2019.07.23 | esthétique de la consommation de masse

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tombeau vide de Voltaire

Ce ne serait pas un titre comme ça, mais une série récurrente. Non pas photographier les arrangements géométriques, voire brutalistes, ou seulement coloristes, de ce que produit esthétiquement la consommation de masse, avec ses normalisations, son façading, ses normes de marques et sous-marques), mais en faire une sorte d’inventaire permanent, d’inventaire au long cours qui permette de retourner sur elle-même cette peau arrangée du réel pour en comprendre quelques bribes des rouages de domination –– Adorno dirait mutilation.

Et pourtant rien qui puisse toucher à l’implacable présence de la moto garée trop près, à la plante même pas artificielle (je ne sais pas, en fait) et qui ne connaîtra que son coin de carrelage, les arrangements de transparence et séries récurrentes dans ces allées réservées dès mi-juillet à une rentrée scolaire au rabais et nous semble si triste par rapport au souvenir des objets de la trousse d’autrefois.

Qu’y a-t-il donc dans les colis qu’on vient ici retirer ?

Et rien de tout ça qui tiendrait, si simplement photographié au smartphone : ici finalement ils ont de moins en moins besoin de se protéger de l’image, personne qui m’ait embêté pour ce que je faisais. Philippe Cognée a peint ces magnifiques intérieurs de rayons d’hypermarché, sans rien céder de la politique et du cynisme économique de tout ça — moi je n’en suis pas encore au point que ces images deviennent valeur d’échange (curieuse machine à inventer, là on insère carte SD ou clé USB, pour les tirages photo : une des miennes qui sortirait de la fente, l’hypermarché se portraitant lui-même).

Enfin bon, suis revenu avec ma ramette de papier 80g, ça devrait aller pour rendre la compta du semestre, fin de semaine.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 juillet 2019
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Messages

  • (ces images rappellent le film "En guerre" (Stéphane Brizé, 2018) (j’ai appris hier je crois bien que les travaux de l’appartement de fonction du nouveau ministre LOL homard environ s’élevaient "normalement" suivant l’assemblée nationale à 63 mille euros - tout est donc normal - tout est donc pourri - ce n’est pas nouveau et ça empuantit quand même pas mal - il a démissionné donc tout est bien qui finit bien - au bas mot trois ans de salaire d’un smicard - ou d’une smicarde - tout est normal- dormez en paix brave gens

  • Je profite de ces quelques jours de répits - en l’absence de certaines infos mon dossier "future librairie" est en stand-by, et pas de remplacements en juillet à l’horizon -, pour prendre à nouveau en photo mon quartier et sa mue : aux bouibouis populaires, bazars divers, transporteurs pour les familles, succèdent les uns après les autres des restaurants pour jeunes urbains, boutiques liées au design, des supermarchés sans caissières ni caissiers, uniquement des assistants pour clients désorientés. Nous sommes pile au temps intéressant des cohabitations.
    Les nouveaux venus sont très au fait du marketing et peu sensibles à ses absurdités. La pizza ainsi se trouve reconvertie en expérience de vie. Il ne suffit plus d’avoir faim.

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