A propos de Géraldine Queyrel

Vend des rêves dans la vie réelle Rêve de fiction le reste du temps. Son blog : antepenultiemefr.

#été2023 #04| Superposer le temps

Tu remontes la rue du Pont-Neuf. Tu en connais tous les détails. Les minuscules fleurs aux pétales délicatement ciselés fragiles comme du papier de soie pourpre. Leurs effluves de souffre que l’on dit mortelles. Ces fleurs se sont données le droit de pousser entre les fissures qui strient le bitume anthracite. Les arbres aux branches dendritiques s’élèvent au-dessus de toi. Continuer la lecture#été2023 #04| Superposer le temps

#été2023 #02bis | jokari

Il avait tout construit de ses mains. Il avait cette patience, presque une obsession. Scier, poncer, raboter, assembler et faire naitre une cabane ou un abri pour le bois. De bric et de broc. Presque rien. Quand je pense à lui, je vois ses mains burinées aux ongles noirs retournant la terre du potager. Raclant, binant, bouturant, taillant. Je les Continuer la lecture#été2023 #02bis | jokari

#été2023 #02 | Jane Sautière

Il est impossible de rejoindre l’intérieur. La petite maison — qui bien avant mes souvenirs fut un bistrot — se love au bord de la départementale dans le creux d’un virage. D’autres y ont investi les lieux. Le grand sapin qui donnait un peu d’ombre au jardin a été coupé. Ses cendres reposent au fond de l’ancien potager recouvert d’herbe Continuer la lecture#été2023 #02 | Jane Sautière

#été 2023 #01bis | Annie Dillard, post scriptum

Dimanche 12/03/2023 Arrivée entre chien et loup au pied de la grande maison de famille. Posée quelque part au milieu des montagnes. Immuable. Vide depuis des siècles. Pourtant on croirait apercevoir la silhouette de C. derrière le carreau de la fenêtre de la cuisine ou bien absorbée dans quelques pensées, assise sur la terrasse, entre les rayures vertes et les Continuer la lecture#été 2023 #01bis | Annie Dillard, post scriptum

#été2023 #01 | Annie Dillard, commencer par inventer l’auteur

Incipit : premiers mots d’un livreTu veux tout comprendre, tout expliquer et finalement tu ne comprends rien et tu n’expliques pas grand-chose. Tu veux écrire. C’est inévitable. Cet incipit vaut bien un autre. Tu dis qu’il n’y a pas plus de raison de commencer un livre par le début que par la fin. Tu ne sais pas si cette histoire à Continuer la lecture#été2023 #01 | Annie Dillard, commencer par inventer l’auteur

#été2023 #00 | prologue 2

Un heureux hasard ? Une rencontre ? Provoquée ? Symbolique ? Tu en avais besoin ? Tu ne savais pas comment le dire? Ni même s’il fallait le dire ? C’est simple, aussi simple qu’apprendre à lire… ne cherche pas à tout comprendre. Ça broie les ailes de l’imaginaire. C’est effrayant ? Tu aurais peur de ton ombre à t’écouter… tu t’es laissé effrayer du hasard. Par Continuer la lecture#été2023 #00 | prologue 2

#été2023 #00 | Prologue

— Tu t’ennuies ?Ma grand-mère me prend par la main et m’entraine au salon. La porte de la bibliothèque de merisier grince. Est-ce le cuir grainé des couvertures qui donne d’emblée cette sensation de fraîcheur alors que dehors le soleil tape trop fort pour aller y mettre le nez ? Elle réfléchit puis bascule l’une d’elles, sombre et austère. Le titre est doré, Continuer la lecture#été2023 #00 | Prologue

#techniques #08 | beau comme

Comme une gorgée d’eau coulant entre deux mains jointes.Comme si c’était plus facile à le dire qu’à l’écrire. Alors, le représenter ?Il y aura d’autres sources fraîches, faute de fontaines.La randonnée est une activité si difficile, car dans le sable on a tôt fait de s’enliser.Pourtant, il est communément admis que tous les déserts du monde ressemblent comme une goutte d’eau Continuer la lecture#techniques #08 | beau comme

#ateliers #07 | en TGV

Sur le quai, ta mâchoire crispée s’arrache un sourireLa main levée que l’on n’arrive jamais à rejoindreLes larmes s’évaporent en buée sur la vitre froidePeut-on dire que l’on a dépassé la ville lorsqu’il n’y a plus que du vert?les grands HLM s’entêtent de leur misère griseÉtouffement de la verticale que l’on quitte, presque à regret, pour filer l’horizontalitéL’attention s’endort dans Continuer la lecture#ateliers #07 | en TGV

#techniques #06 | Palomar

Un vieil homme marche dans l’allée du parc. Plus exactement il trottine. Ses vieilles articulations le font souffrir. Ses rotules craquent. Surtout les jours où il fait humide. Il s’avance jusqu’au banc où il vient s’assoir tous les jours. Le cinquième sur la droite de l’allée, depuis le marronnier qui fait angle. Dos au Nord, car on y profite pleinement Continuer la lecture#techniques #06 | Palomar