variations Goldsmith : 5 plongées vidéo dans « L’écriture sans écriture »

le « Uncreative Writing » de Kenneth Goldsmith est devenu un classique, il était urgent qu’on en dispose en version française...



• commander le livre – chez vous en 48h

calendrier des présentations & événements
- mercredi 7 mars, 17h30, université Paris-Cergy (master création littéraire), présentation du Uncreative Writing ;

- jeudi 8 mars, 19h, Paris, Gaîté Lyrique, présentation & performance avec les éditions Jean-Boîte ;

- jeudi 30 mars, 16h, université de Nîmes, intervention au colloque auteurs à l’ère numérique ;

- mercredi 11 avril, 18h, Nantes, librairie Coiffard ;

Ci-dessous, de lundi à vendredi la semaine prochaine, je me suis donné le défi de 5 vidéos sur ce que j’ai appris à traduire ce livre. Les mises en ligne se feront à mesure.

Pour découvrir l’autre versant de Kenneth Goldsmith, porte ouverte pour l’exploration du site géant Ubu Web qu’il a fondé et continue de nourrir et d’animer (hébergé au Mexique pour éviter contraintes droits d’auteur).

Enfin, le site des éditions Jean-Boîte, qui ont mené ce projet et m’ont fait confiance pour la trad (et commande directe possible sur site éditeur.

FB

Ci-dessus : l’art du travail avec Kenneth Goldsmith, photo @ David Desrimais.

 

 

 

 

 

des livres impossibles que le numérique rend possibles


C’est ma pratique de l’atelier d’écriture qui m’a conduit à découvrir, bien avant qu’il devienne un classique, le Uncreative Writing de Kenneth Goldsmith. Poète et performeur en permanence à la frontière des arts visuels, je le connaissais surtout comme fondateur d’un site web historique, archive géante du contemporain tous médias confondus : Ubu Web. Enseignant à la Penn University, Kenneth Goldsmith a inauguré plusieurs séminaires au titre iconoclaste, dont le fameux « Wasting time on the Internet ». Uncreative writing : comment écrire sans écrire, autrement dit quelles formes littéraires inventer dans des conditions de profusion, d’accumulation et saturation du texte encore amplifiées par le contexte numérique ? Mais la force de ce travail qui est avant tout une recontextualisation historique des formes contemporaines du langage dans le contexte numérique, et ma fierté à l’avoir traduit et qu’il soit enfin disponible en version française (avec même un chapitre inédit, rédigé spécialement par Kenny pour cette édition), c’est la reprise d’appui qu’il nous offre : depuis cinq décennies, d’Andy Warhol à Sol Le Witt, les arts visuels ont appris à se réinventer malgré le statut totalement bouleversé de l’image, à la fois technique et sociale. La littérature, elle, a continué comme si de rien n’était. Alors, à suivre à la piste des auteurs dont l’oeuvre naît de la langue comme matière, de Gertrude Stein ou Guy Debord à Vanessa Place ou Christian Bök, se redessine pour la littérature un imaginaire neuf, capable de toutes les stratégies, sampling, réappropriation, détournement, livres à déploiement infini (mais il en existait déjà dans le XVIIIe siècle anglais) ou protocoles les plus surprenants (les livres de Kenneth Goldsmith - comme Day, sa transcription exhaustive dans un livre de 800 pages d’un numéro du New York Times - en témoignent), nous est proposée une incitation paradoxale à une exploration et une invention démultipliées, subversive, généreuse et revigorante. Mais surtout : armée, et critique.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 février 2018
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