personnages #4 | imaginer c’est voler

un cycle entièrement basé sur la notion de vies, visages, situations, personnages



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imaginer c’est voler


Dans la 2ème proposition, il s’agissait de sculpter en un seul syntagme une suite de personnages, et, en choisissant de travailler sur un concept de généalogie, aux frontières du savoir et de la mémoire, on jouait dans chaque silhouette quelque chose de personnel.

Dans la 3ème proposition et celle-ci, on va privilégier l’immersion dans un contexte social (ou seulement sociétal) ordinaire, événement cyclique ou récurrent.

Vous trouverez dans les fiches d’extraits celle concernant le livre d’Arnaud Cathrine, J’entends des regards que vous croyez muets.

La démarche : pour ses propres carnets d’écrivain, Arnaud Cathrine pratique depuis très longtemps un travail de croquis sur le vif, partout où sa vie habituelle l’emmène, dans la rue, au restaurant, à la plage même cite-t-il.

Dans ces croquis, il pratique des aller-retours entre ce qu’il saisit au plus près de l’instant et de la situation devant lui, et ce qu’il imagine de la vie des personnages qu’il observe.

C’est un de nos amis communs, Arno Bertina, qui le pousse à faire de cette routine permanente du travail (à rapprocher des portraits, livre devenu quasi classique, de leur éditeur commun Yves Pagès) un projet de livres, donc en radicalisant cette démarche.

S’entremêlent alors deux tenseurs : le premier est autobiographique, cette pratique était déjà celle de la mère d’Arnaud Cathrine, qui a conservé (à moins que ce soit fiction dans le livre), sur un coin de nappe en papier déchirée d’un bistrot, un de ces croquis textuels. Le deuxième est d’un autre enjeu : quand on imagine, c’est une projection de soi-même qui prend le dessus sur la vie invisible, inaccessible, très certainement autre que ce qu’on en suppose, des gens qu’on observe, le temps d’un instant.

L’accumulation de ces portraits devient alors comme l’empreinte en creux d’un véritable auto-portrait, qui légitime le projet. Mais, dans son texte liminaire (reproduit dans mon court extrait), Arnaud Cathrine insiste bien sur cette sensation qu’il a de « voler » les personnes qu’il observe et croque, au double sens du terme.

La consigne en découle : prendre réellement le temps, dans la vie quotidienne, d’être attentif à cette pulsion qu’on a d’imaginer la vie de telles personnes inconnues ou anonymes qu’on croise, même le plus bref instant. Et tenir le double mouvement : notations d’observations les plus précises possibles, et tout aussi brèves incursions dans ce qu’on imagine de cette vie ailleurs, et de vérification impossible, qu’on va attribuer à ces personnages. On ne développe pas (ce sera une étape prochaine), on ébauche ces bulles de vie, on revient à l’observation. Si possible, pour un même personnage (ou couple, ou binôme de personnages) on pousse à 4 ou 5 aller-retours ce jeu d’observation projection.

Et c’est l’occasion de découvrir la belle écriture troublante d’Arnaud Cathrine dans ce livre.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 28 janvier 2020
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