A propos de Olivia Scélo

Enseignante. Bordeaux. À la recherche d'une gymnastique régulière d'écriture.

#été2023 #01 | De vieilles histoires

Écrire est-ce d’abord laisser les choses aller ? On s’assoit au bureau pour convoiter silencieusement la forme épurée du texte qu’on voudrait ébaucher, chercher comment atteindre la simplicité, l’évidence. Comment enlever aux mots tout ce qu’ils permettent le plus souvent d’éviter ? Ce qu’une histoire à peine entrevue peut livrer de matière, ce que de vieilles photographies un peu fanées disent des Continuer la lecture#été2023 #01 | De vieilles histoires

#été2023 #00 | prologue

La haute tension provoquée par les livres dont l’empreinte reste indélébile est proportionnelle à l’obscurité dans laquelle ils m’ont d’abord jetée. Ceux qui ont le pouvoir de bouleverser notre compréhension du monde plongent d’abord dans la stupéfaction. La lecture est une épreuve pourtant on sait comme une évidence qu’il faut y retourner. Je pense à un récit qui s’est éclairé Continuer la lecture#été2023 #00 | prologue

#techniques #07 | Signes glissants

Les noms de villes sur l’autoroute surgissent comme des ouvertures possibles sur l’ailleurs. Mais on est vite rattrapé par la même réalité banale, insignifiante. Où partir : Saragosse, Pau, Mont de Marsan ? On prend de la vitesse sur l’autoroute et les signes glissent, défilent en promesses éphémères – Toulouse, Agen, Tarbes, Pau, Mont de Marsan. Aliénor princesse d’Aquitaine étend au loin Continuer la lecture#techniques #07 | Signes glissants

#techniques #1 Le là

Le sentiment du là, pas ailleurs, de la présence, de l’ancrage, du sol, d’une consistance, d’une chose qui existe, qu’on comprend, qu’on voit, qu’on peut entendre, qu’on peut toucher, le sentiment du palpable, du pas absent, du pas après l’autre, de ce qui donne le sentiment de l’existence, d’être là, pas ailleurs, pas n’importe où, et que ça existe aussi Continuer la lecture#techniques #1 Le là

# techniques # 5 Le chèvrefeuille

Le chèvrefeuille ensorcelant diffuse l’odeur des corps exténué dans le frais matin clair. D’une fleur si fragile un parfum envoutant révèle la vulnérabilité. Le chèvrefeuille capture la senteur étouffante des corps ruisselant dans le printemps finissant. D’un parfum la vue s’écœure. Le chèvrefeuille infuse la douceur capiteuse des cœurs trop fragiles dans le jardin d’enfant. Comme un poison violent, le Continuer la lecture# techniques # 5 Le chèvrefeuille

# techniques #3 Mon corps là

Derrière les silences mon corps encombré de ce qu’il est encore – là, oublieux de ce qu’il faudrait être – là, embarrassé des règles de ceux qui sont encore – là, adossé sans armatures qui le tiennent sur une chaise – là, mon corps encombrant ne sachant plus quoi taire – là, mon corps oubliant qu’il faut obéir, se soumettant Continuer la lecture# techniques #3 Mon corps là

Le double voyage #10 le dernier voyage

Le phare découpe une portion de réel au milieu de l’océan. Le décor n’a aucune importance en réalité. Seul le phare existe et ce qu’il libère comme possible : la possibilité de voyager dans le temps, la possibilité de voyager de l’intérieur. Le phare est un élément pittoresque du paysage maritime. Mais ce décor n’a aucune importance en réalité. Le phare Continuer la lectureLe double voyage #10 le dernier voyage

#transversales #07 | De l’intimidation en littérature

I Où l’on verra comment Oly essaye de devenir poète Oly a toujours lu, toujours voulu écrire sans savoir par quel bout prendre la langue, sans savoir de quelles libertés user avec le beau langage, le langage institué, le langage reconnu, le langage littéraire. Elle a d’abord voulu donner une consistance à son propre personnage, déterminer des contours, inscrire une Continuer la lecture#transversales #07 | De l’intimidation en littérature

Le double voyage #9 Le Grand Horloger

Le Grand Horloger me raconte l’histoire d’un gardien de phare de la pointe du Raz et d’un berger de l’Auloueilh dans les estives pyrénéennes. Il précise qu’il n’a pas tous les détails concernant les points cardinaux, il est sûr de la zone ouest mais il ne peut pas expliquer le décalage géographique entre le nord et le sud, l’océan et Continuer la lectureLe double voyage #9 Le Grand Horloger