT WHO I AM. KR.

 

1 _ Énigme de l’être du dedans


Keith Richards me disait souvent : « Sois toujours derrière celui qui joue de ta guitare, jamais à sa place. »

Keith Richards me disait souvent : « Ce n’est pas tout le monde qui peut dire : – J’ai parlé à Keith Richards. »

Keith Richards me disait souvent : « Quand tu sens le gouffre sous tes pieds, serre le poing, suspends toi à lui et tu verras, ça marche. »

Keith Richards me disait parfois : « Brouillard au dehors ? Souffle ton brouillard du dedans. L’un dissoudra l’autre. »

Keith Richards me disait souvent : « Avant de parler, assure-toi toujours que tu vas dire légèrement cette chose. »

Keith Richards me disait parfois : « Quel que soit le cirque autour, pense toujours qu’après tu n’auras plus que toi, comme spectateur. »

Keith Richards me disait souvent : « L’assurance qu’il te faut au dedans, elle est devant toi, elle se pêche avec le bras et vite tu la serres contre toi. »

Keith Richards me disait souvent : « Construis devant toi-même ton propre fantôme et fais-lui face. C’est lui, que les autres nomment Keith Richards. »

Keith Richards me disait souvent : « Tu aurais fait ce livre avec Johnny Hallyday, traduire aurait été plus difficile encore. »

Keith Richards me disait souvent : « Le seul livre à lire, c’est la nuit qui te le tend, les mots aussi sont une nuit. »

Keith Richards me disait parfois : « Des deux mains à tâtons le dedans de chaque mot, puis répète ce qu’elles t’enseignent, et non pas eux. »

Keith Richards me disait parfois : « Si le temps est ton ami, accepter qu’il soit longtemps en voyage, et sa langue aussi, étrangère. »

Keith Richards me disait parfois : « On marche longtemps tout droit, on regarde autour de soi et voilà, tout le chemin reste à faire. »

Keith Richards répétait pour lui : « La différence entre toi et les autres, c’est qu’ils ne se réveillent pas chaque soir avec toi. »

Keith Richards marmonnait, encore plus indistinctement : « Chaque accord sur ta guitare creuser plus profond la terre où sont les morts. »

Keith Richards disait souvent : « Ce n’est pas à la marque de sa guitare qu’on mesure le guitariste. »

Keith Richards disait : « L’exercice de la force ne vaut qu’où tout est perdu : tu n’es que ce que tu dessines ainsi à même la nuit. »

Keith Richards me disait souvent : « Où tu n’as plus recours, assieds toi sur le temps. L’immobilité est aussi une action. »

Keith Richards me disait parfois : « On n’invente pas une idée, on se pose devant comme un chien et on grogne. Alors on sait qu’elle est là. »

Keith Richards me disait parfois : « Je n’aime pas les peut-être. Dans les coups et l’erreur la vérité se hisse à sa fragilité même. »

Keith Richards me disait souvent : « À ceux qui t’ignorent, la réciproque. À ceux qui te réclament : c’est qu’ils ne savent pas tes peurs. »

Keith Richards me disait souvent : « Défie-toi de trop croire à tes modèles. Pense à comment eux ils ont peur. »

Keith Richards disait : « Alors on se sait arrivé au bord de soi-même : les bêtes de la jungle du dedans ont fui, il n’y a plus de chasse. »

Keith Richards disait : « Au bord de soi-même tendre la main, espérer trouver et puis rien. »

Keith Richards me disait parfois : « L’avenir est un leurre, nous nous y mêlerons silencieux aux morts que nous y savons déjà. »

Keith Richards me disait parfois : « J’ai si longtemps marché sans savoir. Et voici que cette carte est devenue ma nuit même. »

Keith Richards disait aussi : « J’ai erré dans moi-même comme on trébuche dans une ruine. On ne rêve bien que de ce qu’on n’a pu atteindre. »

Keith Richards me disait souvent : « Les mots qui t’empoignent, tu ne saurais les dire. Voilà ce que tu aimes dans le rugissement des nuits. »

Keith Richards disait souvent : « Aime jusqu’à ta détresse. Le retournement se fait là. Mais gare à l’instant où tu découvres qui te suit. »

Keith Richards me disait souvent : « Rester tapi dans l’ombre. S’observer qui agit. On craindrait trop de cesser, à prouver qu’il se trompe. »

Keith Richards disait : « L’illusion est un monde qu’on peut parfois arpenter avec eux. Sache seulement qu’en revenir est parfois difficile. »

Keith Richards me disait souvent : « S’ils savaient combien peu reste de ce qu’ils tenaient tant à m’avoir dit. »

Keith Richards disait aussi : « Les mots reçus en moi tombent et se perdent. Ils n’ont pas mémoire. Ce que je dis procède du geste. »

Keith Richards me disait parfois : « Je n’aurai habité qu’un rêve à moi-même inexplicable. Regarde tes mains : elles seules vraies. »

« L’énigme de l’être du dedans », me disait Keith Richards.

 

Première fois à Redlands, lors d’une marche au travers des dunes, par beau temps, vers la mer plus au sud.

 

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 22 février 2013 et dernière modification le 31 juillet 2018
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