où en sont les pionniers du Net


sur l’histoire du Net littéraire


note du 11 mars 2011
Au moment de partir présenter publie.net aux bibliothécaires de Blois et Loir-et-Cher (DLP41), je repasse en Une ce billet, ce sera un bon début de ballade web.

note de septembre 2006
Il y a 10 ans exactement, fin août 1996, équipé d’un modem 11 500 k, je tentais ma première connexion Internet, téléchargeais les Fleurs du mal et prenais contact avec le site Athena pour leur proposer en échange mes fichiers numériques de Rabelais. Quelques mois plus tard, je créais mon premier site perso, équipé de Claris Home Page, le 800ème site wanadoo. Je remets en vitrine cette réflexion de janvier 2005.


Mes souvenirs de première connexion datent de septembre 1996. Un modem à 10 kb, un numéro de connexion obtenu de Compuserve, et une fois connecté, aller vers un serveur (je crois, l’université d’Aix-en-Provence), où on pouvait télécharger Netscape 2. Il fallait quarante minutes environ, après quoi on pouvait naviguer. Courrier électronique ? Personne de mes connaissances n’avait d’adresse, ni ne l’utilisait.

J’avais lu dans Le Monde qu’on pouvait trouver sur Internet les Fleurs du Mal à télécharger. J’utilisais un traitement de texte (Atari 1040) depuis 1988, j’étais passé au Powerbook Apple en 1993. Je me suis rendu à l’adresse indiquée, et quelques minutes plus tard je pouvais utiliser les fonctions recherches de mon traitement de texte à l’intérieur du texte de Baudelaire.

Ne sachant pas me servir du courrier électronique, j’ai envoyé une lettre par voie postale au responsable du site Athena, d’où j’avais téléchargé les Fleurs du Mal, estimant poli de l’en remercier, et lui proposant en échange mes numérisations de Rabelais d’après les fac-simile de l’édition originale, recopie qui m’avait occupé pendant près de deux ans pour édition publiées chez POL, mais la collection venait d’être abandonnée.

J’en parle aujourd’hui, parce que (le très révolutionnaire) Google proclame sa volonté de numérisation massive des fonds patrimoniaux, la France via président de la République ou ministre de la Culture en parle tout d’un coup comme s’ils s’étaient préoccupés à un moment quelconque de nous soutenir, dans ces jours du tout début de l’Internet et qu’il s’agissait d’une véritable chaîne humaine, d’un travail de fourmis du clavier : travail que nous n’avons jamais cessé, sans jamais d’aide ni subsides.

Ainsi, cette première nuit de connexion via mon modem et le numéro Compuserve (il n’y avait pas de Wanadoo ni de Free, je l’ai passée (entièrement je crois, mais j’aurai sur le réseau bien d’autres navigations qui ne finiraient qu’à l’aube) à explorer les ressources proprement littéraires.
Ainsi, le projet Gütenberg de Chicago était déjà lancé, mais supposait un abonnement qui le confinait aux institutions ou aux chercheurs relevant d’une bibliothèque ou d’un organisme. Ainsi, en France même, de Frantext, et ses fonds déjà largement constitués (incluant Gracq ou Saint-John Perse). Mais dans l’esprit de partage et de disponibilité d’Internet, les ressources étaient bien plus maigres.

Pierre Perroud, le fondateur d’Athena, était (est toujours) minéralogiste à l’université de Genève. Il avait mis en place une base minéralogique en libre accès sur Internet, sa passion de Baudelaire l’avait incité à transcrire les Fleurs du Mal et les proposer. Il a continué, comme nous faisions tous, sans scanners (il n’aurait pas été concevable d’en disposer un à titre privé), mais en recopiant. Quand nous avons eu installé les Rabelais, je me suis mis aux Poèmes en prose de Baudelaire (recopie intégrale, 25 minutes par jour pendant un mois et demi, d’après fac-simile édition originale), puis à Une Saison en enfer et aux Illuminations de Rimbaud : combien étions-nous, quelques dizaines tout autour du monde, à estimer que la disponibilité sur Internet de ce patrimoine en langue française était vitale et justifiait nos minutes de copie ? Enfin, au terme de cette première année, aux Chants de Maldoror de Lautréamont. Et, en même temps qu’on installait sur Athena notre Maldoror, nous découvrions qu’un universitaire de Montreal avait fait la même chose, au même moment, Michel Pierssens venait de créer son site Maldoror. Du travail pour rien ? Non, puisque en recopiant on pense, on découvre au ralenti les harmoniques du texte, les systèmes de jeux et de pastiche, les fractures. Les sites sur Balzac, Flaubert ou Mallarmé que nous connaissons aujourd’hui ne viendraient que bien plus tard.

Mais nous comprenions que notre travail artisanal avait ses limites. Pierre Perroud continue de tenir à jour un répertoire des ressources propres à Athena (2000 textes au bout de trois ans) qui surgit toujours au premier rang des algorithmes Google, et des liens vers les autres textes accessibles. Nous maintenions à l’intérieur des textes de discrets cryptages, un mot mis à la place d’un autre à tel endroit, qui permettait d’identifier à coup sûr les pirates et les recopies, puisque notre idée était de développer ces textes, les corriger, y veiller.

L’autre chaîne était liée au Conservatoire des arts et métiers, ABU : l’Association des bibliothécaires universels. Même principe de volontaires qui recopiaient puis mettaient leur fichier en partage. A l’ABU sous une forme plus fruste, texte seul zippé sans version html. Mais travail considérable.

