A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

#rectoverso #05 | 9, rue de l’église

recto | 9, rue de l’église 9, rue de l’église. Elles sont deux à l’habiter. Une mère et sa fille, trois fois veuves et huit fois mères à elles deux, l’une arrière-grand-mère déjà, l’autre grand-mère. Maison de crépi blanc. Une porte-fenêtre à quatre vantaux voilés par des rideaux blancs que la main âgée de la fille vient soulever furtivement. Pour Continuer la lecture#rectoverso #05 | 9, rue de l’église

# recto-verso #04 | Un bloc de silence obscur et dense.

nous portons en nous ce qui nous a fait. (A. Marzano-Lesnevich) Raconter la chambre noire de l’enfance ? Eculé. Difficile. Impossible ? Et pourtant. Récemment la question d’un ami : « Pourquoi as-tu commencé à écrire ? » La question m’a étonnamment surprise. Je ne me la suis jamais posée de façon aussi explicite, et c’est ça je pense qui m’a étonnée, perturbée. Je crois que Continuer la lecture# recto-verso #04 | Un bloc de silence obscur et dense.

#recto-verso #03 | embrasser le réel

recto | il y a Il y a dans le même ciel la lune et le soleil.Il y a ta joue posée sur l’oreiller et ta respiration calme dans la pénombre de la chambre.Il y a tes larmes dans la voiture et mon impuissance à te consoler.Il y a une dame, robe à fleur et foulard sur la tête, qui Continuer la lecture#recto-verso #03 | embrasser le réel

#rectoverso #01 | dedans / dehors : seuil, lignes et nasses

recto | Trois lieux 1 Le salon de coiffure à l’angle de la rue. Grands rectangles des portes-fenêtres aux volets roses ouverts sur l’une et l’autre rue, celle qui monte et celle qui longe le boulevard du front de mer, et sur le trottoir la rumeur des feuilletons de l’après-midi. Un lieu troué où le dedans invite le dehors et Continuer la lecture#rectoverso #01 | dedans / dehors : seuil, lignes et nasses

boost #13 | une voix te parvient dans le noir

Une voix te parvient dans le noir. Elle traverse ta peau, fait trembler tes paupières, et bientôt, si tu n’y prends garde, elle va les noyer, tes paupières, et tes yeux, et ton visage et ton corps tout entier même, peut-être, la chair et les os, tu le sais, elle va les noyer, si tu n’y prends garde, à la Continuer la lectureboost #13 | une voix te parvient dans le noir

boost #12 | Rue de l’église

La vieille main soulève le rideau pelucheuxgeste du dedans pour attraper les nouvellesdu dehors et le geste surprend la vieille Léontine,elle prend son courrier. Il est bien tard pourtant sous le perron et sous la main qui soulève le rideaudeux adolescents maladroits s’embrassentdans l’obscurité de la cave un peu pour voir un peu pour rire. Mais le soir tombe déjà Continuer la lectureboost #12 | Rue de l’église

boost #11ter | La Ville-Feuille de nuit (variation 2) : trois voix dans le noir

La Ville-Feuille de nuit (variation 2) Le Veilleur Je ne sais pas quand ni où ils surgiraient. Au détour de quel sentier, à la rugosité de quelle pierre, de quel arbre noueux, au velouté ou à la fraicheur de quelle feuille, à l’odeur de quelle charogne, ou au parfum de quelle fleur de nuit. A quoi ressemblerait le mien ? Et Continuer la lectureboost #11ter | La Ville-Feuille de nuit (variation 2) : trois voix dans le noir

boost #11bis | La Ville-Feuille de nuit (variation 1) : les Falaises bleues

avant C’était une nuit sans lune et de mer calme. Une nuit de paupières fermées. Une nuit que le Veilleur avait soigneusement choisie. Une nuit qu’il avait visitée en rêve. Mais le rêve s’arrêtait à chaque fois au bord de la Ville-Feuille. A sa lisière. Au bord de souvenirs dormants. Au bord du désir.  Nous cheminions donc sous la face Continuer la lectureboost #11bis | La Ville-Feuille de nuit (variation 1) : les Falaises bleues

boost #11 | La Ville-Feuille de nuit

Pouvoir croquer un bout d’obscurité pour faire un trou dans la nuit, voilà ce qu’il faudrait. Mais quoi derrière ? Nous n’avions jamais pénétré la Ville-Feuille de nuit. Nous avancions prudemment, mains tendues. Et nous tâtions l’obscurité comme l’on tâte les murs d’une pièce plongée dans le noir.  A chaque pas, nous prenions le risque de disparaître, d’être avalés. Engloutis. La Continuer la lectureboost #11 | La Ville-Feuille de nuit