#rectoverso #11 | des croyances ou… superstitions

Recto Signaux Quand la 4G décroche sans raison au moment précis où l’on pense à quelqu’un. Un texto qu’on efface avant de l’envoyer, et la personne répond sans qu’on n’ait rien dit. On dit qu’un rêve où quelqu’un s’excuse annonce un départ. Qu’un appareil qui s’éteint trois fois d’affilée veut vous prévenir. C’est toujours au moment de chercher quelque chose Continuer la lecture#rectoverso #11 | des croyances ou… superstitions

#rectoverso #10 | S.Doppelt, Contrechamp

Recto les canards glissent paisibles sur l’étang du bois de Vincennes comme des plumes oubliées par le vent, leurs silhouettes sombres découpent le miroir vert de l’eau, traçant de légers sillons en suspend dans l’après-midi. Derrière eux un petit bateau d’enfant jaune pâle vacille, poussé par une main invisible ou un souffle distrait, il avance lentement, hésite parfois se faufile Continuer la lecture#rectoverso #10 | S.Doppelt, Contrechamp

#rectoverso #08 | G.Stein | rire un peu…

1. Cuisine — Osmoseur inversé L’osmoseur inversé trône à gauche de l’évier comme un petit pancréas survolté. Il filtre tout, même les conversations, dit-on. Il fait croire à l’eau qu’elle n’a jamais vu de chlore, qu’elle n’a pas connu les tuyaux rouillés, ni les résidus de spaghetti rincés dans l’évier. L’eau sort pure, prétentieuse, maigre de souvenirs. On la boit Continuer la lecture#rectoverso #08 | G.Stein | rire un peu…

#rectoverso #08 | N.Sarraute | Coco

Recto Avec Coco, les jeudis, c’était notre grand luxe. Notre manière à nous de tordre un peu la ligne droite de la semaine, de glisser du côté des images, des couleurs, des choses inutiles. On partait souvent en début d’après-midi, jusqu’à Saint-Michel ou Odéon, parfois un changement pour aller flairer une galerie plus lointaine — rue des Beaux-Arts ou du Continuer la lecture#rectoverso #08 | N.Sarraute | Coco

#rectoverso #07 | « quand on tombe amoureux on se relève attaché » B. Cyrulnik

Recto Le fait que c’était un mardi ou un jeudi je ne sais plus mais du fait que le ciel avait cette teinte précise de gris poudreux et que le trottoir était encore mouillé de la veille, que je marchais trop vite ou trop lentement, le fait que je l’ai vu, lui, du fait que j’avais rêvé de ma grand-mère Continuer la lecture#rectoverso #07 | « quand on tombe amoureux on se relève attaché » B. Cyrulnik

#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly – entrelacs

Je me lève toujours avant que le jour ne commence vraiment, quand il est encore tiède de nuit. J’aime ce moment. Les garçons dorment, leur respiration égale me rassure. Je fais chauffer de l’eau, pas pour le thé, juste pour entendre le bruit, cette vapeur qui sort de la bouilloire, c’est comme une preuve que je suis là, dans le Continuer la lecture#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly – entrelacs

#rectoverso #05 | La môme

Ménilmontant, XIe arrondissement, aux lisières du XXe.Dessous la ligne 2 du métro qui brinquebale au-dessus des boulevards,il y aurait eu, dit-on, une gare de marchandises au tournant du siècle —mais moi, je ne l’ai jamais vue.Juste les rumeurs de fer, les vestiges dérobés par le temps et les façades rongées de suie. À la sortie du métro, on prenait à Continuer la lecture#rectoverso #05 | La môme

#rectoverso #04|Mariane Alphant, maintenant

Le présent s’impose comme une injonction silencieuse. Non pas le présent des horloges, des cadrans ou des mises à jour, mais celui qui colle au corps, cette pellicule d’instant qui ne cesse de se régénérer, de nous happer. Il faudrait être là, tout de suite, parfaitement là. Être présent à soi, au monde, à la conversation, au visage de l’enfant, Continuer la lecture#rectoverso #04|Mariane Alphant, maintenant

#rectoverso #03 | Camille Laurens il y a des oui 

Recto Il y a des pétales de coquelicot ressemblant à des petites lèvres, fragiles, froissés rouges comme un aveu muet Il y a des baisers qui n’ont jamais trouvé de bouche, ils errent orphelins Il y a des miroirs qui reflètent l’attente Il y a des mains pleines de promesses non tenues Il y a des aiguilles qui tournent dans Continuer la lecture#rectoverso #03 | Camille Laurens il y a des oui 

#rectoverso #02| Maylis de Kerangal nuits et je, pluriels

Recto à ce stade de la nuit — le vent s’engouffre dans les interstices du bâtiment, racle les vitres, secoue les stores métalliques comme une main impatiente, je suis là, collé sur la banquette d’une salle d’attente, néon clignotant, un halètement absorbant l’air — le couloir s’allonge, couve le silence, j’entends au loin le pas d’une infirmière, ou peut-être est-ce Continuer la lecture#rectoverso #02| Maylis de Kerangal nuits et je, pluriels