Et puis, mais seulement à ce moment-là, 1998, les grandes institutions ont enfin fait irruption sur Internet, sans se presser. La bibliothèque nationale a lancé Gallica, et notre système de recopie individuelle n’avait plus sens. Il reste qu’aujourd’hui encore, sur ce cœur de langue que sont, pour la langue française, les répertoires cumulés d’Athena et ABU, les fichiers mis en ligne à l’époque sont encore les fichiers de référence pour le téléchargement.

Dans cette première nuit d’Internet, en 1996, j’avais trouvé ClicNet, le répertoire de littérature française en ligne de l’université de Swarthmore, aux USA. Il n’a guère changé, mais c’était le répertoire de liens principal.Et puis Hubert de Phalèse, dont je n’aurais pas deviné qu’il s’agissait d’un collectif, avec sa « chronologie littéraire ». On faisait le tour de l’Internet littéraire de langue française en moins de 3 heures.

J’ai donc installé la première version de mes pages personnelles à l’automne 1997, envie d’expérimenter, dépit de constater l’absence de tout repère en littérature contemporaine - et merci à Philippe de Jonckheere (voir ses contributions ci-dessous dans le forum) d’avoir retrouvé cette version déjà tardive de 2001, d’un intérêt archéologique certain ! J’ai mis en ligne un CV avec bibliographie, un répertoire de liens, et j’ai pioché dans mes archives différents articles rédigés sur les copains : Pierre Bergounioux, Didier Daeninckx, Jean-Paul Goux. Dans mes premières pages aussi, une ballade réseau devenue page liens, régulièrement tenue à jour mais avec quelques adresses qui n’en ont jamais bougé, si on cherche à rejoindre Edgar Poe, Raymond Carver ou William Faulkner.

Ce mois de septembre 1997, c’étaient les premières ressources en ligne, bien modestes je l’accorde, concernant la littérature française contemporaine. Déjà, mon carnet d’adresse mail devait comporter une dizaine d’adresses : principalement celles de notre petite tribu d’activistes du virtuel. J’étais le 800ème site répertorié en France par Wanadoo, et ils m’ont même offert une sorte de récompense, choisi comme « site du mois » : dès lors ces pages personnelles seraient répertoriées dans les moteurs de recherche de l’avant Google, et surtout le moteur interne de Yahoo, qui dominait avec Altavista. Dans la même saison sont venus Christine Genin et son Labyrinthe, notices bio-bibliographiques rédigées pour la BNF, mais qui se refusait à les éditer sur son site.
Dans cette période où les mises en ligne individuelles étaient le visage même d’Internet, lui constituant son corps à chaque page supplémentaire, surgissaient les mystères : qui se cachait (se cache encore) derrière l’Almasty, l’antre littéraire, où on peut trouver La Mer de Michelet et qui est ce Trismégiste qui nous a fourni le miracle d’un Montaigne complet en version html : et quel bonheur de se promener dans un Montaigne en traitement de texte. On ne trouvera rien à brouillon, et de vrais petits pages au mot page, mais qu’on entre cahier, et c’est tout le rapport de Montaigne à l’écriture manuscrite qui surgit imprévu.

Ensuite, fin des "pages perso" à cause de leur prolifération même. Passer au nom de domaine, comme maulpoix.net ou novarina.com : mais bon.com ou bon.net c’est pas terrible, bon.fr ç’aurait été génial mais je n’y avais pas droit, un auteur n’étant pas une entreprise. Je revenais de ce colloque à Philadelphie où un universitaire à fort accent avait demandé en ouverture : "La littérature française remue-t-elle encore ?" Et il y avait La nuit remue de Michaux... J’ai acheté le domaine remue.net et comme des amis très tôt m’ont rejoint (Ronald Klapka, Philippe Rahmy, Jean-Marie Barnaud), la structure associative s’est vite imposée...

Dans les grandes manœuvres qui s’annoncent, et cette idée d’une disponibilité globale des textes, ce travail de germe que nous avons mené à quelques-uns peut paraître dérisoire, ou du moins caduc.

Mais dans la profusion même d’Internet, qu’on suive les pistes d’importance, comme Baudelaire ou Rimbaud, et on verra que les sites ne sont pas légion. Qu’il ne suffit pas de rendre le texte disponible, mais d’organiser sa lisibilité, ses arborescences. C’est moi-même qui ai choisi, dans mes pages Baudelaire, d’installer les Conseils à un jeune littérateur ou l’article de Marcel Proust. Côté Proust, le « dossier pédagogique » de la BNF est un appui nécessaire à la libre-disposition des textes. Je pratique le texte numérique pour des recherches d’occurrences, des sondages thématiques, et à ce titre je ne me considère pas agissant illégalement lorsque je consulte mes textes numériques du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier ou d’Alcools d’Apollinaire, pourtant protégés jusqu’en 2034 pour leurs faits de guerre. Mais je n’aurais pas l’idée d’installer sur mes pages le Montaigne que j’ai affiné pour mon propre usage, puisque je l’ai emprunté d’un autre.

Me fascine, dans ces huit ans d’Internet, le fait qu’à aucun moment nous n’avons pu rendre l’évolution du Net prédictible. L’effervescence intellectuelle qu’on y éprouve tient sans doute en bonne part à cette imprédictibilité même. L’apparition des sites d’éditeurs, puis ceux de libraires, qui auraient pu rendre caduc un site d’auteur comme le mien, se sont stabilisés - hors exceptions - dans une fonction Internet de service minimum, même si en ce moment le dépli contraire semble se réamorcer (voir Sauramps ou Ombres Blanches dans ma page liens). Prolifération de sites personnels d’auteur, y compris l’admirable Michel Butor, puis leur repli (les sites défunts de Tanguy Viel ou Joris Lacoste, dont on retrouve les textes sur Inventaire/Invention ou chaoid.com).

