la Loire à Kamouraska


Je ne crois pas qu’on soit réellement revenu du Québec. On vit là comme si c’était juste à côté, une rue à prendre, une porte à pousser. On avait tant de projets à continuer là-bas, pas spécialement Québec, d’ailleurs, Canada plutôt : Toronto dans la suite intime de vos villes, et la route qui passe les montagnes pour descendre vers le Maine – et pousser enfin la 138 jusqu’à Sept-Îles et pourquoi pas plus loin. Il n’y a que Kamouraska qui nous a déçus, on ne retournera pas à Kamouraska. Dans cette totalité Québec, il y a intérieurement, pour moi, le fleuve : avant tout le fleuve. Bien sûr je lis les blogs amis, l’interrogation sur ce bout de langue projeté dans la vaste Amérique, ça déplace définitivement les repères. Mais le fleuve est si rémanent dans la structuration mémorielle qu’on n’imagine pas en voir un autre après lui. Pourtant, cet après-midi, ici où si souvent venu dans les lumières d’automne, la Loire existe. Rien à voir avec la majesté, les dimensions, la façon là-bas dont ça vous projette, mais c’est bien la Loire qu’on trouve déjà dans les aquarelles de Turner, passé ici (il a même dessiné Saint-Florent le-Vieil).Alors un peu plus de questionnement sur le pourquoi, qu’est-ce qu’on fait ici, tout petit pays, pays malade, monsieur le président promène madame sous les aurochs de Lascaux, sachant que respirer même leur fait du mal mais ça ne lui fait rien...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 12 septembre 2010
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Messages

  • Passé la journée à me remettre d’une expédition de la veille à Melun, journée pour moi studieuse, retour épique : le bon camarade conducteur et les bons copains du bon camarade bourrés et défoncés. S’en rendre compte trop tard ; n’avoir pas eu trop le choix.
    À préparer mon lendemain aussi : les comptes sont sans appel, il me faut trouver à bosser et cesser de rêver à écrire à temps plein.
    Juste au moment où s’achève enfin mon petit chantier numéro 1, lequel m’aura fait des blagues jusqu’à la fin.
    Ah si seulement l’amour ...

    Voir en ligne : traces et trajets

    • (tiens il m’a remis la photo ratée de Paul Bley...) (qui ça, "il" ?) (pourquoi pas "elle" ?) (ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle est ratée) (la photo de Paul Bley, pas la logique du logiciel) (à deux ans d’aujourd’hui, à huit heures un appel téléphonique m’apprenait sa mort) au ministère de la culture, une cellule est chargée des anniversaires et commémorations - rien que pour ça, ce ministère est à vomir (sans compter la présence (?) alibi instrumental à sa tête) (jt’en parle même pas) (non plus que de ses collègues, ces ordures infâmes qui ne cessent de mentir) (la chanson de François Morel "fatigué" dit comme ça :
      "Quand les maîtres sont enragés est-ce étonnant
      De voir les chiens encouragés montrer les dents")(je l’ai déjà dit, je bloblotte ou quoi ?) (non)-
      Je ne suis pas fatigué, ni mort ni rien, mais des fois, c’est lourd (je me souviens de Léo Ferré qui nous disait quelque chose comme "Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok... (...) A l’école de la poésie, on n’apprend pas, ON SE BAT") (juste j’ai peu d’armes) (la rue de Belleville à sept heures du soir en septembre) (tu te souviens Rome et ses ocres)

    • de bouchers dans un abattoir ; j’ai bien aimé l’expression désabusée d’un des "jeunes" qui avaient convaincu l’instit de descendre :
      "nous, on ne s’était pas essuyé les pieds avant de rentrer"

  • les pigeons ont soif...

  • c’était neuf heures moins le quart, la fin de la cafetière - c’est rare, une cafetière finie vers 9 heures mais c’est comme ça - la fenêtre de la cuisine.. l’odeur d’abord, puis le téléphone, le 15 : samu, le 18 : les flics, non, le 19 ? la boule un peu perdue, paja, pompiers, 18, "vous avez été identifié, votre numéro a été enregistré... nous recevons beaucoup d’appel veuillez patienter... (bis) (ter) (...) rue du faubourg-dit la voix- oui, on sait on arrive, merci..." Les jetons, je me suis tiré, j’ai pris "Franck" avec moi, l’odeur de plastique brûlé...

  • il paraît qu’ils étaient trois, des chinois, ils sont morts... toute la matinée et jusque trois heures, la police "non on ne passe pas"-mais je vais juste acheter du pain... "où ça ?" ben là, juste en face là... "suivez moi"... je passe, le déploiement : je me suis dit que le cinéma avec ses lumières et ses fauteuils, c’était juste du pipo (du cinéma, voilà) ; je me suis dit que les types là, en noir et jaune, gagnaient en un mois ce que certains mettent une-petite- journée à engranger -sans compter leur chômage- et que ces derniers se comportent, parfois, au bar, ou ailleurs, vraiment comme des chiens (si ça se trouve, c’en sont) (ça fait un peu poujadiste, ce que je dis, peut-être bien) (mais parfois...)(la photo ça m’apprendra à regarder mon cadre)

    • "ces chinois alors, ils ne comprennent rien au portugais, on dirait que je leur parle anglais...!", c’est Maria, elle me porte un café (je lis) "celui-là il est payé" un sourire... Maria

  • il est là depuis que je connais la rue, je ne sais pas bien si c’est lui, un autre, une fille parfois je crois... (ça a l’air d’être le bazar, mais et Istambul ?) (dédicace spéciale parce que aujourd’hui, une place au lycée pour C.) ( un journal ça sert aussi à se souvenir)