#écopoétique #06 | Pluies incessantes

Ô pluie incessante ! Impossible d’arrêter l’ écoulement de ton eau sur mes volets fermés J’entends encore et encore les larmes du ciel glisser tristement le long des gouttières. L’eau s’infiltre partout où le temps gelé casse et fissure, sans discontinuer, creusant les rides des façades Les gargouilles aux yeux exorbités vomissent un peu plus d’eau chaque jour, tombent des frontons Continuer la lecture#écopoétique #06 | Pluies incessantes

les mardis #02 | Perec, porte fantôme

Dans ton souvenir, la porte n’est plus. Elle a disparu. Pourtant, tu l’as franchie ce soir-là. Une fois la porte ouverte, tu as posé le pied sur le seuil gris cimenté encore tout tiède dans le soir d’été. Pour retrouver la porte, il faudrait retrouver la photographie de cet autre jour. Ta sœur déguisée et maquillée, assise sur le seuil Continuer la lectureles mardis #02 | Perec, porte fantôme

les mardis #01 | Perec, dormir en mouvement

dans le noir de l’avant l’aube et le demi-sommeil du départ en vacances transbahutée dans les bras de mon père déposée à l’arrière du camping-car les rêves bientôt striés de réverbères dans la fente ajourée du rideau à pression, et sous la joue le rêche de la couverture et le frais de la nuit qui fait s’enfoncer un peu plus Continuer la lectureles mardis #01 | Perec, dormir en mouvement

#écopoétique #01 | le silence, ça n’existe pas

La torpeur du soleil faisait taire la ville endormie. Assommée. Abrutie. Au fur et à mesure où elle s’éloignait de l’axe routier principal, le silence gagnait. En épaisseur. Même si le silence, ça n’existe pas. Ce qu’elle croyait. Frôlement des pas dans les herbes, pépiement des oiseaux, froissements. Le silence, pensait-elle, c’est l’inhabité. Le désert, c’est le silence. Elle déambulait Continuer la lecture#écopoétique #01 | le silence, ça n’existe pas

#écopoétique #05 / la maison sur la falaise

C’était un pavillon ordinaire, comme il se faisait dans les années 1970, avec un grand jardin tout en longueur jusqu’à la falaise. Au bout, trente mètres plus bas, il y avait la mer. Enfant, je n’avais pas le droit de m’approcher du bord. Le grand-père y veillait. Toujours fourré dans ce potager qui prenait bien la moitié de la surface Continuer la lecture#écopoétique #05 / la maison sur la falaise

#écopoétiques #05 | une église singulière

La place Camille Jullian de Bordeaux, un avant, un après. Rechercher sur internet quelques photos des années soixante-dix. Au centre un monument composé d’une colonne et de pierres provenant du mur d’enceinte de la ville romaine, en hommage à l’historien Jullian, spécialiste de La gaulle romaine. Des voitures garées autour du monument. Sur un côté de la place, la vieille Continuer la lecture#écopoétiques #05 | une église singulière

#écopoétique #06 | Mes pluies

Pas la peine d’être grand clerc pour savoirque cet homme est né sous les tropiquesqu’il n’a jamais douté de la pluiequ’il n’a connu que les pluies tièdes qui tombent en banian sur la ville La pluie qu’on attend, qu’on espère, qui ne viendra peut-être pas« Il n’est tombé que quelques gouttesmême pas enregistrées par le pluviomètre »on notera « traces »pour cacher sa déception Continuer la lecture#écopoétique #06 | Mes pluies

#écopoétiques #05 | Vignes Planes

C’est un chemin. Un chemin, ça n’a pas de nom. C’est un chemin en terre, un chemin étroit, bordé de hauts talus. On l’emprunte pour aller en ville. On dit en ville, on devrait dire au centre du bourg. Personne ne dit le bourg. On dit ville, on pense village. On ne croise pas grand monde sur le chemin. Le plus souvent, on ne croise personne. On marche, on regarde, on ramasse des mûres, on pousse le landau, la poussette, on tient les enfants par la main, on les laisse gambader. Continuer la lecture#écopoétiques #05 | Vignes Planes

#écopoétique #06 | Berceuse

Ô Pluies ! Accompagnez de vos cascades vos gargouillis dans les gouttières,   Ô Pluies ! Rythmez vos déluges et martelez les tuiles  Ô Pluies ! Recouvrez les sons nocturnes de votre tambourin  Ô Pluies ! Calmez les frayeurs par votre bruit assourdissant Ô Pluies ! Bercez l’enfant, abandonné dans la maison Ô Pluies ! Accompagnez-le dans son sommeil  Ô Pluies Continuer la lecture#écopoétique #06 | Berceuse