De la nuit, à tâtons

Je me laisse surprendre par la chair qui s’invite. La réalité crue ne se laisse pas voir, seulement des fragments aux bords effilochés. Au loin, une montagne évidente posée là dans une brume légère. Un sommet que les yeux embrasent de loin, une image, un paysage. Les jambes se résignent et arpentent jusqu’à s’approcher, grimpent jusqu’à la cime dans l’illusion renouvelée qu’elles vont posséder le massif. Qu’il suffira que les mains tâtent, que les doigts agrippent sans le lâcher cet amas de poussière éphémère. Et il sera modelé enfin, dans une empreinte plus humaine. Compréhensible et acceptable. Immuable et stable. Dompté. Je dégringole. Encore.

A propos de Stéphanie Rieu

J'ai 44 ans et à ma grande stupéfaction, je vis en Lozère depuis maintenant quinze ans. J'ai souvent pris des trains en marche pour le plaisir de l'aventure ce qui m'a permis de pratiquer différents métiers tout aussi passionnants les uns que les autres et toujours en lien avec l'humain. Il y a quelques années, je me suis formée à la biographie familiale avant de réaliser que c'était sur ma propre matière que j'avais envie de travailler. J'ai donc intégré "Les Ateliers du Déluge", où, avec d'autres compagnes d'écriture, nous formons un ensemble insolite, disparate, joyeux et déluré, ne reculant devant aucun défi, ni prise de risque (y compris celui de s'inscrire sur les ateliers en ligne du Tiers-Livre !). Aujourd'hui, j'essaie de prêter une oreille attentive à ce qui m'anime : écrire, cuisiner, lire, accueillir, jardiner afin d'oser aller à ma rencontre. Malgré les efforts incessants que je déploie pour essayer de réfléchir sérieusement à mon avenir, je ne sais toujours pas ce que je voudrais faire quand je serai grande.

4 commentaires à propos de “De la nuit, à tâtons”

  1. Bonjour,
    C’est mon premier commentaire sur un de vos textes et puis-je me permettre de vous dire que votre mot de fin – encore – est le mien.
    Oui, encore. Ne voulez-vous pas nous emmener sur la montagne – un peu plus longuement.
    A la lecture je resens que le texte ne fait que commencer… et j’ai vraiment envie qu’il se poursuive, qu’il nous en dise plus sur l’empreinte plus humaine, sur la possession de massifs, sur la réalité aux bords effilochés. Alors j’aime et je dis : encore !
    Belle fin de dimanche à vous Stéphanie, je retourne à ces drôles de choses en cours et vais relire ce que je viens de commencer avec un regard tel que celui que je pose sur les vôtres : qu’y a-t-il derrière une expression, une première ébauche, un début de piste, et comment y aller voir.
    Catherine Serre

    • Bonsoir,
      c’est drôle comme mon « encore » plutôt empli de désarroi, se transforme en appétit dans votre lecture… Un autre versant à explorer sans aucun doute…. quant au reste, j’y travaille, petit bout par petit bout.. jusqu’à où ?
      Belle soirée à vous aussi et merci.

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