traversée Bruxelles soir

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la France est une ligne blanche

J’aime Bruxelles (ces temps-ci, on a des envies de frontière). Je n’y vais pas assez souvent. Si même j’avais pu changer mon billet de train, peut-être, plutôt que prolonger le séjour à Amsterdam, j’aurais tenté de m’arrêter quatre heures à Bruxelles. On reconnaît l’approche de la ville (à l’allée, côté ouest, les usines métallurgiques, au retour, côté est, les vieilles coupoles de Schaarbeek). On sait plus haut les places, l’enfoncement des rues, tel tableau dans le grand musée. On sait l’odeur particulière de la ville.

Mais du train elle reste inaccessible et, dans la lumière du soir, un instant flottante. Chaque ville en perspective, et qui plus est vue en mouvement, est comme un monde lointain, entassement et géométries qu’on aurait déjà vus en rêve.

J’avais réglé l’appareil en 16/9 mais ce n’était pas prémédité, je ne sais pas trop ce que ça change quand on regarde (je dis ça pour qu’on m’explique). Il n’y avait plus de ciel, mais le débordement pauvre de la ville qui vient s’effondrer jusqu’aux rails : on se dit que si son visage ressemblait à une ville on voudrait qu’à cet instant ce soit cette ville.

François Bon, autoportrait, 2007 ©



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 mai 2007
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