A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

#anthologie #31 | dans ma bouche, un goût de cendre

(j’ai choisi de suivre l’errance de mon personnage de la #29) Je m’appelle Alain et je suis mort dans la nuit du 29 juin 2023 dans l’incendie de mon royaume. Pour être plus précis – et vous aurez peut-être du mal à y croire mais c’est pourtant aussi vrai que Saint-Antoine de Padoue encore debout dans la dévastation –   c’est Continuer la lecture#anthologie #31 | dans ma bouche, un goût de cendre

#anthologie #29 | il rôde

#13 | amplification (en gras) avec personnage … c’est jalousie, c’est jalousie, alors il a fui l’air grillé, il a dévalé les rues dans l’aube avec son regard affolé, c’est pas lui, c’est pas lui, c’est jalousie, c’est jalousie…En bas de la ville, le Front de mer. Dans le petit matin rose ou bleu pâle, quelques sportifs longent la barrière Continuer la lecture#anthologie #29 | il rôde

#anthologie #28 | accrocher des œuvres

#01 | « Il ne faut pas être noir pour lutter contre le racisme ou femme pour tenir  des propos féministes ». Accrocher du regard comme à chaque fois le rouge et le noir des mots sur le mur en face du lycée et les lettres peintes sur carrés blancs, poings levés qui résistent aux assauts du temps et de la rue Continuer la lecture#anthologie #28 | accrocher des œuvres

#anthologie #27 | ça commence comme ça

…elle part à l’assaut de la montée du Carmel le regard affolé dans sa robe fleurie et son parapluie et puis une voiture passe alors elle lève le parapluie et le regard accroche qui dans la voiture sans doute ne la regarde pas mais elle sourit et le regard s’apaise et les traits de son visage tout rond se détendent. Continuer la lecture#anthologie #27 | ça commence comme ça

#anthologie #26 | toi dans les bruits et les voix

…chant lancinant des grenouilles dans la nuit qui tombe, tour à tour assourdi par le bruit des conversations, ou bien au contraire, chant vibrant pour les oreilles attentives et silencieuses décrochées des voix, spectatrices, ou encore perçant dans les ralentissements de la conversation, voire plus rarement, dans les interstices de silence, ces moments où, dit-on, les anges passent sans même Continuer la lecture#anthologie #26 | toi dans les bruits et les voix

#anthologie #25 | l’appel des odeurs (notes de carnet)

Lire Ryoko Sekiguchi et répondre à son appel des odeurs : se dire qu’il faudrait essayer de tenir un carnet d’odeurs. Sur une journée pour commencer. Puis sur une semaine. Sur différentes saisons. Dans différents lieux. Les odeurs de la ville. Les odeurs de la campagne. Les odeurs de la forêt. Les odeurs de la mer. Chapitres à écrire. Revisiter les Continuer la lecture#anthologie #25 | l’appel des odeurs (notes de carnet)

#anthologie #24 | trois gens qui dorment

elle, abandonnée enfin dans le sommeil, un dernier sanglot en sursaut tout de même dans le corps qui se relâche, et bientôt, dans la nuit épaisse, opaque et grosse de silence, le ventre qui se soulève, et les doigts de la main, peu de temps avant crispés, phalanges blanchies serrant le froid des barreaux, maintenant desserrés ; lui, le corps traversé Continuer la lecture#anthologie #24 | trois gens qui dorment

#anthologie #23 | dessous et à rebours de l’écriture

J’ouvris la trappe et fus littéralement aspirée, happée, et traversée de part en part, de mémoires souterraines, d’espaces et de temps, le corps et l’esprit poreux. Je m’imaginai dans le terrier du lapin d’Alice. Et au fur et à mesure de cette descente tour à tour lumineuse et ténébreuse, je fus traversée d’images, plus ou moins fugaces : des éclats de Continuer la lecture#anthologie #23 | dessous et à rebours de l’écriture

#anthologie #22 | la maison rouge hier et aujourd’hui

Le lieu réel (aujourd’hui) bien moins saisissable que le lieu mémoriel (hier). La maison rouge est toujours là. Au bout de la rue et après d’autres maisons bien alignées, comme alors, il y a la mer. Au bord de la rue et du trottoir, une grille que quelqu’un doit toujours aller ouvrir pour y faire entrer la voiture –qui peut-être Continuer la lecture#anthologie #22 | la maison rouge hier et aujourd’hui

#anthologie #21 | de toi dans le vivant des jours (notes)

Je n’ai que deux photos de toi (1) / (2). L’une est un portrait en noir et blanc que tu as dû faire chez un photographe (3). L’autre m’a été transmise par Thérèse, ta fille, ma tante (4). Cette photo m’est précieuse car elle te surprend dans la vie. Elle est trace de toi dans le vivant des jours (5). Continuer la lecture#anthologie #21 | de toi dans le vivant des jours (notes)