Led Zep #30 | bridge, été 69, une charnière

Led Zeppelin, un portrait – reprise numérique


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C’est trop compliqué et trop rapide, ce qui se passe en quatre mois : mais c’est la grille à partir de laquelle les onze ans d’histoire qui suivront sera toujours examinée.

Première figure : et d’abord, que Bonzo se fait un ami.

Bonham est stupéfait par le kit Ludwig de Carmine Appice, batteur de Vanilla Fudge, ce groupe qu’ils vont sans cesse croiser, à égalité sur les affiches, toute cette année. Ils ont le même âge à un an près, mais, contrairement à ce qu’a enduré Bonzo, personne en Amérique pour reprocher au batteur de Vanilla Fudge qu’il joue fort. Il a devant les pieds deux grosses caisses, qu’il actionne avec deux pédales distinctes. Atlantic a fait écouter aux Vanilla Fudge, dès avant sa sortie, le disque de Led Zeppelin, et Carmine Appice fait compliment à Bonzo de son triolet du pied droit : c’est sa spécialité, à Bonzo, un coup de pédale assez rapide pour découper la mesure en trois. Bonzo s’étonne, dit qu’il a justement copié ça de Carmine Appice dans leur reprise du Ticket to ride des Beatles, premier disque des Vanilla Fudge. Ils réécoutent ensemble, Boggert découvre effectivement le triolet, mais il jouait pied-main-pied, là où Bonzo avait inventé son triplet du pied seul.

Et dès que le disque du Zeppelin sera sur le marché, Carmine Appice fera un autre cadeau à Bonzo : il écrira à Ludwig, qui le sponsorise, pour leur recommander le batteur anglais. Dès le printemps Bonzo est lui aussi sous contrat, ils ont le même matériel.
Bonzo, tant qu’à faire, puisque le matériel est offert, a commandé au fabricant américain son modèle à deux grosses caisses, comme Keith Moon ou Carmine Appice. C’est impressionnant sur les photos, mais Page trouve qu’un son de batterie trop compliqué alourdit le groupe, et puis après tout, la face avant de Led Zeppelin, c’est lui et Plant : Bonzo devra remiser sa seconde grosse caisse. On ne va pas contre les souhaits de Page. N’empêche qu’il s’est équipé de la plus grosse bass drum disponible, une vingt-six pouces (Carmine Appice joue sur deux vingt-deux pouces, et Bonzo disposait auparavant d’une vingt-quatre pouces). Le son définitif de Led Zeppelin naîtra de ces détails.

Et c’est Bonzo et Carmine Appice ensemble, qui demandent que les toms soient dotés de supports autonomes, laissant la grosse caisse sonner seule. Ludwig les écoutera, et reconditionnera toute la partie rock de sa gamme. Bonham obtient aussi que Ludwig tourne et vernisse à son usage unique des baguettes plus épaisses que tout ce qu’on a vu jusqu’ici, trois bons centimètres plus longues que les anciennes, et déclare : « Maintenant, je peux enfin jouer léger. »

Et il se fera livrer désormais, pour chaque tournée, un kit Ludwig flambant neuf, dont un transparent qui aura sa célébrité, et un autre zébré de blanc et de noir dont l’idée lui avait semblé magnifique, mais qu’il n’osera jamais utiliser sur scène, en fera finalement cadeau à un jeune collègue. Il en récompensera aussi ses successifs roadies, l’assistant qui installe et règle le matériel – et gare au type s’il ne prenait pas du matériel un soin dont lui, Bonzo, était bien autrefois incapable. Celles de ces batteries qu’il aura le plus affectionnées, il les garde pour lui : les plus marquantes seront vendues aux enchères par ses héritiers dans les années 90, en particulier celle de cette seconde tournée 1969, à l’ébénisterie de trois couches minces d’érable collées au lieu du laiton pailleté vert qu’il affectionnait, du temps de Kidderminster.

