progression #10 | filer le dialogue avec Laura Vazquez

les cycles ateliers d’écriture de Tiers Livre



 

#10, filer le dialogue avec Laura Vazquez


Ce sur quoi insiste cette vidéo :

 visionnage complémentaire, le « dialogue à un seul qui parle » à partir de Rencontres avec Samuel Beckett de Charles Juliet ;

 la chaîne YouTube de Laura Vazquez (malheureusement, une grande partie des fabuleuses archives semble avoir été placées en mode privé) ;

 à Cergy avec Laura Vazquez, de si YouTube & littérature ça s’apprend ;

 un résumé : dans le livre de Laura Vazquez qui vient de paraître, Semaine perpétuelle une des marques formelles c’est l’intégration plein texte de toutes les instances du dialogue — les voix et l’alternance des voix, mais aussi le décrochage intérieur de chaque voix dans le monologue subjectif et muet, et bien sûr la contextualisation de la scène, qui, où, expressions, visages, éléments d’action (plus citations de textes écrits, puisqu’un des personnages écrit des poèmes et les publie sur Internet, trame récurrente de la fiction), donc le permanent entremêlement, dans la continuité du texte et sans aucun signe diacritique pour aider au repérage, aux sauts, d’au moins quatre instances d’énonciation ;

 inventer un dialogue sous prétexte de faire l’exercice ? ça ne va pas marcher... ce que je vous propose : relire attentivement l’ensemble des 10 textes déjà écrits pour ce cycle, et identifier le point ou les points (y compris dans le récent « récits de l’objet ») qui peuvent appeler à dialogue, ou provoquer ou convoquer un usage du dialogue ;

 on est dans de la grammaire du récit, une forme technique (le dialogue, donc), à la fois omniprésente, d’apparence évidente, et pourtant infiniment rude à construire et organiser, au sens musical du terme : limitez-vous à deux personnages, mais pour ces deux personnages veillez bien à inscrire ces quatre strates de notation décrites ci-dessus...

 dans l’expression-titre, filer le dialogue, accent délibéré sur le continu et c’est la raison du choix de l’étonnant livre de Laura Vazquez : la clé, c’est bien le filage de ces quatre instances (1 — les deux voix, 2 — leurs monologues intérieurs simultanés ou réflexion subjective, 3 — la contextualisation de la scène avec lieux, visages, expressions, 4 — la voix narrative, présence discrète ou pas de narrateur.narratrice à distance objective), mais cela sans aucun des artifices (allez, on veut bien le : ...) qui signent ordinairement le dialogue, comme guillemets, tirets, italiques, etc, à vous de le rendre intelligible dans la pleine continuité du texte, tout en pensant (d’où la référence à Nathalie Sarraute) que... le lecteur peut y mettre un peu du sien, et que tant mieux si son activité requise le fait entrer dans la danse (on peut même l’apostropher si on veut...).

 


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1ère mise en ligne 1 av. J.C. et dernière modification le 5 septembre 2021
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