L’irruption timide de la presse littéraire sur le Net (voir la façon dont s’y prend la Quinzaine Littéraire, ou les archives très minimales du Magazine Littéraire), et parfois son dégagement. La première liste d’info que nous avons montée avec les amis fondateurs de remue.net c’était 60 personnes et cela nous semblait déjà beaucoup : on en est à plus de 1200. Mais l’actualité littéraire au jour le jour, et la lettre hebdo, on laissait cela au Matricule des Anges, sauf que le Matricule papier ne se vendait plus : on a hérité à remue.net, sans l’avoir cherché, de la mise en sourdine provisoire de ce site d’actualité et critique, en même temps qu’Inventaire/Invention, que Patrick Cahuzac rejoignait remue.net en inventant ce concept de la revue en ligne à renouvellement permanent, et inaugurant un modèle de Net professionnalisé (puisque créant des emplois salariés) là où nous-mêmes choisissions de persévérer dans la contribution bénévole.

Depuis un an, nouvelle phase, la prolifération des blogs, avec ce bruit de fond de conversations devenues quasi personnelles, fait que dans l’immensité de circulation offerte par le Net on se contente le plus souvent d’un petit tour du pâté de maison virtuel. Mais symétriquement l’émergence de communautés (le site Maurice Blanchot ou l’association Perec) dont aucune ne coïncide quant à ses participants. La prolifération des blogs à nouveau crée leur invisibilité, et nous ne savons pas la forme neuve qui pourra en émerger, sauf qu’une nouvelle onde de concentration est forcément à prévoir : les "anneaux" qui vers 1998/1999 étaient une des formes privilégiées de la circulation entre sites ressuscitent en devenant le modèle de structuration des blogs par affinités croisées, chacun affichant une dizaine de liens qui ne se recoupent jamais totalement.

On attend l’irruption de ces continents de textes nouvellement numérisés annoncés par la BNF. On les attend d’autant plus que la numérisation en mode image de Gallica nous a déjà livrés des trésors (les corrections autographes ou la ponctuation de Racine...). Mais le travail de guide et d’orientation restera fondamental. Essayez de trouver un site rapidement via le portail culture.fr du ministère de la culture, vous aurez bien de la chance.

On peut trouver dans Internet une aiguille dans une meule de foin, c’est ce qui rend l’outil si fascinant : encore faut-il savoir quelle aiguille on a besoin de trouver, et c’est ça le mystère de la littérature, de la suggestion, de la découverte en lecture.

L’envie d’explorer demeure : au bout de 4 ans à travailler en équipage dans remue.net, un certain plaisir à reprendre la barre d’un petit dériveur de régate en solo, retrouver le goût de la vague, et que ce qu’on met en ligne interfère directement avec l’écriture et le temps personnels, quand remue.net avait pris une dimension collective qui ne le permettait plus, du moins de cette façon.

On continuera donc ici à explorer, Internet conçu comme la visite de l’atelier du peintre, ou bien la différence qu’il y a entre un violon tel que l’utilise le violoniste et l’atelier du luthier, avec les moules et les formes, la colle et son odeur, le morceau de bois brut.

Alors qu’il est de plus en plus clair que les sites Internet de création ne parasitent pas l’atelier principal, celui du livre (mais le travail du livre, dans toutes ses étapes, y compris la part la plus personnelle d’écriture, interférant avec l’outil informatique), alors qu’on a plus que jamais besoin de faire circuler les informations ou réflexions qui concernent notre pratique, moi finalement ce qui me surprendrait le plus, après 8 ans d’Internet et maintenant que l’e-mail s’est généralisé, que les outils techniques se sont simplifiés (comme ce spip sur lequel j’écris ici), pourquoi aussi peu d’auteurs se soient lancés dans un site personnel qui paraîtrait presque comme une politesse : documentation, archives, dialogue, pourquoi aussi peu d’auteurs dans ceux qui me sont les plus proches se sont jamais sentis l’envie de mettre simplement la main à la pâte...





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écrit ou proposé par : _ François Bon

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1ère mise en ligne 15 janvier 2005 et dernière modification le 25 mars 2011.
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Messages

  • La préparation du Colloque de Cerisy provoque une bien féconde effervescence. Entre Berlol et vous, les humbles pratiquants ont provende à profusion.
    J’ai vécu trois temps dans cette aventure de la Toile :
    • le premier en mai 1996, à l’Inep de Marly-le-Roi quand quelques-uns croyaient encore en l’Éducation populaire : sur l’écran, soudain, des poèmes, un ou deux livres (c’est vrai, les Fleurs du mal) et un message avec un gars qui quelque part aux USA résidait (!) dans un couloir de la mort !
    • le second en 1999, en découvrant un "remue.net" et son espace de "travail" : je commençai à m’aventurer et en 2000 avec FreeWay et mon Mac, je construisais un petit site
    • le troisième en 2002 en m’abonnant à Litor, en découvrant les blogues avec Berlol/Rebollar et une certaine "Aurora" - j’étais en quête d’un site sur René Char, elle le citait dans ses activités de "BDSM" (?) -
    Je n’ai pas vécu avec aisance l’élargissement de "remue.net", devenu pour moi une grosse machine liittéraire. Je fus quasi allégé quand j’ai vu émerger le "Tiers-livre" qui renoue avec cette individuation (!) de la parole de l’auteur(e) écrivain écrivant.
    Je rêve toujours de mon phalanstère de très proches et de proches ; mais dieux, qu’ils mettent du temps, à s’approprier les outils !
    Dans l’attente, c’est fort gratifiant de se savoir "relié", admis, reconnu par certain(e)s.
    C’est le quatrième temps de la gavotte sur Toile !
    Mais "remue-net" et sa webcam du début de siècle demeure le grand coup de cœur de l’Internet littéraire.

