A propos de Christine Eschenbrenner

Génération 51.Une histoire de domaine perdu, de forteresse encerclée, de terrain sillonné ici comme ailleurs. Beaucoup d'enfants et d'adolescents, des cahiers, des livres, quelques responsabilités. Une guitare, une harpe celtique, le chant. Un grand amour, la vie, la mort et la mer aussi.

#construire #03 | En bus ou L’homme qui tua l’indifférence

Ce n’était pas le bon arrêt. Il pleuvait tellement ce soir-là que le groupe s’était donné rendez-vous au plus près du lycée. Les autres fois, c’était côté voie ferrée, en bas. En fait, ils étaient en haut, de l’autre côté. Heureusement les accompagnateurs des jeunes avaient mon numéro de téléphone. Ils m’ont prévenu juste au moment où j’allais rebrousser chemin, Continuer la lecture#construire #03 | En bus ou L’homme qui tua l’indifférence

#construire #02 | expansions

visage en noir et blanc les yeux clos en photo  visage penché sur une vieille partition visage tout ridé de  pomme sauvage c’est la réverbération à toujours être dehors visage sans âge faisant penser à d’autres visages  en sueur avec coulées qui emportent la poussière d’orge visage revenant visage au temps du service James Dean on dirait visage d’enfant dans Continuer la lecture#construire #02 | expansions

#construire #01 | champs

C’est d’abord un champ. De l’autre côté de la route. Du côté de l’adolescence. Les épis arrivés à maturité ondulent doucement. A perte de vue. Il y a le froissement des feuilles aigues et des tiges sèches. Et ce parfum, poussière de pain en lumière. Il ne faut pas tarder dit mon père toujours inquiet qui revient de loin exprès Continuer la lecture#construire #01 | champs

#histoire #12 (version 2) | hôtel en abyme

Formalités de l’accueil : se présenter. Passage obligé par le bureau-comptoir du hall, entrée plus ou moins grande. Peut-être des prospectus pour patienter avant l’échange avec une hôtesse professionnellement avenante, puis décliner l’identité, trace fragile, fausse parfois : ton nom, ta réservation. Toi comme tous ceux qui ont posé leurs bagages dans ta vie pour un temps, te traversant pour Continuer la lecture#histoire #12 (version 2) | hôtel en abyme

#histoire #12 | hôtel en abyme

V1 Formalités de l’accueil : se présenter. Passage obligé par le bureau-comptoir du hall, entrée plus ou moins grande. Peut-être des prospectus pour patienter avant l’échange avec une hôtesse professionnellement avenante, puis décliner l’identité, trace fragile, fausse parfois : ton nom, ta réservation. Toi comme tous ceux qui ont posé leur bagage dans ta vie pour un temps, te traversant Continuer la lecture#histoire #12 | hôtel en abyme

#histoire #11 | langue des mains

Echouée au fond d’une poche pendant le discours, elle serre un mouchoir en papier. L’autre est juste immobile au bout du bras qu’elle achève. Etoiles pâles, les mains du petit homme encore debout ont depuis longtemps empoigné un impensable destin. D’abord tenues par la main d’une mère accompagnant ses enfants à l’école, elles ont commencé à former boucles, traits, signes Continuer la lecture#histoire #11 | langue des mains

#histoire #10 | M. dans l’histoire

Voilà comme il est : vivant. Bernique accrochée à ce qui lui reste : une rue, un étage, un palier, un fauteuil, du fouillis, des documents certifiant son appartenance, quelques photos arrachées à l’absence. Fier de pouvoir encore se déplacer tout seul en prenant le train sans risque d’être dénoncé. Tournant lui-même en dérision son grand âge. Allant jusqu’à porter Continuer la lecture#histoire #10 | M. dans l’histoire

#histoire # 09 | M. en route

C’est peut-être son dernier voyage, puisque c’est sa dernière dizaine. Il n’a pas voulu qu’un taxi vienne le prendre chez lui puisqu’il peut encore se déplacer tout seul. Un bus d’abord, qui l’extrait de son allée du dix-neuvième arrondissement-refuge, et l’emmène gare du Nord. On s’installe facilement dans la chenille urbaine en montrant patte blanche ou plutôt en faisant sonner Continuer la lecture#histoire # 09 | M. en route

#histoire # 08 | M. en revenant

Il faut que je m’habitue, il faut que je m’y fasse. J’aurais pu me retrouver devant la grande maison en un éclair d’instant mais j’ai tenu à passer par la petite place de l’ancienne gare, disparue comme moi et l’aborder comme venant à pied à partir du virage qui permet de la voir se rapprocher au rythme des pas. C’est Continuer la lecture#histoire # 08 | M. en revenant

# histoire # 07 | Ce que voit Frania

Elle voit s’éloigner les dernières maisons de Cracovie. Ce n’est pas encore la nuit. Pourtant de sombres reflets hantent la Vistule et les rumeurs s’infiltrent dans les venelles, dans l’université, dans la famille chaleureuse et inquiète qu’elle quitte à regret. Elle s’arrête pour jeter un dernier coup d’œil sur les flèches dorées qui émergent autant de la ville que de Continuer la lecture# histoire # 07 | Ce que voit Frania