Ils obtiennent ensemble un contrat de la marque Paiste, le fabricant de cymbales : Appice et Bonham cassent beaucoup de cymbales, mais ça aidera le fabricant à proposer des pieds renforcés, enfin différents de ceux du jazz. À Carmine Appice aussi, que Bonham emprunte l’idée du gong : le plus grand modèle de gong, juste en arrière de la batterie, et les effets qu’on peut en tirer avec le maillet de feutre, des orages, des tempêtes. Un gong tel qu’en utilisent les orchestres classiques, dont les percussionnistes jouent debout. Eux, s’ils frappent trop fort, le gong se renverse : ils suggèreront eux-mêmes à Paiste les mesures d’un nouveau support, plus haut et plus stable, établissant désormais derrière Bonham comme une icône, une auréole. Et tant qu’à faire, même s’il ne s’en sert que pour deux morceaux, Bonham passe au gong symphonique de trente-six pouce, qu’il frappe à hauteur d’épaule.

Bonham obtient aussi de Ludwig la mise à disposition d’une timbale symphonique : la batterie sur scène devient un numéro visuel complet, et surtout quand l’assistant passe discrètement sur le gong un chiffon imbibé d’essence auquel Bonzo met le feu : c’est dans ce haut cercle de flammes qu’on conclut les morceaux de gloire.

Leur disque, entré en mars dans les quatre-vingt-dix-neuf premières ventes, y progresse lentement, jusqu’à rejoindre les dix premières places, où il sera relayé en parfaite continuité par le second album. Si Page et Grant ont fait pour la première tournée le pari du « promotionnel » : accepter de perdre de l’argent, ils ont placé le groupe dans un circuit où, désormais, il n’est plus question d’Holliday Inn, ni de ce pauvre camion conduit par un homme seul.

Dès avant le départ de la deuxième tournée américaine, Page a ainsi recruté un assistant qui sera uniquement chargé des amplificateurs et de la sonorisation : Clive Coulson. Une bonne partie de la réputation et des frasques du groupe viendra de ce « tout est permis » concédé à ceux qui les accompagnent, mais qui seront systématiquement attribuée à leurs employeurs eux-mêmes.

On s’équipe d’amplificateurs Marshall : les Fender hérités des Yardbirds sont morts, et les Rickenbacker de la première tournée américaine en prennent le chemin, puisqu’un des rêves de Page est mis en œuvre : jouer plein volume tout le temps. Et Page fait démonter à Coulson les haut-parleurs encore vaillants des Rickenbacker, puis lui demande de les remonter sur les Fender qui peuvent ainsi être revendus d’occasion : pas de petites économies.

Page, pourtant, n’est pas si regardant à la dépense : les premiers concerts de la deuxième tournée, il est équipé de la vieille Telecaster offerte par Jeff Beck. Mais à Los Angeles et San Francisco sont les magasins de musique les plus réputés des Etats-Unis : il préfère ne pas emporter en voyage sa Black Beauty, la Gibson Les Paul des enregistrements de studio, mais il déniche une rare Les Paul Sunburst de 1959, et, dès la Californie, monte sur scène lesté à nouveau d’une Gibson. Il ne reviendra à la Fender (une Stratocaster bleue) qu’en 1979, et encore, pour certains morceaux. Avec la Gibson en bandoulière, c’est une autre pièce du Led Zeppelin définitif qui s’établit. A New York, un ami musicien, Joe Walsh, lui propose une Les Paul de 1958, presque jumelle de la précédente, une rareté : Page l’achète. Page aura plus tard dans sa collection personnelle quatre-vingt cinq guitares, dont une dizaine à l’arrière scène pour les concerts. S’il se procure plus tard d’autres Gibson, d’autres Fender, ou cette Danelectro à manche plat qui aura sa faveur pour les morceaux avec slide, les deux Les Paul disponibles en permanence sur la scène sont la vraie marque du son Led Zeppelin.
L’armature des morceaux est fixe : ce sont des morceaux complexes, difficiles à maîtriser. Des morceaux conçus chacun comme un puzzle, composé d’événements sonores brefs (dans les quelques images des interviews donnés par Page dans sa chambre d’hôtel, cet été-là, on voit systématiquement le magnétophone Sony à micro rectangulaire, posé à la tête de son lit). Une des nouveautés essentielles de Led Zeppelin, à la différence des autres groupes, on n’augmente pas la durée du concert par la prolifération du nombre de morceaux, mais en augmentant la durée et la complexité de ceux qu’on réinterprète et et réinvente sur la scène. Ils inaugurent ainsi un autre concept qui sera leur marque : à l’intérieur d’un morceau lon, par exemple dans As long as I have you ou dans How many more times (plus tard à l’intérieur de Whole Lotta Love), on part dans un medley qui mêle des reprises de John Lee Hooker souvent, un Elvis Presley toujours, un James Brown ou un Muddy Waters : « On a toujours veillé à ce qu’un passage sur scène soit construit avec la même précision qu’un disque ou que l’intérieur d’une chanson », dira John Paul Jones. Et Page : « Jamais un morceau qu’on puisse jouer deux fois de la même façon, c’était notre règle. » En s’affirmant comme groupe d’improvisation, Led Zeppelin inaugure une rupture : chaque soir le medley sera différent, leur permettant à eux-mêmes ce rapport vivant et risqué à la scène.

