2021.03.14 | des hangars et des rêves


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On demande à nos photographies de nous sauver. Là, de nous sauver de l’immobilité, de nous sauver de la résignation, de nous sauver de l’infini vide quand on appelle. Ça reviendra, on repartira, des visages de nouveau se présenteront devant les portes réouvertes. Le hangar est tout près, mais c’est seulement depuis quatre mois qu’on a découvert ce chemin, le plus souvent possible, je le photographie. Même angle. Qu’il devienne ici personnage. Question d’enfant, l’autre dimanche : — Mais pourquoi il n’y a pas de porte ? Deux fois j’ai entendu ma mère prononcer le mot hangar. La première fois au sortir d’un rêve : — Il y avait un hangar. Et une autre fois dans ces dernières bascules de l’Alzheimer, marchant dans le petit espace extérieur de l’Ehpad : — Mais tu le vois bien, là, le hangar ? Si on lance une recherche #agriculture -> #hangars sur l’atlas des régions naturelles d’Eric Tabuchi et Nelly Monnier, c’est une des pages qui me touchent le plus, justement parce que, à faire émerger d’un clic quelques 120 hangars de nos régions, c’est celui que rêvait ma mère que je cherche sans trouver. Dans mes rêves à moi, désormais, des fictions naissent de ces hangars, de tous ou rien que du mien, là, que je continue de photographier, chaque fois qu’une balade nous y mène.

 

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 mars 2021
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