variations Poe | pour un dictionnaire Edgar Poe

le vieux rêve d’écrire sur le plus grand ouveur d’univers intérieurs


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de comment et pourquoi ces variations Poe


Je lis Edgar Poe depuis l’école primaire, avec ma découverte par hasard, dans l’armoire vitrée du grand-père maternel, d’une microscopique édition du Scarabée d’or, la petitesse du format ayant contribué à la fascination.

Je lis intégralement les Histoires extraordinaires et les Nouvelles histoires extraordinaires probablement en 5ème et 4ème au collège, probablement plus abasourdi que terrifié, et les ors et verts de la langue y contribuent principalement.

L’été 1980, alors qu’en pleine écriture/réécriture de Sorite d’usine qui paraîtra 2 ans plus tard, je tombe par hasard sur le Pléiade d’Edgar Poe, le lis/relis toute la nuit et 2 jours après m’achète mon propre exemplaire lors d’un passage à Lannion. J’ai toujours cet exemplaire, il ne m’a jamais quitté.

En 1983, je lis avec fascination un livre unique qui vient de paraître, Edgar Poe et l’art d’inventer d’Evelyne Pinto, chez Klincksieck. Je crois pouvoir affirmer que ce livre a bouleversé ma conception de l’invention littéraire, même si son approche principalement psychanalytique m’en rend aujourd’hui la relecture difficile. C’est la période d’autre part où nous avons enfin accès, en France, au travail de Walter Benjamin sur Charles Baudelaire. Je retrouve aussi Edgar Poe chez Julien Gracq et Bachelard.

Je ne me suis jamais éloigné de Poe depuis lors, même si la réflexion sur Baudelaire était infinie, centrale et principale.

L’idée d’écrire sur Edgar Poe ne m’a jamais quitté (« après mes 60 ans », je me disais, mais c’est un livre sur Proust avec Baudelaire dedans qui est venu.

Je suis intimement persuadé que le travail commencé en avril 2010 sur Lovecraft, traduction et compréhension, est la forme qu’a pris – par surprise – ce désir-là. Poe est partout dans Lovecraft, jusqu’au pèlerinage que j’ai moi aussi pu accomplir, à Baltimore, en novembre 2013 (et j’y retourne en novembre 2015, merci Wilda Anderson et Derek Schilling). Cela va sans doute même plus loin : dans le travail de [re-]traduction de Lovecraft, appréhender ce qu’il dit être son usage de la langue du XVIIIe siècle pour créer un effet de distanciation et renforcer le côté implacable de l’illusion, je le trouve probablement en convoquant non pas la langue du XVIIIe (comme ma lecture permanente et récurrente de Saint-Simon m’a énormément aidé à entreprendre ma bio des Stones), mais en traduisant Lovecraft dans le halo ou l’aura des rythmes et nappes de Baudelaire traduisant Poe.

Là, depuis pas mal de semaines, mais pour tout l’été, c’est le chantier Lovecraft qui prend le dessus, notamment avec ce rêve d’un livre qui s’appellerait 1925, une année de H.P. Lovecraft mais sans garantie encore que le Seuil se risque dans un volume qui sera probablement dans un format pas si éloigné de la belle biographie de Barthes publiée par Tiphaine Samoyault chez Fiction & Co.

À Providence, à quelques centaines de mètres d’où nous avons trouvé hébergement, il y cet arbre d’où Poe contemplait la ville, et où Lovecraft s’arrêtait justement parce que Poe s’y arrêtait. Je m’y suis arrêté déjà, mais j’y retourne.

L’univers de Lovecraft est noir, infini, avec des pans d’une infinie dureté. Tout me pousse, avant ces 40 jours à Providence, à entamer dès maintenant une exploration directe de ces contes de Poe, de son art d’inventer, des dizaines de fois raconté oralement à des étudiants.

Aucune idée en me lançant sur ce qu’il en sera du protocole d’écriture. Je sais qu’il y aura de toute façon chaque fois une vidéo-lecture de quelques minutes. On verra bien en marchant...

De toute façon, désormais, j’ai le temps pour un travail sans fin – et surtout s’il est retour à l’origine.

 

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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 juin 2015
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