2019.10.17 | Pierre Bergounioux au baccalauréat

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2019.10.11 | vie sauvage à Luçon

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C’est un sujet de baccalauréat pour l’année 2035 : « En vous appuyant sur différents passages des Carnets de notes de l’écrivain Pierre Bergounioux, et notamment ses notes du mois de janvier 2019 publiés dans les Cahiers de l’Herne qui lui sont consacrés, vous imaginez et reconstotuez quatre-vingt-dix minutes de discussion commune face à face dans le bar-tabac jouxtant la gare RER B du Guichet qui y est si souvent évoquée. Une partie de la conversation portera sur la répartition des temps d’écriture et de lecture dans sa journée, une autre sur sa fréquentation des casses automobiles et de son activité de sculpteur sur fer, de ses achats de pièces d’art africaines en Essonne via eBay ou le Bon Coin, vous lui expliquerez en retour comment pour vous le travail photographique et filmique interfère désormais suffisamment avec l’écrit et le livre pour que, photographiant, vous ayez l’impression de rejoindre une instance plus véritable du réel, ou bien du visage réel de celui qui creuse en vous et débusque cette élucidation noire et acharnée qu’est votre oeuvre. Vous tenez compte dans votre texte que vous abordez la trentième année de votre amitié, et vous vous embrassez en partant. »

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 octobre 2019
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Messages

  • vive le bac à la Blanquer qui met Bergou au programme raconté par Bon

  • (longtemps en cette gare je passais pour m’en aller quérir chez les particuliers les volumes de leurs déchets ménagers afin de les équiper en conteneurs idoines et adéquats munis de roues et en plastique - dans les verts tu comprends bien) (précédemment ou était-ce plus loin, pour aller au laboratoire de mécanique des fluides où on étudiait la course et la fragmentation des gouttes d’eau) (on ne serait pas plus étonnés que ça de voir ici Caro passer au bras de son Phil en train de rigoler - c’est plutôt vers Montgeron mais n’importe) (je me demande si Pierre Bergounioux porte des bermudas - non ce n’est pas lui, non) (je passe sur le fait d’emprunter le nom du café au rédacteur, mais tout de même) (droite cadre, on se demande qui passe là) (on ne sait trop qualifier l’enseigne du coiffeur : est-ce vaseux, futile, opportun, adapté, familier, en forme de clin d’oeil ou d’accroche-coeur ?)

  • Le personnage est attachant, ses livres sont des ruisseaux de campagne peuplés de trésors végétaux et minéraux. J’entends parler de lui par ceux qui l’aiment et le rencontrent. On me dit qu’il est inventif, créatif et généreux mais il est aussi un grand intellectuel entomologiste et érudit . Il a tant à dire que les mots ( raffinés) lui coulent du corps comme les trouvailles que charrie l’eau d’un ancien glacier à la mémoire mammouthienne. Il a dû être un professeur passionnant. Sec comme un sarment, avisé comme un vigneron un peu fébrile. Il scrute la matière comme un enfant curieux et ingénieux.Le connaitre me semble un privilège. Repasser mon baccalauréat avec lui serait une aubaine. Mais je ne l’ai pas assez lu encore. Merci de nous le rapprocher en ces vivantes images ! L’Ami Armand Dupuy, le fait aussi à sa manière lorsqu’il le cite dans un entretien :
    -  Nous sommes doubles et divisés, engagés dans le monde, agissants, passionnés, émus, agités mais capables, aussi, de recul et de réflexion.
     » Ce sont les premiers mots de La Cécité d’Homère. On en trouve des variantes dans plusieurs de ses livres. J’ai aussi en tête « On est partagé, par la force des choses ». Je ne sais plus si ça sort d’un livre ou d’une lettre, mais c’est bien enfoncé en tête.

    Voir en ligne : L’écriture au bout des doigts