A propos de Betty Gomez

Lire certes, mais écrire...

#rectoverso #08 | les cent pas

RECTO Tous les jours nous faisons les cent pas ensemble dans la cour tout en jetant un coup d’oeil aux élèves. Nous parlons peu. Ce garçon est un taiseux. Il est un peu plus âgé que moi, plus riche aussi, fils d’instituteur, époux d’institutrice. Lui, ce qui l’intéresse, c’est les avions. En construire, en piloter. Et l’informatique. C’est un as Continuer la lecture#rectoverso #08 | les cent pas

#rectoverso #07 | le fait est que le verso reste à écrire

Le fait que les cousins s’en vont, le fait qu’elle les raccompagne, le fait qu’elle n’aime pas s’éloigner, le fait qu’ils habitent à l’étage, le fait qu’il est resté là-haut, le fait qu’il faut le temps de descendre, de les raccompagner, le fait qu’elle n’aime pas ça, qu’elle a toujours cette angoisse, le fait qu’elle ne le lui dit pas, Continuer la lecture#rectoverso #07 | le fait est que le verso reste à écrire

#rectoverso #06 | la poussière est l’apanage des riches

RECTO  Instituteur. C’est écrit là, sur la carte de visite, juste en dessous de mon nom. Ça a une autre allure qu’entrepreneur! Mon père a beau dire -l’entrepreneur c’est lui, mon père- que je gagnais moins que son ouvrier quand j’ai débuté, il échangerait bien ma blouse grise contre ses vêtements de chantier, ses mains bouffées par le plâtre, et Continuer la lecture#rectoverso #06 | la poussière est l’apanage des riches

#rectoverso #05 | la rue de l’école

RECTO C’était le quartier familier, la rue de l’évidence, la rue de l’école, toujours de l’école même s’il y en avait trois, une pour chaque temps de l’existence, de l’éternité. La maternelle, les deux primaires. La rue reliait les maisons des grands-mères, dans lesquelles vivaient les grands-pères, mais c’était celles des grands-mères, elles qui accueillaient, préparaient le goûter, le déjeuner, Continuer la lecture#rectoverso #05 | la rue de l’école

#rectoverso #04 | à reculons

RECTO Des blouses grises et bleues, des préfabriqués, des vastisas et l’origine du mot, was ist das?, des murets, des marches en cairons, des grillages, un portail, un couloir, ce qui pourrait définir une prison. C’était l’inverse.  Auguste Comte, le positiviste qui ne respecte pas les règles d’orthographe,  Les billes, et forcément le sac de Billes de Joseph Joffo. L’ai-je Continuer la lecture#rectoverso #04 | à reculons

#rectoverso #03 | il y a oui

RECTO Il y a. Stupéfaction, étonnement, effroi, vertige. Il y a. Es gibt. L’être est là, là, sans qu’on ne sache pourquoi. Il y a, étonnement et appel. Il y a. Quelque chose et non pas rien. Pourquoi? Il y a, le déjà là. Il y a, preuve du réel, de l’effectif. Pas en puissance, la puissance c’est un possible, Continuer la lecture#rectoverso #03 | il y a oui

#rectoverso #02 | des stades, des nuits et un film

RECTO à ce stade de la nuit, dans la maison endormie, j’erre devant les bibliothèques, passe en revue les couvertures familières, devine les titres à la couleur de la tranche, au format, à l’emplacement du livre. Je cherche un ouvrage pas encore lu, un de ceux relégués jusque-là, mais à lire ce soir, faute de mieux, ou parce que c’est Continuer la lecture#rectoverso #02 | des stades, des nuits et un film

#rectoverso #01 | Bord de mer

RECTO Un samedi soir d’été caniculaire. Une station balnéaire. Un ancien village de pêcheurs transformé en lieu de villégiature par les bourgeois (commerçants, propriétaires viticoles) de la sous-préfecture voisine, dans les années 20, avec apparition des premières villas de bord de mer (cossues, imposantes, avec leur nom en façade, mon bijou, villa Maurice, l’Horizon), puis d’immeubles, dans les années 70, Continuer la lecture#rectoverso #01 | Bord de mer

#boost #8 | pour le moment

Moment corps de peau qui crisse, se refuse, de chair qui abrite, invasive, de muscle qui cède, de nuque qui tiraille, de squelette qui appelle.Moment d’audace ensemble, moment de trois fois rien, encore faut-il, là sous le soleil.Moment d’écoute, de monde son, de  corps tendu, réceptacle, accueil, guet, de corps qui s’étend.Moment d’éveil, quand, quoi, qui. Compter les vivants et Continuer la lecture#boost #8 | pour le moment

#boost #7 | Ce que nous voulons, ce que nous sommes

Les saluer du mot, de la main, les trois arbres, pour qu’ils veillent, défient le temps.Caresser comme par hasard le tronc de l’amandier.S’efforcer à sourire dans la pièce vide, pour que le geste devienne sensation, respiration. Chanter, toi qui ne chantes pas, pour couvrir le tambourinement du pouls dans les tempes, le cliquetis de la montre, chanter pour opposer au temps Continuer la lecture#boost #7 | Ce que nous voulons, ce que nous sommes