#chroniques#02 | points de bascule

1 monde

comment exister sans rêves ?

2 réel

elle écrivait, adossée à son canapé Chesterfield en cuir marron foncé, face à la baie vitrée donnant sur les vignes, le soleil était encore haut dans le ciel, elle ne le voyait pas mais sa lumière imprégnait la pièce toute entière. son ordinateur était posé sur ses cuisses, de temps en temps elle regardait loin devant elle, loin à l’horizon, dans ce champ de vignes qui ne s’arrêtait jamais du moins pas dans son champ de vision à elle. puis elle avait comme une illumination et tapait à toute vitesse sur cet ordinateur, un hp gris clair, simple mais efficace. ses pieds ne touchaient pas le tapis blanc à long poils car elle était enfoncée au fond du canapé, les fesses dans le creux, le dos appuyé contre le dossier. sur sa gauche, un long couloir menait à une autre pièce, sans qu’on puisse vraiment la distinguer, il s’enfonçait dans l’obscurité, qu’aucune lumière n’éclairait, de jour comme de nuit. derrière elle, on voyait une large bibliothèque en bois foncé, pleine de livres de tous genres, toutes matières, toutes couleurs. La bibliothèque était encastrée dans le mur, inébranlable, partie intégrante du décor, peut-être même son cœur. cette pièce était un havre de paix pour elle. un endroit où le temps ne semblait pas exister, seul le soleil indiquait le moment de la journée qu’il était, aucune horloge n’était présente, pas de meuble à part une table basse entre le canapé et la baie vitrée, où elle posait ses livres en cours, ses papiers, son ordinateur. le soleil couchant caressait maintenant la pièce de ses doigts orange, disparaissant petit à petit derrière les vignes.

3 le voyage intérieur

 » ne pas tomber à chaque secousse, rester bien fermement ancrée »

si je devais écrire un carnet de voyages, il serait sur le voyage de mes pensées, leurs évolutions, leurs abandons, leurs renouveaux, leurs termes, le tourbillon incessant qui jamais ne cesse de fumer sous ma boîte crânienne, qui aboutit à une philosophie de vie, une manière de voir les choses, de vivre les choses, la recherche urgente et presque vitale de ma longueur d’onde, ma paix, trouver l’équilibre tant recherché, tant attendu, comment commencer vraiment sa vie avant de l’avoir trouver ? de plus en plus je sens l’objectif se rapprocher, je le touche du bout des doigts, je pense presque le saisir à certains moments, complétement m’en emparer et l’apprivoiser, cette sérénité, ce point d’équilibre où il faut se tenir pour balancer à sa guise selon les vagues et maintenir le cap, ne pas tomber à chaque secousse, rester bien fermement ancrée, si je reste concentrée rien ne pourra me déloger. alors ce livre de voyage partirait du tout début, ma toute première pensée (y en a-t-il vraiment une première ou arrivent elles déjà en rafales ?) mais comment la capturer ? comment s’en rappeler ? alors ce serait peut-être un état d’esprit, comment je me sentais, qu’elles étaient mes principales pensées, qu’est-ce que j’en tirais ? qu’est-ce qui a été le plus décisif ? mes pensées ou mon environnement ? comment mes pensées grandissantes, évoluant et en amenant de nouvelles avec elles, ont-elles assimilé mes expériences, les événements marquants, les pensées des autres ? comment être sûre qu’une pensée est vraiment la mienne ? je ne suis pas toujours d’accord avec elles. tout cataloguer, retenir, analyser, comprendre, expliquer ?

4 la porte

derrière l’armoire, dans notre chambre, au bout de l’appartement, un mur. pourtant j’ai le sentiment que ce n’est pas un mur infranchissable, qu’un passage secret, une porte magique pourrait apparaître, s’ouvrir et révéler un monde merveilleux. ou pas forcément merveilleux, mais inconnu, mystérieux, profondément attirant. c’est l’incertitude même qui donne envie de savoir. le fait que ce soit caché. peut-être uniquement accessible par moi ? Qu’y a-t-il derrière cette porte? Elle m’attire et je sais que je finirais par l’ouvrir et la franchir mais à la fois je sens un danger émaner de ce rectangle qui se dessine dans le mur, cette poignée trop lisse et parfaite pour ne pas renfermer un terrible secret, un mystère irrésolu et qui aurait peut-être dû le rester. Mais je franchirai cette porte, mon corps semble s’avancer sans réfléchir sans pouvoir s’arrêter, je poserai ma main sur cette poignée et l’abaisserai puis pousserai cette porte.

5

Il fait nuit noire et une pluie fine mais vigoureuse…

Je suis trempée jusqu’au os et je n’ai…

…étaient hostiles et je ne retrouve plus le chemin…

…plus jamais rentrée.

Cette époque me paraît si…

…mes rêves, la réalité avec des cauchemars.

…perdue, d’à quel point plus rien n’est comme avant.

Quand je marche, mes pensées sont envahie de millions…

…et qu’un contact irréversible soit établi.

Ils me regardent, tous,…

…ma vue me ramènent à la réalité.

…et je cours.

Peut-être que même mon propre cœur n’est plus…

…d’enfin n’avoir plus à me côtoyer quotidiennement.

Pourtant, par une force presque titanesque…

…inévitable mon futur bonheur.

N’importe qui verrait ma vie…

…les moyens d’agir sur ce qui m’arrivait.

A propos de Alice Boussarie

24 ans, étudiante de troisième année en Licence Humanités (philosophie, littérature, histoire). J'aime écrire depuis que je sais écrire, des pensées, des inventions, des poèmes, des petites histoires, des expériences. écrire me permet d'exprimer ce que je ressens, de donner vie à mes pensées, à mon monde intérieur et de me comprendre mieux moi-même.

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