2020.08.08 | suicide chez le Grand Meaulnes


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Comme pour l’ami et frère Eric Groleau l’an dernier, ou dix-huit mois juste pour être précis, ou tous ceux qui ont précédé le geste de se donner fin de vie (la phrase immuable de Walter Benjamin : « Et si le suicide non plus n’en valait pas la peine », qui pourtant n’a pas fonctionné pour lui) laisse une une onde de choc négative longue et lente, à dissipation résiliente. Et lorsque c’est un proche — je ne sais pas si on l’était, mais quand on discutait, dans sa petite mezzanine face Beaubourg, on l’était, et depuis longtemps — on est habitué à ce que le surgissement reconnaissable d’angoisse prenne en amont, dans la temporalité du geste et non pas le moment qu’on l’apprend. Alors tu repars arpenter tes forêts du dedans : l’inquiétude de parole, qu’ils n’en aient pas appelé à parole, du moins vers toi, comme justement ce qu’en toi tu ne saurais pas dépasser non plus. Cette forêt deux jours plus tôt, et tout près, était belle et neuve, infiniment neuve dans son recommencement — même avec un mort de plus à ses basques.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 août 2020
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