    Jacques ANDRÉ

    Post-scriptum :
    Pour l’évolution de mon blogue, je pense à Spip, question d’autonomie. J’ai failli m’outiller avec les compagnons de Linux-Nantes. Un certain François Bon sera donc toujours en avance de quelques foulées ( de géant !). Pour les Mac, paraît-il que DotClear serait une bonne boite à outils !
    ...Quand l’ai lu le titre de votre chronique, ça donnait : "La main à la pâte : où en sont les plombiers du Net"....

    • merci pour votre contribution, qui ouvre le débat

      la magie d’Internet tient sans doute à ce fonctionnement collectif qui s’y inaugure, avec une figure d’échange et de partage qui n’a jamais été celle des revues - depuis le tout début, pour moi, Internet c’est des relations avec des tas de gens que je ne découvrais que par la toile, et avec lesquels il y a toujours eu échange de tuyaux

      spip, je ne m’y serais pas risque sans Julien Kirch et Philippe de Jonckheere, qui ont programmé les rubriques de remue.net - lequel remue.net n’est en rien une "grosse machine", mais plutôt le moyen de partager, à 5, à 10, à 15, une diversité d’intérêts, de lectures sur une base commune solide

      et tierslivre.net, je ne nie pas que pour l’expérimentation on puisse avoir goût à naviguer en solitaire ou en équipe, du reste plusieurs autres membres de l’équipe remue.net s’impliquent dans un site perso, mais après 4 ans où le html passait forcément par le même opérateur, ça devenait lourd, chaque fois qu’on allume sa machine, de se dire : "ah j’ai ça en retard, ça en retard, ça en retard..."

      question pour moi de plus en plus essentielle : des textes, c’est-à-dire l’usage même de l’écriture, viennent et n’ont comme destination que l’Internet - d’autre part, même dans le travail du livre ou du carnet, l’Internet, les logiciels hypertexte genre Dreamweaver, interviennent autant que le traitement de texte, de même que l’usage de la documentation et des archives, des dictionnaires, la page d’écriture, auparavant séparée dans le temps de la consulation et de l’usage du Net, devient elle-même hypertexte et connectée dans le temps même du travail

      il faudrait aussi démêler, au profond de soi, le goût certain purement axé sur les machines

      au fait, cher Jacques André, adresse actuelle de votre blog ?

    • Prolongeant "la page d’écriture...elle-même hypertexte et connectée dans le temps même du travail", cette réflexion de Barthes dans un entretien avec Maurice Nadaud en février 1973 :

      « Imaginer une utopie où les textes écrits dans la jouissance pourraient circuler en dehors de toute instance mercantile...ce serait la circulation du désir d’écrire, de la jouissance d’écrire et de la jouissance de lire qui assurerait l’enchaînement sans rejoindre le divorce entre lecture et écriture.... parce qu’à partir de ce moment tous les problèmes de lisibilité disparaîtraient : on lirait un texte illisible, mais on le lirait dans le moment de son écriture, et à ce moment-là, on le comprendrait très bien. »

      le blogue :
      http://grapheus/hautetfort.com

      Le site :
      http://perso.wanadoo.fr/dachlmat/

      post-scriptum :

      Vous n’avez sans doute pas oublié Breton et les galets du Lot : c’était avant l’inique braderie.
      Cherchant l’entretien de Barthes/Nadaud, j’ai retrouvé une photo de Cartier-Bresson, montrant Breton "cueillant" ses agates sur les bords du Lot. À l’époque, vous m’aviez demandé des références concernant ces "galets". J’avais souvenance de cette image, mais où était-elle archivée ? Je l’ai retrouvée cet après-midi comme un œuf de pâques apporté par les cloches surréalistes...J’ai un peu de retard. Mais si ça vous intéresse encore... Elle fut publiée dans le Nouvel Obs vers 1970.

      Beaux jours printaniers à vous !

    • François

      La version des casiers de remue.net avait été déterrée dans le site archive.org dans lequel pour le plaisir tu devrais aller regarder certains des sites dont tu parles dans cette chronique. Je viens de le faire, cela permet de mesurer le chemin parcourru par tous, même les premières pages de Yahoo finiraient par me rendre tout chose, de les revoir comme cela. Madeleines électroniques et mémoire involontaire au rendez-vous.

      Pour ce qui est des sites traitant de photographies, en 1995, c’était pareil, souvent il n’y avait que la page d’accueil peuplée de petits fichiers .gif animés promettant des développements futurs qui ne virent pas tous le jour, loin s’en faut.

      D’accord avec toi pour dire que le visage de l’internet des six prochains mois est imprévisible. JCB dans un des derniers jours de son journal se réjouissait que nous n’étions qu’au début de cette aventure et de se demander ce que les plus talentueux parmi nous créeraient de nouvelles formes, il n’a pas tort de rappeler qu’effectivement, nous en sommes encore qu’à l’état de brouillon. D’un brouillon collectif en fait.

      Effectivement, ils ne sont pas légion les auteurs qui ont compris comme toi, ou Michel Butor, tout le potentiel d’ouvrir un peu les portes de l’atelier. En cela je rejoins l’opinion de mon ami Alain François du Portillon qui dit d’internet que c’est l’éléphant dans le couloir que personne ne semble voir.

