A propos de Catherine Plée

Je sais pas qui suis-je ? Quelqu'un quelque part, je crois, qui veut écrire depuis bien longtemps, écrit régulièrement, beaucoup plus sérieusement depuis la découverte de Tierslivre et est bien contente de retrouver la bande des dingues du clavier...

# construire # 04 | l’autre rive

Tu observes la foule. Les gens s’engouffrent dans la bouche de métro comme les petits pains vont au four, la déferlante des employés, tu ne rejoindras pas, tu n’iras pas, tu fais demi-tour, ce n’est pas une décision, juste une impossibilité, une frontière invisible qui te refoules, tu remontes la rue qui va du Radar au centre-ville, un centre-ville décentré, Continuer la lecture# construire # 04 | l’autre rive

#construire #03 | le pion qui ne voyait rien

Vous Dire que c’était pénible de travailler dans cet endroit ne vous aide en rien mais c’est la vérité: c’était vraiment pénible d’y travailler… C’est une ancienne usine imaginez ça… installer un lycée dans une usine quelle idée mais il fallait parer au plus urgent. Les salles trop grandes, impossibles à chauffer et des piliers en plein milieu derrière lesquels Continuer la lecture#construire #03 | le pion qui ne voyait rien

#construire #01 (bis)| Faux commencement

Tout aurait dû commencé là, dans cette ouverture, avec ces promesses, cette nouvelle route soudain dans la vie, lors de cette rentrée au petit lycée… langues étrangères latin maths modernes sous l’autorité d’une kyrielle de professeurs nous mettant à l’abri de ces horribles face à face avec les institutrices, la mixité si délicieusement déboussolante, le long chemin de liberté à Continuer la lecture#construire #01 (bis)| Faux commencement

#construire#02| le monde

Ah la foule, ah les gens, ah les autres, ah le troupeau, la meute, les nombreux et nombreuses, les bandes, les hordes et les cohortes, les vautraits à l’hallali, les houraillis et autres légions, ah la foultitude, la pagaille et la chienlit, la multitude qui croît et qui croit, croassez et multipliez-vous qui a dit ça ? c’est l’affluence, y’a du monde, Continuer la lecture#construire#02| le monde

#construire #01 | Un mot

C’est comme ça que tout a commencé, basculé devrais-je dire… Par un mot, juste un mot, un tout petit mot, on ne sait pas assez le pouvoir des mots. Je n’ai pas eu le temps de le penser que je l’avais déjà dit. Ce mot était l’expression de mon effroi, mais ce n’est pas le mot effroi, ni peur, ni Continuer la lecture#construire #01 | Un mot

#rectoverso #11 | De chose et d’autres ou du sens évanescent du mot chose

Mon oncle méditerranéen plutôt que dire truc disait chose, Chose n’a pas la connotation de ruse comme truc, le chose c’est le machin dont on ne trouve plus le nom, les magiciens n’ont pas plus de chose que vous et moi. Mon oncle prononçait chose avec un o ouvert, passe-moi le chose là qui est sous tes pieds, à remarquer Continuer la lecture#rectoverso #11 | De chose et d’autres ou du sens évanescent du mot chose

#rectoverso #09 | l’ail, le moisi, la barrière

Il brûle dehors. Dedans, une mèche blanche en suspens sur le plat. Un corps empaqueté de petites fleurs. Le couteau effilé à lame brune. émiettage de peaux en tous genre. Odeur d’ail sur le pilon. Un boutis rouge très convoité, le reste pauvre : banale armoire brune la corbeille sale du chien odeur de moisi dans la salle d’eau et Continuer la lecture#rectoverso #09 | l’ail, le moisi, la barrière

#rectoverso #07 | Tout ça pour ça

Le fait que je me dis Tout ça pour ça, le fait qu’elle ait apporté ces roses insensées, le fait je suis bien obligée de reconnaitre qu’elles sont magnifiques ; le fait que je me demande où elle a pu trouver ces merveilles, de telles roses jaspées entre tons de chair et sanguine, le fait que tout l’étage défile pour les Continuer la lecture#rectoverso #07 | Tout ça pour ça

# rectoverso #06 | Décompte

Quand on est caissière, faut savoir compter. Jamais su compter et quand même caissière. La caisse c’est une petite boite en fer avec tout le fourbis, billets, monnaie et tickets d’entrée rassemblé dans une boite 15X11cm. La caisse, c’est une table de camping, ouverte par tous les bouts, on peut reluquer mes jambes, zieuter dans la boite, passer derrière ou Continuer la lecture# rectoverso #06 | Décompte

#rectoverso #05| L’adieu aux furtifs

C’était à côté du café Rey, où parfois l’on s’offrait une grande crêpe à la crème de marrons préparée à la devanture. On y jetait un œil vague en traversant le faubourg pour se rendre au petit Franprix de la rue de la Roquette, curieuses de la clientèle plus que du cinéma lui-même, les hommes voulaient tellement être discrets qu’on Continuer la lecture#rectoverso #05| L’adieu aux furtifs