Qui sont-ils ? Témoignage de Pamela Des Barres, groupie professionnelle, et qui publiera ses mémoires : en 1969, Jimmy Page ne prenait pas de drogue et ne buvait du vin que rarement. Il passe beaucoup de temps dans la salle de bain avant les concerts et s’arrange les cheveux avec un fer à friser (curling machine). En Californie, tout ce que Pamela regarde il le lui offre : si c’est un collier d’argent et turquoise, il choisira toujours le plus grand. Pour lui, il achète des gravures originales d’Escher, et se rend plusieurs fois chez un marchand d’anciens d’Hollywood Boulevard, qu’il a chargé de lui procurer un manuscrit de Crowley dont il avait appris qu’il figurerait à Philadelphie dans une vente.

On commencera à New York par une participation au festival jazz de la vieille New York University, en première partie de Dave Brubeck (même si, deux ans plus tard, on peinerait à imaginer Led Zeppelin dans un festival de jazz : mais c’est à deux pas des bureaux d’Atlantic, l’occasion de recevoir la presse musicale, leur offrir le disque et les convier au concert (n’est-ce pas, Alain Dister !). On rejoint San Francisco pour quatre concerts consécutifs, organisés par Bill Graham, mais maintenant c’est eux le groupe principal (avec Julie Driscoll et Brian Auger pour leur offrir la première partie). La demande de billets au Fillmore est telle que Graham transfère les deux concerts qui restent dans une salle qui lui plus ingrate mais bien plus grande, le Winterland Ballroom. C’est le genre de détail qui circule vite, dans le milieu professionnel : quand on l’apprendra, Peter Grant vendra un bon tiers de concerts en plus de ceux initialement prévus, et montera les prix à mesure, selon la vieille loi de l’offre et e la demande. De la Californie (Irvine, Pasadena), on monte au Canada (Edmonton, Vancouver), on revient à Seattle – mais cette fois sans tempête de neige. On joue pour la première fois à Honolulu, et Cole obtient de Grant qu’on puisse y avoir trois jours de repos : Hawaï sera désormais, pour eux, ce mélange de concert et de récupération.

Puis Detroit, et même une ville qui s’appelle Athens (dans l’Ohio, en ouverture du chanteur Jose Feliciano) : Grant vend, et peu importe l’importance de la ville. Minneapolis ensuite. On a cinq jours de battement avant Chicago, Grant loue pour 12 000 dollars un Lear Jet, parce qu’il a obtenu, moyennant 25 000 dollars, somme largement disproportionné par rapport à leurs cachets habituels, un passage au Santa Clara Pop Festival de San Jose, en Californie – on change progressivement d’échelle. Retour le surlendemain à Chicago, puis Columbia, Boston avec à nouveau trois dates au Tea Party, et bouclage au Fillmore de New York.

