A propos de JLuc Chovelon

Prof pendant une dizaine d'années, journaliste durant près de vingt ans, auteur d'une paire de livres, essais plutôt que romans. En pleine évolution vers un autre type d'écritures. Cheminement personnel, divagations exploratives, explorations divaguantes à l'ombre du triptyque humour-poésie-fantastique. Dans le désordre.

#rectoverso #12 | l’attente

28 septembre 1967 C’est un premier souvenir. Le garçon avec son cartable sur le dos est assis sur le plot en béton à quelques pas du portail de l’école. Le ballet des parents venus chercher leur enfant laisse place à un vide que le silence envahit. Le jeune garçon est seul, il attend sa mère et personne ne vient.C’est un deuxième Continuer la lecture#rectoverso #12 | l’attente

#rectoverso #11 | le dos de la danseuse et autres choses remarquables

expirations choses qui donnent le vertige une cage d’ascenseurune cage d’ascenseur sans ascenseurle vide d’une cage d’ascenseur sans ascenseurle vide d’une cage d’ascenseur sans ascenseur vue de tout en hautle vide d’une cage d’ascenseur sans ascenseur vue de tout en haut avec quelqu’un qui vous crie dans les oreillesune très haute falaise avec le vide d’une cage d’ascenseur sans ascenseur vue Continuer la lecture#rectoverso #11 | le dos de la danseuse et autres choses remarquables

#rectoverso #10 | le mouvement du regard

c’est une photographie. Un filet d’eau serpente en contrebas de la petite fontaine où les enfants viennent se laver les mains, boire dans leurs mains disposées en creux comme si une écuelle apparaissait au bout de leurs bras fins et fragiles comme des tiges de sureau. Et l’eau qui s’échappe en filet et se transforme en serpent en se mélangeant Continuer la lecture#rectoverso #10 | le mouvement du regard

#rectoverso #09 | compositions mémorielles 

tee-shirt orange – verre de pastis – terrasseLa langueur de l’été donne aux journées transpirantes la matière molle de l’abandon. Mets ton tee-shirt, tu vas prendre un coup de soleil. Pense à mettre ta crème solaire, tes lunettes noires, tes sandales, pense à ramener le pain. Les olives, aussi, pour l’apéro. Croire qu’on pense alors que le cerveau a déjà Continuer la lecture#rectoverso #09 | compositions mémorielles 

#rectoverso #08 | clowns

Je ne voulais pas faire l’andouille, c’est à cause d’elle. Je ne crois pas qu’elle voulait faire l’imbécile, mais quand on est toutes les deux, c’est plus fort que nous, on n’arrête pas. Firmine, c’est la moitié qui est en moi qui a envie de rire quand l’autre moitié n’en a pas envie. Je crois que c’est la même chose Continuer la lecture#rectoverso #08 | clowns

#rectoverso #07 | la mort de Georges Pompidou

le fait que Georges Pompidou soit mort a plongé le monde de Paul Paturel dans une autre dimension, car il y avait un premier monde dans lequel Georges Pompidou existait et, en un instant, est apparu un nouveau monde dans lequel George Pompidou n’était plus ; le fait que cet instant précis soit situé, pour Paul Paturel, entre deux bouchées de Continuer la lecture#rectoverso #07 | la mort de Georges Pompidou

#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

Quand on est personnage de roman, on respire l’air des autres. On n’existe que par les autres. À cause des autres.  On naît quelque part dans l’imagination d’un écrivain, entre deux pensées vagabondes, puis on grandit dans une forêt d’idées, à l’ombre des plus grandes. On est nourri par tout ce qui parcourt un esprit humain. Une impression, une sensation, Continuer la lecture#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

#rectoverso #05 | comment vieillissent les rêves

Juste devant moi, la silhouette d’un puits se dessine sous un clair de lune. Je suis enfant. Je vois se découper, dans le ciel étoilé, l’arche en fer forgé, la corde et le seau posé sur la margelle. Je m’avance. Le silence, pas même le chant d’un oiseau. Je distingue le vide à l’intérieur du puits, une tache noire. Je Continuer la lecture#rectoverso #05 | comment vieillissent les rêves

#rectoverso #04 | derrière les portes

S’arrêter là, devant la porte, et sonder son esprit pour y déceler les vestiges de son histoire passée. Dans l’immobilité maintenue, se mettre doucement à trembler. Comme tremble une feuille qui s’apprête à tomber, comme tremble un muscle trop longtemps rigide. Chercher le sens qui osera le mouvement. Je perçois cette odeur qui s’impose devant moi, fière et maîtresse, comme Continuer la lecture#rectoverso #04 | derrière les portes

#rectoverso #03 | trois explorations et un conte

Il y a, il en un, un il-île car c’est bien la mer qu’il l’entoure, la mer que l’on atteint lorsqu’on prend le recul que la locution impose.Il y a, y en deux, un i-grec parce qu’on est en Méditerranée. Il y a les Cyclades, les Ioniennes. Ou le Dodécanèse ou encore les Sporades. Le i s’hellénise pour faire le Continuer la lecture#rectoverso #03 | trois explorations et un conte