PROLOGUE DU CYCLE ÉTÉ 2026 CHRONIQUES suite

5  Propositions On pourrait imaginer que l’on prenne la dernière phrase du texte de quelqu’un et qu’on écrive un texte en se servant de cette phrase, ou bien que l’on invente ce qui a amené le récit à cette fin ou bien (expression beaucoup utilisée en suisse romande) prendre un paragraphe ou bien… changer la ponctuation d’un texte ou extrait choisi Continuer la lecturePROLOGUE DU CYCLE ÉTÉ 2026 CHRONIQUES suite

PROLOGUE DU CYCLE ÉTÉ 2026 CHRONIQUES

1 Comment va le monde ? Nous ne transformerons jamais le monde en ne racontant que ce qui l’abîme 2 La citrouille   En regardant ce ventre de citrouille prêt à bondir de la toile de 45X50, j’ai la trouille.  Je ne sais pas d’où elle vient. Je sais qu’elle est simplement là comme certaines vérités qui ne frappent pas à la Continuer la lecturePROLOGUE DU CYCLE ÉTÉ 2026 CHRONIQUES

#livre #08 | Borges, à bribes rebattues

A tout soudain…  C’est ainsi que les mots se sont échappés sans qu’on les contrôle portés par une force invisible, une certitude presque mécanique s’est installée : on s’entendra, on se reverra bientôt, Peut-être qu’aucune page n’est jamais tournée pour de bon dans ce livre. Peut-être que tout ce qui y fut écrit continue de dériver sous la surface, attendant l’instant où le Continuer la lecture#livre #08 | Borges, à bribes rebattues

# le livre comme fiction #07 | Borges, loin dans l’infini

Pendant longtemps j’ai cru me souvenir d’un livre. Mais ce mot lui-même est incertain. Ce n’était peut-être pas un livre. Peut-être une phrase isolée, une suite de sons, ou la trace persistante d’un texte jamais situé avec précision. Il ne me reste qu’un début revenu sans cesse, indépendant de toute origine vérifiable. « Loin dans l’infini s’étendent de grands prés marécageux… ». Continuer la lecture# le livre comme fiction #07 | Borges, loin dans l’infini

# le livre comme fiction #06 | A.Ernaux, dis, invente-moi une histoire 

 J’ai appris que j’avais été une enfant en inventant des histoires pour ma fille. Avant cela l’enfance était derrière moi un paysage traversé de nuit. Je connaissais les faits. Je pouvais nommer les maisons, les écoles, je connaissais l’odeur de la craie, d’un manteau rouge, d’un jardin, et je croyais que les livres poussaient comme les arbres ou les nuages. Continuer la lecture# le livre comme fiction #06 | A.Ernaux, dis, invente-moi une histoire 

#livre #05 | M. Jullien. Passants

Il n’y avait pas de boîte à livres. Une table, juste une table. En bois gris, devant une maison du village, dans l’interstice, entre cour pavée et rue. Un territoire de personne, pas dedans pas dehors, ni don, ni abandon. Une surface intermédiaire où suspendre les usages. Une table de celles sur lesquelles on écosse des haricots, on pose les Continuer la lecture#livre #05 | M. Jullien. Passants

#livre #04 | M. Jullien, donne-moi quelque chose qui ne meure pas

Longtemps j’ai cru ranger des livres, en vérité je déplaçais des périodes de ma vie, les livres savent cela avant nous : ce qui manque, ce qui revient, ce qui menace de disparaître, ils préparent les territoires. J’ai voulu croire qu’une bibliothèque pouvait être une organisation du monde, les auteurs se répondant d’une étagère à l’autre avec l’autorité rassurante des systèmes. Continuer la lecture#livre #04 | M. Jullien, donne-moi quelque chose qui ne meure pas

#livre #03 | vous avez dit : les coquelicots ? 

Quelques rues en pente sous le soleil blanc, et tout là-haut l’église qui tient le village immobile dans le vent. Là une librairie occupe plusieurs maisons étroites prises entre deux rues qui se croisent en pointe, une fente dans la pierre pour y glisser des livres. On y entre sans bien comprendre où commence la librairie. Une porte ouverte sur une Continuer la lecture#livre #03 | vous avez dit : les coquelicots ? 

#livre #02 | atlas soutenant l’atlas

L’atlas, est-il destiné à des gens qui possèdent déjà le monde et veulent simplement vérifier là où ils l’ont rangé ? D’ailleurs, le lit-on ?  On s’y incline. Couverture toilée, bleu sombre, lettres dorées enfoncées dans le carton comme les noms des morts sur les monuments des disparus. Petite je le portais à deux bras, j’avais la démarche d’Atlas lui-même, un atlas parisien Continuer la lecture#livre #02 | atlas soutenant l’atlas

# le livre comme fiction | #01 bis, le livre comme gestuelle, M. Julien 

Sur la chaise haute au placet en cuir brun tout commence à la table par une prise, souvent à deux mains, parfois une seule. Ici je m’arrime, le dos droit, les pieds amarrés à la barre métallique, je cale le corps pour la liberté du geste. Il est là. Je l’attrape d’une main ou plutôt il me saisit du regard. Puis Continuer la lecture# le livre comme fiction | #01 bis, le livre comme gestuelle, M. Julien