# été 2023 #01bis | Ce qu’il se demandait.

Avait-elle connu cela elle aussi ? Ce grand surgissement impératif et qu’il faudrait ne faire que cela quand tout le reste serait reporté à plus tard  n’aurait plus d’importance et ce serait jusqu’à perdre existence tombé dans le néant pour ouvrir toute la place du corps au-dedans qui dicte depuis la tête ou depuis le ventre comme cela l’avait dépassé le corps tombé en dépendance les muscles sous le joug à taper le clavier tap tap tap plus vite pour suivre la voix qui parle là tout en haut dans la tête relayant le creux du corps au niveau du ventre se passant le relais oui il l’avait bien connu et elle donc se demandait-il, parce que sinon pourquoi aurait-elle pris ces photos sans le pourtour comme tronquer la réalité pour y substituer quelque chose et cela aurait été quoi sinon l’écriture remplir le dedans des maisons avec eux imaginés planter leur corps dans le décor à cause d’une commande qu’on lui aurait faite, et qu’il faudrait obéir comme honorer une promesse, à moins qu’elle ne se la soit faite à elle-même, quelqu’un aurait dit écris là-dessus et elle l’aurait fait, pour la première fois malgré la contrainte ou à cause d’elle, les mots auraient dépassés sa pensée, se seraient ordonnés pour servir l’anecdote (qui se devait d’être drôle, faire rire ou sourire et juste un peu pleurer mais pas trop parce que les gens ne veulent pas lire des trucs tristes), mais le regard de l’inconnue en elle qui écrivait voyait et pensait différemment, et de cette vision extérieure le texte s’était écrit, de ce que cela lui faisait la connaissance du corps du danseur, sa façon de marcher de se déplacer, de se dresser sur les pointes, de se plier et déplier dans toutes les directions, son port de tête, la perfection faite homme, et comme lui, elle aurait écrit. Peut-être cela lui était-il arrivé aussi, sinon pourquoi se serait-elle assise repoussant sa tasse de café brûlant à une heure où tout le monde dormait encore pour poser son café sur les taches de ceux d’avant.  Sa toute première fois à elle… À lui. C’était devant un ordinateur à l’écran monstrueux, large et profond, qui mangeait presque toute la table en formica, coincée dans l’angle de la pièce qui leur servait de bureau, les pieds sur la moquette couleur prune qui serait bientôt arrachée, d’avoir subi les dégâts d’un débordement d’eaux usées de la salle de douche en face, mais sans cette moquette d’un ton improbable, une nuance de couleur lie de vin mêlée à un mauve profond, le texte se serait-il écrit ? Il n’avait jamais pu être certain de la réponse.

Les commentaires sont désactivés.