adieu la ligne


Encore un voyage Montréal jeudi prochain (à Olivieri avec Martin Winckler) mais c’est trop cher pour que je m’offre ça ensuite. Donc hier c’était l’avant-dernière, avec embarquement aube, le bus de 5h30 arrivée 8h45. Curiosité que la terre et les arbres qu’on a vus rouges, puis gris, puis blancs, puis ces semaines de début d’année tristement noirs, soit dans l’éclatement des verts. Cette ligne, toute saison, je ne la connais que lumière rasante plein est. Ces aller-retours étaient lestés du double rendez-vous étudiant qui m’attendait, livres dans le sac, séance à conduire. Mais je suis sans doute physiquement éduqué à ces rythmes vécus en Europe par le train régulier. Temps de closure. Il y a l’ordinateur, le casque pour enlever les conversations alentour, et la prise de courant dans le siège devant. J’ai quasiment chaque fois la même place, et reconnais ce qui défile à ma droite. Avais même en janvier ébauché un projet de docu vidéo comme on avait fait Paysage Fer, tout filmer comme ça, depuis le bus, mais ensuite se rendre pour de vrai dans tous les endroits aperçus, savoir les visages, les vies. Des kilomètres séparent parfois deux signes distincts. Mais les temps ont changé : on ne vous donne plus comme ça le feu vert télé pour une heure d’Arte un samedi à minuit. Dans un long fichier, construit de voyage à voyage, j’ai la liste de toutes ces choses aperçues selon la minute où elles surgissent : le bus est infiniment régulier. Alors je regarde comme un au-revoir.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 15 mai 2010
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Messages

  • De mon appartement au café, à la même heure, entre 7h et 8h et dans toutes les variations de lumières et de saisons. Le parcours est le même, l’irrégularité se construit dans la monotonie.

  • Être plus émue, beaucoup plus, d’une expo hommage au photographe, que je ne l’aurais cru.
    L’excellente compagnie de trois des meilleurs amis de ma nouvelle vie, celle des blogs et d’après "l’accident", deux éléments disjoints quoique concomitants, leur présence à mes côtés, n’y est sans doute pas pour rien.

    Je me suis sentie à ma place tout cet après-midi. Je n’étais pas de trop.

    Au moment où ils se souvenaient, rigolards, des inconvénients du baiser amoureux porté à qui vient de fumer, encombrée d’une absence d’expérience et j’espère de mémoire, j’ai cependant vacillé.

    Je me souviens en revanche de deux tentatives que V. avait faites pour stopper sa dépendance. Où en est-elle désormais ?

    Retrouverais-je un jour une vie enfin complète ?

    Voir en ligne : traces et trajets

    • hier centre Pompidou -Metz de 18 heures à tard dans la nuit , découverte de l’espace avec ses immenses ouvertures sur la ville , sur le ciel , alors le/les chefs d’oeuvre sont ici , là , à l’intérieur et à l’extérieur , et plus tard photographier les regardeurs de nuit ( en route pour le concert d’ Aphex Twin )

  • Le dimanche matin, c’est le seul moment où l’on peut, quelques minutes, laisser la fenêtre ouverte dans cet appartement. Circulation, bien sûr, mais divisée, peut-être une voiture sur cinq. Cloches de l’église. 26 qui monte à Jourdain. Frictions, frottements, glissements sur la chaussée. Moteur indistinct. Un qui s’énerve en claquant la portière ("et alors ?"). Klaxon enfantin du 26 qui descend à Jaurès. Freins du 26. Scooter en démarrage. Frictions, frottements font parfois un bruit de cascade. Ni voix ni sirènes pour une fois. Mais le voisin se met à fumer au balcon, hop, on ferme. Une mouche est entrée, animal exotique.

    Voir en ligne : Fenêtres Open space

    • "en Octobre 1949 , au musée d’art moderne à Paris , je remarquai que les fenêtres m’intéressaient plus que l’art exposé dans les salles ". Ellsworth Kelly , (repris par Olivier Mosset) lu hier soir ...

  • finir le rapport, finir le terrain, mener les trucs de front, avancer, commander un matelas et l’attendre, voir une trentaine de flics en civils aller faire la loi dans la rue, gants, talkie-walkie et les mômes qui courent devant, en riant, regarder "L’Ultime Razzia" et se marrer en se remémorant que le chien par qui le scandale arrive s’appelle Sébastien (le regard de Sterling Hayden quand la valise se casse la gueule), écouter "Beat Bop" en boucle (merci KMS) et continuer, boire des jus de fruit en terrasse, au soleil, sourire au dimanche soir (les Amoureux de Vence)