      Imagine un peu la scène, Guthenberg vient de tirer son premier irmprimé, sa journée de travail achevée, il referme les portes de son atelier, traverse la rue et va boire une bière à la taverne d’en face, où il retrouve les habitués auxquels il explique qu’il vient de faire une découverte qui va à jamais changer le monde : les consommateurs de longue date de croire qu’il a déjà bu avant de venir à la taverne. Il n’est somme toute pas exclu qu’internet joue un rôle plus immense encore dans l’histoire de l’homme. C’est à la fois un ravissement de se dire que nous en sommes et un désespoir de sentir l’incrédulité alentour. La cécité à ne pas voir l’éléphant dans le couloir.

      Voir en ligne : Archives

    • oui, sur archive.org j’ai retrouvé une version de http://perso.wanadoo.fr/f.bon/ de septembre 98...

      et le site "minimal" de Butor a toujours fait mon admiration

      il y a des tas de questions annexes à examiner : par exemple la simplicité technique que c’était dans nos premiers temps avec Claris Home Page alors que maintenant en php j’utilise un outil sans le maîtriser

      et en quoi c’est susceptible de modifier l’écriture, par le seul fait que notre rapport au réel est considérablement déplacé

    • Je viens de redécouvrir la page d´ouverture de mon site d´autres espaces du 27 mars 2002 avec la Galaxy Apple http://web.archive.org/web/20020405074357/http://people.freenet.de/autres-espaces/, et quelques autres versions de 2003... Merci Philippe pour cette adresse que j´avais perdue.

      Je trouve très juste le lien que fait Jacques André avec la citation de Barthes :
      « Imaginer une utopie où les textes écrits dans la jouissance pourraient circuler en dehors de toute instance mercantile
      Personnellement j´ai toujours été assez fainéant pour ce qui est la recherche d´éditeurs. Faire un manuscrit papier, écrire une belle lettre pour justifier un minimum sa démarche, attendre des mois une réponse qui parfois ne vient pas, et si l´on est publié toute l´image de l´auteur qui après cela se fabrique, toute la politique culturelle ainsi cautionnée. Publié ici et là sur papier, surtout en revue, je me sens finalement assez heureux de ne pas avoir de renommée d´auteur, d´adéquation avec le service après-vente d´un éditeur, même si cela peut changer un jour, parce qu´on est jamais maître de tout ce qu´on engage en agissant dans la sphère publique. Je vois dans la mise en ligne de mes textes sur mon site ou ailleurs une démarche autant poétique que politique, enfin une manière de tenir la liberté d´écrire ensemble avec l´acte de rendre publique. Je pense à Char qui rédigeait des tracts ou « placards » qu´il allait coller sur les murs de l´Isle sur la Sorgue, pour moi c´est cela internet, une forme de rue virtuelle, sans photo ni marketing de l´auteur, juste la parole brute, l´acte d´écrire comme celui de donner à tous sans intermédiaire lorsqu´écrire est vraiment en son coeur une action et pas un mode d´autosatisfaction, de justification d´être sur terre. Si écrire est une activité qui nous dépasse en tant qu´individu et nous engage dans un univers plus vaste que nous-même, alors il a très certainement trouvé un espace privilégié avec internet, je suis d´accord avec Philippe.

      Pour moi ce qui est sûr aussi c´est que le fait de m´exposer et exposer d´autres auteurs a été un moyen de sortir d´un isolement géographique (Allemagne) et personnel (quasiment pas de contacts avec d´autres écrivains), de manière souple et libre, sans passer par telles ou telles chapelles, des individualités donc plus que des groupes.

      En ce qui concerne D´autres espaces : premières mises en lignes vers décembre 1999, encouragements de FB, de Pierre Campion et de Serge Bonnery qui ont compté, puis relais via la revue des ressources et remue.net. La revue pousse anarchiquement pendant trois ans jusqu´à la vente Breton, puis épuisement technique, recherche d´encore un peu plus de facilité peut-être avec le blog depuis quelques mois : http://autresespaces.blogspot.com/

      Jacques André, je serais aussi curieux de découvrir la photo de Breton...

    • Et pourquoi ne pas écrire directement dans le logiciel de fabrication des pages html ? Ou écrire en html (c’est d’ailleurs ainsi que les pages du bloc-notes sont écrites, dans des fichiers de bloc-notes &#151 le programme &#151 et en incorporant les liens hypertextes et parfois les javascripts associés.) ? Ou en construisant directement le chaînage entre les pages à l’aide d’un wiki ? Dans SPIP tout aussi directement ?

      Lorsque tu parles de complexité plus grande, tu inclus dans ton raisonnement que dans Claris tu as développé des habitudes de travail. SPIP permet entre autres choses, s’agissant de ce que nous lisons de cette page par exemple, de débattre, d’apporter des compléments d’information, de questionner. Gageons que la maîtrise technique du php viendra en son heure, comme celle de Claris, qui te paraît simple aujourd’hui, a été sans doute précédée d’une période d’apprentissage parfois déconcertante, que tu as peut-être oubliée.

      Ce que cela modifie ? la disparition progressive du récit linéaire peut-être.

      Et tant qu’à réfléchir tout haut, une idée qui me vient à l’esprit, avec deux iframes côte à côte.

      Tu notes au passage que l’iframe qui contient le bloc-notes pointe vers la page index.htm qui elle est amenée à changer avec les mises à jour à venir, tout comme cette page est amenée à s’allonger avec les contributions futures de même que son iframe contient en son sein une mise en abyme d’elle-même (bon ben j’ai drôlement intérêt à vérifier la tête que tout cela va finir par avoir avant de cliquer sur le bouton d’envoi définitif.

