A propos de Christine Eschenbrenner

Génération 51.Une histoire de domaine perdu, de forteresse encerclée, de terrain sillonné ici comme ailleurs. Beaucoup d'enfants et d'adolescents, des cahiers, des livres, quelques responsabilités. Une guitare, une harpe celtique, le chant. Un grand amour, la vie, la mort et la mer aussi.

# construire # 09 | je n’écrirai pas

je n’écrirai pas sans te traverser je n’écrirai pas ce qui exclut du droit de cité je n’écrirai pas le qu’en- dira-t-on  le dégazage des humeurs en mer la rumeur qui enfle dans les réseaux  je n’accourrai pas les mains pleines d’encre quand les propriétaires battent le rappel de ce qui se fait ou ne se fait pas je n’écrirai Continuer la lecture# construire # 09 | je n’écrirai pas

#construire #08 | des ponts entre les ponts

Ils se sont mêlés poursuivis, retrouvés, téléscopés, l’autre nuit. celui qui a existé quand enfants nous avons d’abord emprunté le bac avec nos parents. Avant, c’était la voix paternelle : vous allez voir ce qu’est la traversée du fleuve, même si c’est un peu cher. Sans doute voulait-il qu’on prenne la mesure. Après sa disparition et après la construction du pont, Continuer la lecture#construire #08 | des ponts entre les ponts

# Construire # 07 hall 1

Métier à tisser géant : flux entrecroisés. La navette invisible lance entre les fils de chaine les passagers incessants de la trame. Ils dessinent ligne après ligne un tissu changeant qui se fait et se défait au rythme des arrivages. Valises trainées par les voyageurs, briques roulantes, notes parfois colorées — tenues en laisse par leurs propriétaires toujours remplacés par d’autres Continuer la lecture# Construire # 07 hall 1

#construire #06 | laboratoire du dépoussiérage

A main gauche, le bord du cadre. A main droite, la paroi latérale de l’étagère aux livres les plus intimes, ceux qui ont traversé les strates des déménagements et leurs séquelles éliminatoires. Envergure, bras ouverts, comme faisant le grand écart : environ 1,70 mètres.  C’est l’espace de l’expérience ici menée. Aux deux extrémités, sont placés des objets métonymiques : rouleau de sopalin Continuer la lecture#construire #06 | laboratoire du dépoussiérage

#construire #05 | corps double en regard

Dans le sillage du lit flottant amarré au mur par un long cosy peuplé de livres, un meuble disparate leste toute la chambre et l’empêche de disparaitre. C’est un radeau de bois sombre, en hauteur : sur une table récupérée, est posé le haut d’un bahut avec portes, coffre de chêne dont la base correspond à la table. Les deux éléments Continuer la lecture#construire #05 | corps double en regard

# Construire # 04 | variations à la traine

On dirait bien toi, après la montée. Ou ta silhouette, immobile devant le porche de la vieille ferme morte, côté ville. Tu traines par là. Tu fais quelques pas, tu t’arrêtes devant le mur qui enfle dangereusement. Tu repars.  Tu longes la vie d’avant, celle qu’ont engloutie les grandes réalisations urbaines. C’est fini, tu traines tes guêtres dans un autre Continuer la lecture# Construire # 04 | variations à la traine

#construire #03 | En bus ou L’homme qui tua l’indifférence

Ce n’était pas le bon arrêt. Il pleuvait tellement ce soir-là que le groupe s’était donné rendez-vous au plus près du lycée. Les autres fois, c’était côté voie ferrée, en bas. En fait, ils étaient en haut, de l’autre côté. Heureusement les accompagnateurs des jeunes avaient mon numéro de téléphone. Ils m’ont prévenu juste au moment où j’allais rebrousser chemin, Continuer la lecture#construire #03 | En bus ou L’homme qui tua l’indifférence

#construire #02 | expansions

visage en noir et blanc les yeux clos en photo  visage penché sur une vieille partition visage tout ridé de  pomme sauvage c’est la réverbération à toujours être dehors visage sans âge faisant penser à d’autres visages  en sueur avec coulées qui emportent la poussière d’orge visage revenant visage au temps du service James Dean on dirait visage d’enfant dans Continuer la lecture#construire #02 | expansions

#construire #01 | champs

C’est d’abord un champ. De l’autre côté de la route. Du côté de l’adolescence. Les épis arrivés à maturité ondulent doucement. A perte de vue. Il y a le froissement des feuilles aigues et des tiges sèches. Et ce parfum, poussière de pain en lumière. Il ne faut pas tarder dit mon père toujours inquiet qui revient de loin exprès Continuer la lecture#construire #01 | champs

#histoire #12 (version 2) | hôtel en abyme

Formalités de l’accueil : se présenter. Passage obligé par le bureau-comptoir du hall, entrée plus ou moins grande. Peut-être des prospectus pour patienter avant l’échange avec une hôtesse professionnellement avenante, puis décliner l’identité, trace fragile, fausse parfois : ton nom, ta réservation. Toi comme tous ceux qui ont posé leurs bagages dans ta vie pour un temps, te traversant pour Continuer la lecture#histoire #12 (version 2) | hôtel en abyme