progression #2 | les accumulations Tarkos

les cycles d’ateliers d’écriture Tiers Livre, été 2021


 retour au sommaire général des cycles été 2021 (« faire un livre » & « progression », plus module formation de formateurs ;

 la page de présentation et d’inscription (inscriptions closes, complet) ;

 rappel : on mène cet été, du 20 juin à fin septembre, deux cycles parallèles, l’un (« Faire un livre ») pour les personnes ayant déjà suivi un cycle Tiers Livre, l’autre « Progression », sans pré-requis mais accompagné d’un module complémentaire « formation de formateurs » — l’inscription est commune aux 2 cycles, avec petit supplément pour le module formation ;

 vous trouverez ici le blog de l’ensemble des contributions est en place, retrouvez les auteurs, les contributions classées par cycles ou exercices, et bien sûr une vidéo mode d’emploi ;

 les textes et documents d’appui : voir lien repris dans chaque lettre d’information — ils sont strictement réservés à l’usage individuel ;

 les rendez-vous Zoom n’ont rien d’obligatoire, mais sont des moments privilégiés d’échanges et rencontres collectives, liens transmis via la lettre d’info ;

 les auteurs procèdent eux-mêmes à la mise en ligne de leurs contributions, pour toute demande d’aide technique ou précision, merci nous envoyer un mail à l’adresse aide.ateliers (webmasters FB & Marion Mucciante).

#2, les accumulations Tarkos


Ce sur quoi insiste la vidéo :

 il s’agit de prendre conscience, en la manipulant sans l’organiser, ou le moins possible, de la force propre à l’instance (non pas première, il y les lettres, la vocalisation, le geste même d’écrire) essentielle de langue, dans l’usage esthétique qu’on en fait : les mots ;

 cet exercice aura une double visée : la première, de s’en remettre à l’accumulation, du rôle de l’accumulation (et non la liste, on développera ça dans le module formation), pour instituer une poétique à partir de ce qui a priori n’est pas poétique en soi : les mots qui nomment et constituent tel fragment ou branche de réel ; la deuxième, de rendre perceptible en tant que tel le fonctionnement mental invisible, simultané au geste même de l’écriture et sa temporalité, qui sans cesse ou obstinément convoque des bassins et associations de langage, tels que présentés au choix excluant qu’effectue en permanence la linéarité de l’écriture ;

 en sollicitant ce grand livre qu’est Anachronisme de Christophe Tarkos (impossible de comprendre et d’accepter qu’il ne soit plus réédité), on prend le temps de découvrir l’oeuvre, comme la spécificité de ce livre-testament, l’arbitraire des 160 blocs (approximativement) d’accumulations qu’il propose ;

 ne pas se hâter : dans un tout premier temps, établir la liste (et bien la liste, non l’accumulation, cette fois) des différents thèmes que vous pourriez explorer, qui auraient sens, risque, révélation, forte réminiscence ou enjeu pour vous, et choisir, des sept ou huit que vous aurez notées, les trois plus importantes...

 pour cet exercice, parfait si vous vous lancez dans trois de ces accumulations, choisies depuis votre liste initiale : l’une des trois sera sans importance ni autre intérêt que touristique (désolé ), mais des trois l’une se sera imposée pour sa capacité de secret, de tension...

 que vous ayez choisi de tenter trois accumulations, ou bien que vous sachiez celle, unique, qui pour vous présente ce plus haut taux de risque (quelle que soit la distance aux éléments de réel, ou leur arbitraire : accumulation des thèmes et souvenirs de rêve, du nom des morts que vous avez accompagnés dans l’ultime cérémonie, comme Christophe Tarkos explore les toponymes de son coin des Vosges natal, ou des noms de compositeurs, ou des bruits dans une promenade quotidienne), pour une de ces listes au moins, le mot qui m’est venu c’est fatigue : on va aller au bout, on va l’emmener jusqu’au possible de l’exhaustivité, quand bien même il faudra plusieurs jours, et que vous recomplèterez à mesure, jusqu’au bout de la semaine, l’article que vous avez publier...

 pour le 2ème versant de l’exercice, l’attention portée, par exception, au permanent et silencieux fonctionnement mental d’appel aux mots, dans quoi l’écriture linéaire tranche, sélectionne, choisit, un rappel de quelques éléments quantitatifs : combien de mots dans nos dictionnaires, et combien de mots (c’est éminemment variable) dans le vocabulaire général de l’oeuvre d’un auteur...

 et comment s’établit la constitution invisible, mais permanente, de ces bassins éphémères dans lesquels, à chaque instant, puise l’écriture linéaire : associations thématiques, associations autobiographiques, mais aussi assonances, déclinaisons, antagonismes... pour chaque thème qu’explore l’accumulation que vous avez choisie de pousser, se servir des exemples pris à Anachronisme de Tarkos (les papiers d’état-civil ou administratifs par exemple) interroger une à une ces strates d’associations complémentaires : que nous donne le thématique, que nous donne l’assonance, que nous donne l’autobiographique ?

 dans chacun des exemples de Tarkos, à la fin de l’accumulation (pas systématiquement), une proposition principale (dans l’exemple cité : « il y a eu une simplification des papiers ») qui renverse l’accumulation sur le réel et la constitue comme sens... vous tentez le coup ?

 et donc, mais ce ne sera pas la dernière fois, l’idée si importante qu’on scrute in vitro un fonctionnement de langue toujours présent et sous-jacent dans l’immédiat de l’écriture... en construisant votre réponse à l’exercice, s’ouvrir à la conscience que ce fonctionnement, qui ici constitue l’écriture, sa poétique, est un fonctionnement invisible, silencieux mais permanent dans tout ce que vous serez amené à écrire...

 

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 27 juin 2021
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