      PDJ

    • Et pourquoi ne pas écrire directement dans le logiciel de fabrication des pages html ? Ou écrire en html (c’est d’ailleurs ainsi que les pages du bloc-notes sont écrites, dans des fichiers de bloc-notes — le programme — et en incorporant les liens hypertextes et parfois les javascripts associés.) ? Ou en construisant directement le chaînage entre les pages à l’aide d’un wiki ? Dans SPIP tout aussi directement ?

      Lorsque tu parles de complexité plus grande, tu inclus dans ton raisonnement que dans Claris tu as développé des habitudes de travail. SPIP permet entre autres choses, s’agissant de ce que nous lisons de cette page par exemple, de débattre, d’apporter des compléments d’information, de questionner. Gageons que la maîtrise technique du php viendra en son heure, comme celle de Claris, qui te paraît simple aujourd’hui, a été sans doute précédée d’une période d’apprentissage parfois déconcertante, que tu as peut-être oubliée.

      Ce que cela modifie ? la disparition progressive du récit linéaire peut-être.

      Et tant qu’à réfléchir tout haut, une idée qui me vient à l’esprit, avec deux iframes côte à côte.
      (entre <>)
      iframe src="http://www.tierslivre.net/spip/article.php3 ?id_article=69" width="400" height="450" frameborder="1" scrolling="yes" -
      /iframe

      plus (entre <> aussi)

      iframe src="http://www.desordre.net/bloc/index.htm" width="400" height="450" frameborder="1" scrolling="yes"
      /iframe

      Tu notes au passage que l’iframe qui contient le bloc-notes pointe vers la page index.htm qui elle est amenée à changer avec les mises à jour à venir, tout comme cette page est amenée à s’allonger avec les contributions futures de même que son iframe contient en son sein une mise en abyme d’elle-même (bon ben j’ai drôlement intérêt à vérifier la tête que tout cela va finir par avoir avant de cliquer sur le bouton d’envoi définitif.

      PDJ

    • Phil,

      j’ai testé ton idée, mais dans le message précédent je l’ai désactivée parce que ça coinçait Firefox complètement ! emboîtement dans les scripts forum fragiles, je suppose)

      il m’est arrivé de me servir de Dreamweaver comme d’un traitement de texte, mais on bute vite sur la lourdeur de l’hypertexte

      c’est plutôt dans le genre d’affichage qu’explore Inventaire/Invention de Patrick Cahuzac qu’on doit pouvoir innover...

      mais sur le fondamental, le fait que la page écran de l’ordi portable (je ne me sers jamais de l’ordi de bureau pour l’écriture en cours) devienne une surface totalement sensible, avec un DVD dans une lucarne (si je suis dans mon bouquin sur Led Zep en cours), le bloc-notes dans un autre coin de l’écran (mais je préfère que le disque dur soit le "serveur", pas possible encore de dépendre connexion, comme pour le wiki, quand on aime relire son boulot dans le train ou les bistrots), le navigateur évidemment tjs présent parce que sur un mot, un lieu, un nom propre, on aura le réflexe Internet AVANT celui du dictionnaire, ou bien parce que les dicos aussi désormais on les consulte en ligne, y compris avec abonnements comme pour les archives Monde/Libé, voilà qui démultiplie l’espace principal du travail

      (il faut aussi ajouter iTunes, et que la musique que nous sommes si nombreux à associer au temps du travail soit aussi gérée directement depuis l’écran, même si c’est pour sortir par les baffles devant le bureau, ou sur le casque qui accompagne toujours l’ordi, quand bien même on est plutôt dans Coltrane comme toi, ou dans les inédits et live de John Fahey comme moi ce matin !)

      on s’est longtemps étonné du fait que le traitement de texte, notre logiciel principal, a été celui qui a le moins évolué : tout simplement parce que son évolution est exogène, c’est la page écran qui a évolué, et non la dactylographie / mise en page

      il y a sans doute, côté écriture, un passage à l’épreuve par le dépouillé, le simple, le linéaire, où le "prononcé" de la phrase reste l’essentiel

      par exemple encore, je ne me suis jamais doté de Photoshop, le petit utilitaire Graphic Converter me suffisant largement, alors que depuis 4 mois j’explore un logiciel son (Live d’ableton.com) qui interfère au centre de mon travail puisqu’il me permet d’enregistrer, modifier, monter la voix - et qu’il me semble avoir d’autant plus besoin de ce rapport à la voix que l’écran dématérialise la lettre...

      bonne journée, puisque sans doute tu bosses...

    • Je viens de redécouvrir la page d´ouverture de mon site d´autres espaces du 27 mars 2002 avec la Galaxy Apple http://web.archive.org/web/20020405074357/http://people.freenet.de/autres-espaces/, et quelques autres versions de 2003... Merci Philippe pour cette adresse que j´avais perdue.

