2019.09.06 | enterrons les cantines

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J’ai pu assister à cet événement qu’on garde en principe le plus discret possible : les scellés hermétiquement mis sur une cantine souterraine en vue de sa conservation pour le futur. Des fragments souterrains de la ville, en période de décadence amorcée, choisis et répertoriés pour leur représentativité, mis à l’abri pour servir de témoignage, à quelque date indéterminée du temps que ce soit. Des archéologues viendront, de quelque espèce humaine ou non-humaine qu’ils soient, et disposeront de ces signes pour reconstruire un rouage ou un usage signifiant de nos communautés : ici, sous la ville, une communauté à heures fixes se nourrissait. Bien sûr, au moment du dernier scellé, on est ému. On le fait aussi sans regret. D’autres fragments souterrains de la ville attendaient l’équipe de travail, et la liste confidentielle avec plan qui les guide dans leurs opérations. Restait l’argument des opposants à ce projet, mettaient en cause l’idée qu’on puisse reconstituer nos modes de vie actuels en retrouvant de tels objets urbains préservés, la ville disparue, ou suggéraient qu’on continue de les employer, ces lieux, au prix de modifications mineures : en faire par exemple des lieux de répétitions pour performances théâtrales, ou littéraires –- mais qui y aurait ajouté foi ?

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 septembre 2019
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Messages

  • Un petit centre ville aux boutiques encore actives et variées, malgré les désormais sempiternels hypermarchés aux périphéries ; des habitants courtois, une façon d’être qui me rappelle celle de mon Val d’Oise d’autrefois.
    Si la population n’était pas typique de maintenant, dans ses brassages d’âge, de conditions sociales et d’origines apparents, on pourrait se croire dans les années 70 ou 80 du siècle dernier, j’aurais pu me croire aux rivages d’enfance.
    Je travaille et je voyage sur-place dans le temps.

  • dans le métro, ils ont encore quelquefois laissé là des anciennes machines dont on a presque complètement oublié et rayé de nos pensées les fonctions et les aides - dans les rues il n’en reste plus aucune, certaines ont été converties en boites à livres afin de leur garder un semblant d’existence - mais ça marche

  • restent aussi quelquefois un témoignages de ce passé depuis si longtemps révolu - le passé le reste qu’il y reste - elles allaient par couple on s’y faisait appeler - je me souviens que les brigades rouges appelaient de celles de la gare de Termini à Rome pour n’être pas repérées - on y donnait (la plupart du temps) rendez-vous aux porteurs des rançons afin de les emmener dans un autre lieu, pour éviter qu’ils soient suivis - toutes ces choses-là...

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