A propos de Anne Dejardin

Projet en cours "Le nom qu'on leur a donné..." Résidences secondaires d'une station balnéaire de la Manche. Sur le blog L'impermanence des traces : https://annedejardin.com. Né ici à partir du cycle«Photographies». Et les prolongations avec un texte pour chaque nom qui dévoile un bout de leur histoire. Avec audios et vidéos, parce que des auteurs ou comédiens ont accepté de lire ces textes, l'énergie que donnent leurs voix. Merci. Voir aussi sur Youtube.

#boost #12 | Le nom oublié.

Le nom m’échappe il donnerait entrée Accès au souvenir Quand tout déborde sur le trottoir On pourrait s’y appuyer pour gagner la porte Ouverte pourtant mais de suite Le corps obligé de se faufiler ou juste une impression Lui debout à droite intimidant de présence silencieuse Sans sourire sans accueil il se tient parfois parle à celui qu’il a invité Continuer la lecture#boost #12 | Le nom oublié.

#boost #11ter | La baguette.

Le chandail, il devient trop petit, il faudrait en recommencer un plus grand, Pas l’école, pas l’école, peur, Lui avec sa voiture il peut bien attendre, ou détricoter celui-là pour récupérer la laine, alors attendre le printemps, que les saints de glace soient passés, être sûr qu’il n’y aura plus de gelée matinale, le klaxon ça énerve les bêtes, après Continuer la lecture#boost #11ter | La baguette.

#Boost #11bis bis | Passé simple et nourrisson.

L’effet du passé simple, la jouissance à l’employer, le conjuguer, le prononcer lui, passé simple en le faisant rouler avec la langue contre les dents, le suçoter, le caressant de chaque gencive, à l’intérieur des joues, là où c’est tendre et mou à manger, et parfois dans le rêve qui tourne au cauchemar la bouche le mord cet intérieur tendre. Continuer la lecture#Boost #11bis bis | Passé simple et nourrisson.

#Boost #11bis | Avant

Il y avait ce mouillé de l’air comme des gouttes infimes en suspension et ce n’était pas irrespirable comme aujourd’hui. À cause du souffle des bêtes qui marchaient sans baisser la tête. Le jour se levait et il était trop pâle déjà à cette époque, mais on n’en parlait pas. Les bêtes n’avaient pas peur. Ceux qui marchaient à côté Continuer la lecture#Boost #11bis | Avant

#boost #11 | À deux

Nous avancions dans une brume épaisse comme s’enfoncer dans l’humide. Nous ouvrions la bouche, car le souffle nous manquait de la marche passée. Nous n’aspirions que d’infimes gouttes d’un liquide visqueux qui collaient à nos gencives avant de s’attaquer à nous poumons. Nous toussions pour lutter contre cette fausse hydrocution lente et sournoise qui finirait par avoir raison de nous. Continuer la lecture#boost #11 | À deux

#LVME #O7 | Garder du vide.

Il faudra nommer. Dans un premier temps, écrire des noms qu’elle ira relever au cimetière du village perché au-dessus de la falaise, pas le nouveau qui est éloigné de l’endroit où vivre où tondre la pelouse où jouer au ballon, un endroit où il faut pour le rejoindre, prendre la voiture, quant l’autre, l’ancien qui n’offre plus de place disponible, Continuer la lecture#LVME #O7 | Garder du vide.

#LVME #04 | Ce qu’on ne photographie pas.

Un rêve de cuisine commune, un plan de travail blanc parce qu’avec l’âge on voit moins bien et il faut que cela reste propre pour l’hygiène, une plaque à induction, une vieille cuisinière qu’on remplit de buchettes, un Thermomix, une machine à café dernier cri… Un sol béton pour uniformiser après le mur abattu pour agrandir la pièce, n’en faire Continuer la lecture#LVME #04 | Ce qu’on ne photographie pas.

#LVME #05 Chez Ben ou ailleurs.

Il y aurait sur le mur de la villa une série d’instantanés de formats différents, qui à première vue ne semblaient avoir aucun lien les uns avec les autres. Même le choix de la couleur n’avait pas été tranché pour les tirages sur gibon ; tous les tons cohabitaient et à eux seuls dataient la photo, du noir et blanc à Continuer la lecture#LVME #05 Chez Ben ou ailleurs.

#LVME #02 | à pied ou l’homme sans machine

Aujourd’hui, lundi 25 novembre, on lui a dit de faire le piquet. Il est face à la tractopelle. Il fait signe aux voitures. Avec sa main qui dit allez on roule, on y va. La machine a cassé la couche d’asphalte sur toute la longueur de la seule voie praticable. Ça fait comme une petite explosion avec tous les morceaux Continuer la lecture#LVME #02 | à pied ou l’homme sans machine

#LVME #01 | mardi 25 novembre 2025

C’est un texte qui prendra place à la fin. Forcément. Obligatoirement. On ne peut pas l’écrire ici et maintenant, au début je veux dire. À cause de sa fonction de vue d’ensemble de tous ces personnages qui seraient séparés et non pas rassemblés. Rassemblés à un bal par exemple, comme je l’avais envisagé et même peut-être déjà écrit, ce texte Continuer la lecture#LVME #01 | mardi 25 novembre 2025