A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

boost #13 | une voix te parvient dans le noir

Une voix te parvient dans le noir. Elle traverse ta peau, fait trembler tes paupières, et bientôt, si tu n’y prends garde, elle va les noyer, tes paupières, et tes yeux, et ton visage et ton corps tout entier même, peut-être, la chair et les os, tu le sais, elle va les noyer, si tu n’y prends garde, à la Continuer la lectureboost #13 | une voix te parvient dans le noir

boost #12 | Rue de l’église

La vieille main soulève le rideau pelucheuxgeste du dedans pour attraper les nouvellesdu dehors et le geste surprend la vieille Léontine,elle prend son courrier. Il est bien tard pourtant sous le perron et sous la main qui soulève le rideaudeux adolescents maladroits s’embrassentdans l’obscurité de la cave un peu pour voir un peu pour rire. Mais le soir tombe déjà Continuer la lectureboost #12 | Rue de l’église

boost #11ter | La Ville-Feuille de nuit (variation 2) : trois voix dans le noir

La Ville-Feuille de nuit (variation 2) Le Veilleur Je ne sais pas quand ni où ils surgiraient. Au détour de quel sentier, à la rugosité de quelle pierre, de quel arbre noueux, au velouté ou à la fraicheur de quelle feuille, à l’odeur de quelle charogne, ou au parfum de quelle fleur de nuit. A quoi ressemblerait le mien ? Et Continuer la lectureboost #11ter | La Ville-Feuille de nuit (variation 2) : trois voix dans le noir

boost #11bis | La Ville-Feuille de nuit (variation 1) : les Falaises bleues

avant C’était une nuit sans lune et de mer calme. Une nuit de paupières fermées. Une nuit que le Veilleur avait soigneusement choisie. Une nuit qu’il avait visitée en rêve. Mais le rêve s’arrêtait à chaque fois au bord de la Ville-Feuille. A sa lisière. Au bord de souvenirs dormants. Au bord du désir.  Nous cheminions donc sous la face Continuer la lectureboost #11bis | La Ville-Feuille de nuit (variation 1) : les Falaises bleues

boost #11 | La Ville-Feuille de nuit

Pouvoir croquer un bout d’obscurité pour faire un trou dans la nuit, voilà ce qu’il faudrait. Mais quoi derrière ? Nous n’avions jamais pénétré la Ville-Feuille de nuit. Nous avancions prudemment, mains tendues. Et nous tâtions l’obscurité comme l’on tâte les murs d’une pièce plongée dans le noir.  A chaque pas, nous prenions le risque de disparaître, d’être avalés. Engloutis. La Continuer la lectureboost #11 | La Ville-Feuille de nuit

boost #10 | aller, et tenir promesse

Aller ! où rêvent tous les désirs palpitants sur les bords de pores de ta peau, frémissants, et tes doigts sur la carte qui leur disent : « C’est pour bientôt ! » Aller ! où rêvent tous les désirs emmêlés dans les fils d’araignée de ton cerveau, empêtrés, mais bien vivants, et certains matins, rugissants Aller ! ouvrir la porte de la chambre noire, secouer la Continuer la lectureboost #10 | aller, et tenir promesse

boost #09 | intérieur nuit

La nuit est épaisse dans la chambre. Nuit-poix derrière les volets bien clos, et la solitude bien enfermée dedans avec, tellement que la chambre, on dirait une nuit de conte, une forêt sombre où il serait impossible de distinguer les petits cailloux semés, une nuit de monstres sous le lit, tapis, une nuit aveugle à la lune et aux étoiles, Continuer la lectureboost #09 | intérieur nuit

boost #08 | cailloux de temps

Un temps-nuit aux lourds battements d’ailes, grillagé, encagé et des larmes dedans. Un temps qui va pas à pas sur le gravier, goutte-à-goutte de secondes avec un cri dedans. Un temps suspendu accroché aux nuages trempé d’étoiles traversé de grands vents qui rêve d’éternité. Cri et souffle expulsés du néant et sitôt avalés par le temps vif en cavalcade neuve. Continuer la lectureboost #08 | cailloux de temps

boost #07 | conjurer l’angoisse

Tenir ta peau et ton corps dans le creux de mes mains et les glisser dans mon sac en guise de talisman Avant d’ouvrir la porte, pour conjurer l’angoisse, accomplir les petits gestes du matin un à un comme on effeuille le jour Boire son café à petites lampées avec la sensation d’absorber les secondes et de faire corps avec Continuer la lectureboost #07 | conjurer l’angoisse

boost #06 | Trois visages qui ne savent plus qu’ils ont un visage

raviné ridé creusé cendré lèvres fines craquelées enfoncées dans une bouche vide yeux fiévreux visage usé livré au soleil au sel à la marée aux cris aux larmes visage paysage aux replis de roches abîmées par les pluies abandonné à la géologie de la douleur visage rond comme un O aussi rond que les yeux des poissons glacés du marché Continuer la lectureboost #06 | Trois visages qui ne savent plus qu’ils ont un visage