      Je trouve très juste le lien que fait Jacques André avec la citation de Barthes :
      « Imaginer une utopie où les textes écrits dans la jouissance pourraient circuler en dehors de toute instance mercantile ».
      Personnellement j´ai toujours été assez fainéant pour ce qui est la recherche d´éditeurs. Faire un manuscrit papier, écrire une belle lettre pour justifier un minimum sa démarche, attendre des mois une réponse qui parfois ne vient pas, et si l´on est publié toute l´image de l´auteur qui après cela se fabrique, toute la politique culturelle ainsi cautionnée. Publié ici et là sur papier, surtout en revue, je me sens finalement assez heureux de ne pas avoir de reconnaissance d´auteur, d´adéquation avec le service après-vente d´un éditeur, même si cela peut changer un jour, parce qu´on n´est jamais maître de tout ce qu´on engage en agissant dans la sphère publique. Je vois dans la mise en ligne de mes textes sur mon site ou ailleurs une démarche autant poétique que politique, enfin une manière de tenir la liberté d´écrire ensemble avec l´acte de rendre public. Je pense à Char qui rédigeait des tracts ou « placards » qu´il allait coller sur les murs de l´Isle sur la Sorgue, pour moi c´est cela internet, une forme de rue virtuelle, sans photo ni marketing de l´auteur, juste la parole brute, l´acte d´écrire comme celui de donner à tous sans intermédiaire lorsqu´écrire est vraiment en son coeur une action et pas un mode d´autosatisfaction, de justification d´être sur terre. Si écrire est une activité qui nous dépasse en tant qu´individu et nous engage dans un univers plus vaste que nous-même, alors elle a très certainement trouvé un espace privilégié avec internet, je suis d´accord avec Philippe.

      Pour moi ce qui est sûr aussi c´est que le fait de m´exposer et exposer d´autres auteurs a été un moyen de sortir d´un isolement géographique (Allemagne) et personnel (quasiment pas de contacts avec d´autres écrivains), de manière souple et libre, sans passer par telles ou telles chapelles, des individualités donc plus que des groupes.

      En ce qui concerne D´autres espaces : premières mises en lignes vers décembre 1999, encouragements de FB, de Pierre Campion et de Serge Bonnery qui ont compté, puis relais via la revue des ressources. La revue pousse anarchiquement pendant trois ans jusqu´à la vente Breton, puis épuisement technique, recherche d´encore un peu plus de facilité peut-être avec le blog depuis quelques mois : http://autresespaces.blogspot.com/

      Jacques André, je serais aussi curieux de découvrir la photo de Breton...

      Voir en ligne : D´autres espaces

  • Et pourquoi ne pas écrire directement dans le logiciel de fabrication des pages html ? Ou écrire en html (c’est d’ailleurs ainsi que les pages du bloc-notes de desordre.net sont écrites, dans des fichiers de bloc-notes — le programme — et en incorporant les liens hypertextes et parfois les javascripts associés.) ? Ou en construisant directement le chaînage entre les pages à l’aide d’un wiki ? Dans SPIP tout aussi directement ?

    Lorsque tu parles de complexité plus grande, tu inclus dans ton raisonnement que dans Claris tu as développé des habitudes de travail. SPIP permet entre autres choses, s’agissant de ce que nous lisons de cette page par exemple, de débattre, d’apporter des compléments d’information, de questionner. Gageons que la maîtrise technique du php viendra en son heure, comme celle de Claris, qui te paraît simple aujourd’hui, a été sans doute précédée d’une période d’apprentissage parfois déconcertante, que tu as peut-être oubliée.

    Ce que cela modifie ? la disparition progressive du récit linéaire peut-être.

    Et tant qu’à réfléchir tout haut, une idée qui me vient à l’esprit, avec deux iframes côte à côte.

    (entre < >)
    iframe src="http://www.tierslivre.net/spip/article.php3 ?id_article=69" width="400" height="450" frameborder="1" scrolling="yes"

    /iframe

    iframe src="http://www.desordre.net/bloc/index.htm" width="400" height="450" frameborder="1" scrolling="yes"

    /iframe>

    Tu notes au passage que l’iframe qui contient le bloc-notes pointe vers la page index.htm qui elle est amenée à changer avec les mises à jour à venir, tout comme cette page est amenée à s’allonger avec les contributions futures de même que son iframe contient en son sein une mise en abyme d’elle-même (bon ben j’ai drôlement intérêt à vérifier la tête que tout cela va finir par avoir avant de cliquer sur le bouton d’envoi définitif.

    PDJ

    • Phil,

      j’ai testé ton idée, mais dans le message précédent je l’ai désactivée parce que ça coinçait Firefox complètement ! emboîtement dans les scripts forum fragiles, je suppose)

      il m’est arrivé de me servir de Dreamweaver comme d’un traitement de texte, mais on bute vite sur la lourdeur de l’hypertexte

      c’est plutôt dans le genre d’affichage qu’explore Inventaire/Invention de Patrick Cahuzac qu’on doit pouvoir innover...

      mais sur le fondamental, le fait que la page écran de l’ordi portable (je ne me sers jamais de l’ordi de bureau pour l’écriture en cours) devienne une surface totalement sensible, avec un DVD dans une lucarne (si je suis dans mon bouquin sur Led Zep en cours), le bloc-notes dans un autre coin de l’écran (mais je préfère que le disque dur soit le "serveur", pas possible encore de dépendre connexion, comme pour le wiki, quand on aime relire son boulot dans le train ou les bistrots), le navigateur évidemment tjs présent parce que sur un mot, un lieu, un nom propre, on aura le réflexe Internet AVANT celui du dictionnaire, ou bien parce que les dicos aussi désormais on les consulte en ligne, y compris avec abonnements comme pour les archives Monde/Libé, voilà qui démultiplie l’espace principal du travail

      il faut aussi ajouter iTunes, et que la musique que nous sommes si nombreux à associer au temps du travail soit aussi gérée directement depuis l’écran, même si c’est pour sortir par les baffles devant le bureau, ou sur le casque qui accompagne toujours l’ordi, quand bien même on est plutôt dans Coltrane comme toi, ou dans les inédits et live de John Fahey comme moi ce matin !

