démolition


fin de la centrale de Gennevilliers


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Oradour

Je l’ai vue rongée comme un vieil ami dans une maladie, sans qu’on puisse rien faire. L’étonnante disparition des couleurs dans l’informe du tas. La façade sur Seine trouée la première : le quai de chargement était jumeau de celui de Billancourt tout proche.

Quel film il y aurait eu à faire, mais quelle chaîne l’aurait commandité ? Alors voilà, chaque fois que je passais en train. Dizaines et dizaines de photos en 2 ans, selon saisons du RER aux vitres jaunies. Maintenant, plus rien. Propre.

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écrit ou proposé par : François Bon
Licence Creative Commons ( site sous licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 juillet 2006.
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Messages

  • Heureusement que nous sommes là.

    A guetter, à écrire, à montrer, les lambeaux et ce qu’il y avait sous la peau des usines écorchées.

    La vie qui coulait là.

  • fin apparente

    de la haute présence

    tutélaire au bord du fleuve

    table rase

    ça démolit au dedans

    les points de passage

    l’ancrage

    d’une mémoire

    et la désaffection

    marque au fer rouge

    ceux qui restent

    la bâtisse

    signalant le parcours

    les allers et retours

    les traces de ce qu’en la regardant après les journées de travail on y a projeté

    ô la Seine

    maintenant

    que c’est arasé

    si seulement

    on y construisait

    des logements abordables

    pour accueillir enfin

    ceux que traquent les loups

    des logements au bord du fleuve

    pour ceux qui cherchent à se poser enfin

    ô la Seine

    et en finir avec les foyers d’urgence, les immeubles insalubres au bord du périph ou ailleurs

    construire

    et partout

    puisque la chasse à l’enfant

    a commencé

    C.E

  • Parce qu’elle m’avait touchée, cette disparition, parce que je ne possède pas d’appareil photo et que le train, trop rapide, interdit le croquis ; et enfin parce que les mots, si je ne les soutiens pas par des images, ne me suffisent pas, je me suis permis de dessiner une modeste suite à ce témoignage que j’ai mise en ligne sur mon blog.

    Voir en ligne : Démolition, les dernières semaines

  • merci, Pierre, pour ce dialogue imprévu, même si je sais bien que la ligne d’Argenteuil t’est familière

    et reste longtemps sans posséder d’appareil photo

    ma toile préférée de Hopper "Office at New York", c’est une pièce réelle que Hopper apercevait depuis le métro aérien, quelques fractions de seconde, et qu’il redessinait aussi vite à chaque retour — "toute vision procède d’une rapide vision des choses" c’est ce que nous dit Walter Benjamin à propos de Balzac, après Curtius

    donc vive l’oeil du dessinateur, et le rêve que ça induit ensuite, capable de faire danser les pelleteuses

    je rappelle lien vers ta démolition/par Pierre Place

  • Le regard qui se pose dans la reptation rapide d’un train est une manière du regard comme le Palomar de Calvino croisant au large de deux seins dénudés. Mettons, parfois la façon juste pour ne pas exaspérer le bâtiment. Voilà la réflexion que je me faisais lors de mon dernier trajet. Et je ne sais pas pourquoi l’impression de quitter un quai de gare à chaque fois que glisse derrière la fenêtre oblongue un quelconque bâtiment.

    Voir en ligne : lespasperdus