A propos de Monique Renaudeau

Entre lecture et écriture, amoureuse de la mer et des mots, ceux qui surgissent ou qui reviennent, ceux qui s’enchaînent et qui deviennent phrases, des marées de mots.

transversales #04 | expansions d’une compression

Ça commencerait autrement … Ici, la terre est couleur d’acier et de rouille mêlés. Ici les habitants ne sont pas arrivés, non, ils sont nés ici et leurs parents avant eux, ça leur suffit comme explication. Les vieux disent même que dans cet espace austère et rude, les saisons n’existent pas, c’est pour ça que parfois, ils ont l’impression que Continuer la lecturetransversales #04 | expansions d’une compression

transversales #03 | bouts d’histoire …

Ça a commencé par un simple fait divers. Un homme à moitié éméché gesticulait et racontait. L’histoire de deux types qui s’étaient perdus lors d’une randonnée dans le désert californien, un seul était revenu, allez savoir pourquoi? Je les connaissais bien, racontait l’homme, surtout celui qui n’est pas revenu. Il ressemblait à son grand-père, le sens pratique en moins. La Continuer la lecturetransversales #03 | bouts d’histoire …

transversales #02 | à supposer que ….

À supposer qu’il y ait encore un peu de place, alors je vous dirais … C’est un village humide et sombre, sans soleil, peuplé d’habitants rustres et poisseux, hanté par d’étranges chants de bergers la nuit venue, dans lequel débarque une ethnomusicologue. Très vite l’effroi s’installe … Bonjour, Monsieur ….. , êtes-vous content d’avoir été mis au monde? Deux cents Continuer la lecturetransversales #02 | à supposer que ….

vers un écrire/film #04 | celle-ci ou celle-là

Elle mendiait, elle était celle- là, celle qui mendiait. La porte coulissait, elle sursautait, elle mendiait. Elle était celle-ci, celle qui regardait et qui mendiait. Elle ne dit pas je suis une mendiante, elle mendie. Elle croyait, elle disait, une p’tite pièce, elle était celle qui mendiait. Elle se figeait, celle qui devant la porte coulissante mendiait. Tout était avouable. Continuer la lecturevers un écrire/film #04 | celle-ci ou celle-là

vers un écrire/film#3 j’écoute tous ces trucs-là

Au dessus de la rue, un grand ciel de vase. Tant de nuages et de mèches emmêlées. Une fois par semaine je vais nager à la piscine couverte. Odeur de chlore. Autour ce n’est pas le jaune de la lumière naturelle du jour. Ce n’est pas non plus le jaune du soleil. C’est celui de l’éclairage artificiel. On s’en fout. Continuer la lecturevers un écrire/film#3 j’écoute tous ces trucs-là

vers un écrire/film #02 | descente aux enfers

Attente| caméra en-haut en-bas| premier plan nuages blancs, cotonneux, mouvants| d’un côté la brume se lève| caméra qui suit la brume| plan fixe sur la montagne| sur le chemin escarpé et étroit de la montagne| musique lancinante| caméra qui fixe le chemin| cortège ininterrompu d’hommes| en file indienne qui dévalent la pente| musique lancinante, irréelle| procession d’esclaves péruviens| de soldats Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | descente aux enfers

vers un écrire/film #01 | exactement une heure et deux minutes

Elle éteint l’auto-radio, dommage, elle aimait bien, Bernard Lavilliers, Qui a tué Davy Moore…. Elle gare sa voiture sur le parking de l’aire de la Porte des Landes, elle claque la portière de son Opel Corsa en parfait état d’épave, sans serrure, il n’y a rien à voler, de toute façon elle n’a rien et se dirige vers la Cafétéria Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | exactement une heure et deux minutes

Autobiographie #15 De dièse en dièse !

Moi, le cerisier de Dièse 6, ça fait une éternité que j’observe la maison et les gens. Je m’arrange pour ne contrarier personne, m’abattre signifierait me taire, alors je résiste. Chaque année, je leur donne des cerises, ils sont contents.Au premier étage un homme cherche quelque chose, il est exactement dans la chambre de Suzanne, il remue des papiers, ouvre Continuer la lectureAutobiographie #15 De dièse en dièse !

autobiographies #14 | toutes les images disparaîtront…

Toutes les images disparaîtront… l’harmonica de mon père, son piège à filles les portes des usines marouflées d’affiches de la CGT et du PCF l’odeur âcre de la javel mêlée à celle de la lessive, celle du pain rassis que ma mère transforme en pain perdu, rares matins où je la trouvais merveilleuse, le cochon rose en pâte d’amande de Continuer la lectureautobiographies #14 | toutes les images disparaîtront…

autobiographies #13 | vous parler d’elle

D’une voix rocailleuse, elle interpelle les hommes qui travaillent sur le chantier, surtout l’un d’entre eux, son amoureux, Marcel ou Paul, elle ne sait plus. Sa voix s’éraille, rien dans ce visage n’est déchiffrable. Alors elle pleure, elle secoue sa silhouette échevelée, sa maigreur de fantôme et elle pleure. Elle fixe le mur blanc et murmure les noms des papillons, Continuer la lectureautobiographies #13 | vous parler d’elle