Robert Plant : « C’est là, au Fillmore, qu’on s’est aperçu que les gens commençaient à faire attention aux autres membres du groupe, et pas seulement à Jimmy tout seul. Et nous, qu’on laissait nos personnalités venir peut à peu à l’avant… » (To the fore : à la proue, terme en usage dans la marine, ou en équitation.)

On revient en Angleterre en juin, on joue le 13 à Bristol, et enregistrement à la télévision française le 19. Seul Page est déjà venu en France (on a même une version filmée de Dazed and confused avec les Yardbirds). Pas de concert, on ne fera l’Olympia qu’en septembre, avant de revenir à Paris pour une soirée privée à l’école Centrale en décembre : une pleine nuit de musique à Châtenay-Malabry.

 

 

Anticipons, d’ailleurs, parce que cette soirée donne bien le contexte d’époque : Grant, en soutenant que ce n’était pas intéressant pour le groupe de venir pour une seule date, a fait monter le cachet à 13 000 dollars. Cela tient du poker menteur, mais Péchiney, Peugeot, Citroën, la RATP, Dumez, grands consommateurs de Centraliens, sponsorisent. On dormira une seule nuit en France, dans un des tout nouveaux hôtels de l’aéroport d’Orly qui est comme la vitrine internationale du gaullisme finissant. « Ce bal d’un style un peu nouveau, vous n’y trouverez plus comme les années passées le classique orchestre viennois dans son décor non moins classique », dit Jacques Cellier, « président du Comité des fêtes ». De fait, il n’y aura pas de seconde édition… Au programme de ce « Piston 70 », où on ne dit pas « guitariste », mais simplement « soliste », il y aura à 22 heures le groupe Triangle (Papillon, basse, Jean-Pïerre Prévotat, batterie, Petit Yeux, soliste, François Jeannot – sic, flûte, saxes). Led Zeppelin jouera à minuit, et, à 1h30 du matin, viennent les Pretty Things (que Grant produit aussi, et il a dû faire une condition de leur passage). Enfin, à 3 heures du matin, nos idoles, les Variations (Joe Lebb, chant, Marc Tobaly, soliste, Jacques Grande, basse, Jacky Bitton, batterie). Notons que sur la notice distribuée par Peter Grant, et traduite par le comité des fêtes, Jimmy Page s’est rajeuni de trois ans, et que, pour respecter quand même la tradition, pendant qu’on annonce « au sous-sol du bâtiment enseignement, ambiance démentiellement psychédélique avec les meilleurs des groupes anglais et français, créations lumineuses par les élèves de l’école ». Pour ceux qui sont réticents à la révolution pop, un « dîner spectacle » a lieu en parallèle au restaurant universitaire, présenté par Lionel Rocheman, avec l’orchestre tzigane Pierre Salomé, un prestidigitateur (Lebel), le « Reverend Sharkey Congregation », et enfin Bobby Lapointe. Il y a donc forcément un lieu « cattering » (buffet pour les artistes avec fruits, Coca et whisky, loges et maquillage) où notre Bobby Lapointe a certainement été mis en présence des quatre du Zeppelin . Ils ne se sont probablement pas parlé, mais comment ne pas le signaler ? En vouloir toujours à ces gamins de l’Ecole Centrale, qui arrivent à l’âge de la retraire aujourd’hui, de n’avoir rien filmé ni enregistré.

Mais l’objectif de leur premier voyage en France, ce 19 juin, l’émission s’appelle Tous en scène. Et probablement que nous autres, petits provinciaux lestés du dirigeable gris depuis le mois de mars, avons regardé les yeux écarquillés cette émission. Les souvenirs de Led Zeppelin restent cependant, pour moi, liés plutôt à ces émissions radio de la nuit, écoutées sous le traversin pour ne pas réveiller les frangins, l’oreille collée directement sur la grille de plastique du petit poste mobile. En septembre, Led Zep serait au Pop Club de José Arthur et ça j’en ai la mémoire précise – ce son de basse, ce fruit de guitare, ce rauque de la voix, le canon des tambours : nous nous souviendrions pour toujours du premier Led Zeppelin, avec eux s’inaugurait l’âge classique du rock’n roll, et son éphémère grandeur.

