soir sur Domino Sugar Brooklyn

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de ces trois statuettes nuragiques

Dans toutes les équipées vers Greenpoint ou Williamsburg, elle vous regarde, même de très loin, tutélaire, opaque, compacte. Un lieu où on inventerait bien des histoires de Lovecraft rien que pour elles. Seulement, tout au long de l’East River, le temps n’est plus aux usines. En 5 ans, on ne reconnaît rien. Si on va sur Google Earth et qu’on clique l’option Image historiography on a cette fabuleuse fonction qui permet de remonter le curseur jusque vers 1994, et on peut suivre verticalement la transformation du quartier. On y était venu en 2008, sur la piste de la factory où Louise Bourgeois traitait ses grands formats (les araignées), et on avait été fasciné par la vieille usine à moutarde. Aujourd’hui, toute rénovée, réhabilitée, encastrée dans de belles tours, et le bord de l’East River aménagé avec plus d’intelligence que le massacre bétonné qui a recouvert l’extrémité sud de Roosevelt Island d’un catafalque anachronique. Restent quelques beaux bâtiments encore, et, pour l’instant, ils n’osent pas s’approcher de la raffinerie de sucre historique, la Domino Sugar. C’est pour bientôt, il y a déjà des maquettes. Alors ce soir, depuis le East River Ferry qu’on prend pour 4€ et qui vous remonte jusqu’à la 34ème rue, un salut ému au géant, à ce que ces architectures représentent de notre histoire humaine collective.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 mai 2013
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