      et idem le mail, puisque souvent des gens s’étonnent que je leur réponde juste après envoi : mais quand c’est comme à travailler dans un même lieu convivial, et cela ne dérange pas tant que ça qu’un collègue pousse la porte et vous salue, ou bien la pause devant la machine à café, dans les heures de boulot même, repasser voir son Outlook...

      on s’est longtemps étonné du fait que le traitement de texte, notre logiciel principal, a été celui qui a le moins évolué : tout simplement parce que son évolution est exogène, c’est la page écran qui a évolué, et non la dactylographie / mise en page

      il y a sans doute, côté écriture, un passage à l’épreuve par le dépouillé, le simple, le linéaire, où le "prononcé" de la phrase reste l’essentiel

      par exemple encore, je ne me suis jamais doté de Photoshop, le petit utilitaire Graphic Converter me suffisant largement, alors que depuis 4 mois j’explore un logiciel son (Live d’ableton.com) qui interfère au centre de mon travail puisqu’il me permet d’enregistrer, modifier, monter la voix - et qu’il me semble avoir d’autant plus besoin de ce rapport à la voix que l’écran dématérialise la lettre...

      bonne journée, puisque sans doute tu bosses...

  • Juste un petit mot alors que je découvre le blog de François Bon après que remue.net m’ai guidé et me guide encore dans mes lectures (ma libraire a eu du mal a trouver les coordonnées de ces éditions Tarabuste desquelles j’attends maintenant plus que ces quelques « os » d’Antoine Emaz trouvé sur le site) assouvissant un peu la soif que mes études scientifiques n’ont pas comblée.

    Je n’étais pas de ces pionniers du net sans lesquels, pourtant, le linux depuis lequel j’écris n’existerais pas ; pas plus que la communauté open source d’où sont issus firefox ou SPIP.

    Je suis plutôt, à 28 ans, de cette génération qui ouvre volontiers thunderbird (pas outlook, malheureux) le matin pour lire ses couriels et rechigne à courir vers cette boite aux lettres, en bas de l’escalier, qui ne sers plus que pour les factures et la publicité maudite. Si j’ai le vieux Petit Robert de mon grand-père au pied du lit, c’est vers le TLFi que je me tourne sans cesse pour tenter de saisir un peu mieux cette langue qui m’étonne encore souvent. Les exemples sont nombreux. Ce ne m’empèche pas d’être de ceux, conscient du handicap de leur disorthographie (j’en suis désolé), qui militent pour que le français reste ce qu’il est, necessité de communication rapide ou pas.

    Je voudrais ajouter qu’il me semble que le net est un espace de liberté, vrais. Non seulement la liberté informatique - que nous somme en passe de perdre - mais aussi celle de parole qui semble faire défaut au vue de la prolifération des blogs. J’en veux pour preuve le débat démocratique vrais qui se déroule autour du référendum à venir sur une constitution qui m’eut été bien obscure sans, par exemple, les éclaircissements de publius.fr. Je pense aussi au bookcrossing dont je m’étonne de ne pas en avoir lu quelque chose sur remue.net, et voudrais connaître vos avis d’auteurs.
    Je ne peux que me réjouir de tout ce qui est offert. « La connaissance s’accroît quand on la partage » disent les linuxéens convaincus.

    J’ai une question, cependant, à vous tous qui avez plus que moi vécu les évolutions. Comment voyez-vous cette prolifération de donnée plus ou moins juste qui nous est offerte ? Comment, devant la somme de sites disponibles, et même en supposant qu’on ne se concentre que sur la littérature, gérez-vous la multitude disponible ? Il faut un choix, assurément, entre les blogs, les photos de vacances des amis, les sites d’information, les sites d’auteurs... J’ose à peine imaginer ce à quoi ressemblent les bookmarks de François Bon.

    Merci, en tout cas, de participer à ce développement, d’offrir une alternative aux médias qui ne me correspondent plus - pour peu que c’eût été le cas un jour.

    • Le retour du blog que les crocs acérés de MySQL n’ont pas su dévorer.
      Je me répond à moi même pour dire merci, pour le « Judy Garland » (la musique de mon premier et seul spectacle de cirque).
      À ne pas manquer, le live « Minneapolis we insist ! » auquel manque malheureusement l’incroyable « Cinco de la tarde ».
      Olivier.

    • c’est en vous répondant, lundi soir, que j’ai découvert que ma base sql était coincée, et je n’ai pas pu mettre en ligne ma réponse

      merci pour l’indication de bookcrossing, je ne connaissais pas ce site - mais l’expression convient certainement, transposée à ce qui se passe à l’intérieur de notre "collectif" remue.net

      quant à votre question, qui aujourd’hui pourrai y répondre ? masse de données énorme, oui, mais qui se traduit pour chacun par l’accès à des micro-communautés inaugurant un, partage très spécialisé

      au final, quand même un flux lent mais sûr de découvertes, de mises en relations : et certainement pas d’éloignement du recueillement nécessaire à la lecture et l’étude, mais on y est sans cesse renvoyé - à preuve que vous ayez eu cette démarche de rejoindre le livre d’Antoine Emaz...

      en fait, je n’ai pas de bookmarks : c’est la page "liens" de ce site (voir à gauche) qui me sert de signets... et savoir qu’un tel c’est plutôt le dimanche qu’il faut aller y voir ou le 1er du mois, et souvent un tour plus prolongé le dimanche matin

  • merci à eux, merci à l’individualisation aussi pour tenir la main des simples lecteurs découvreurs, bien incapables de manier autre chose qu’un outil préfabriqué, bien trop ignorants pour faire autre chose que prendre ce qui leur est proposé.

  • Bonjour,

    Il n’y a que la culture qui permet d’ouvrir les yeux !

    Voir en ligne : Culture