La chance, c’est que cette archive de Tous en scène ait réémergé en 1991 (retrouvée et diffusée par la chaîne Canal Plus). Jimmy Page a ensuite obtenu d’en racheter personnellement, en 2002, les bobines. On en a le principal sur le double DVD officiel de 2003 : une équipe caméra à l’épaule suit les musiciens dès la coulisse… « Et le quatrième, il est où le quatrième… » s’écrie un technicien parce que John Paul Jones, une fois de plus, est à l’écart des trois autres. Ils jouent en direct et sans play-back Communication Breakdown, puis l’obligatoire Dazed and confused pour la performance de Page à l’archet et le doublon guitare voix. Et ce sera la première fois que Whole Lotta Love sera joué en Europe. Bonham vient d’avoir ses vingt-et-un ans, Plant les aura dans deux mois, Jones en a vingt-trois et Page vingt-six : mais le public mêlé de l’émission en a bien plus. Des personnes de l’âge qu’on maintenant Page et Plant font la grimace ou se bouchent les oreilles, ou écarquillent les yeux à ces silhouettes dénudées jusqu’au nombril, en jean serré et cheveux aux épaules, n’en retiennent que cette manifeste insolence. Cocasserie, c’est la chorale de l’Armée du salut qui prendra le relais de Zeppelin, une fois qu’ils auront servi d’attraction, et qu’on aura eu l’audace de glisser quelques minutes de rock’n roll en prélude de l’émission : elles sont là en uniforme gris (il s’agit des débuts de la télé couleur), les dames qui ne sourient pas et reste impassible.

Page, Plant et Grant n’en garderont pas un bon souvenir : c’est jouer « comme dans un réfrigérateur », disent-ils, sans aucun retour du public, et ils prendront la décision regrettable de ne plus s’appuyer de la télévision pour la promotion du groupe.

Parce qu’ils ne peuvent voir ce que, nous, nous voyons : les techniciens de la télé, eux, sont fascinés. Alors ils vont au contact, caméra à l’épaule, et si Jimmy Page a pu en 2003 inclure l’archive dans le DVD officiel, c’est bien parce qu’ils sont scotchés aux gestes, aux doigts de Page, au rythme de Jones, à la bouche de Plant.

Mais surtout, plus tôt dans l’après-midi, les Zeppelin on fait que ce que les musiciens disent leur « balance ». A la fois réglage (sommaire, à l’époque), et échauffement, mise en place. Et les techniciens des lumières ou du son, à quelques mètres, s’arrêtent dans les gradins vides et regardent, hypnotisés. Il y a des clowns, dans l’émission, alors on les filme aussi : involontaire collage surréaliste. La télévision à cette époque s’invente, n’a pas son vocabulaire définitif : un cameraman vient sur le plateau par l’arrière, et se colle à Bonzo. Est-ce que l’autre le sait ? Il expédie sa baguette en tournoiements tenus du pouce et de l’index, insère des roulements de toms : Bonham est le maître absolu de la batterie, et ce moment volé de répétition le fixe pour l’éternité. Le savent-ils ?

Peut-être la plus belle statue dressée à l’histoire du rock’n roll, dans son socle, enfermerait un enregistrement d’Elvis, une suite d’images fixes en noir et blanc de Jerry Lee Lewis, Little Richard et Carl Perkins, la valise à billets de Chuck Berry, un sourire perdu de Hendrix, et ces trois minutes trente de batterie, prises par un cameraman français fasciné – et dont personne ne se préoccupera du nom.

Quant à la musique : trois jours plus tard, nouvelle séance à Londres pour Radio One Session, repris dans les BBC Sessions, et le 5 juillet on joue au festival d’Atlanta : deux mois américains en continu jusqu’au 31 août, l’apothéose ?

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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 5 avril 2014
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