journal | choses vues de loin


Chaque fois que je passe en voiture sur l’autoroute qui longe Saint-Nazaire, mais donc depuis 15 ans au moins, se dire lorsque l’image surgit qu’il faudrait sortir, s’approcher, s’arrêter – vieille parenté instinctive aux hauts-fourneaux, voir forges de Trignac [1]. Au lieu de ça, chaque fois c’est déjà quasi trop tard, ça s’est enfui, comme le grand champ de caravanes sans ombre qui suit (intérimaires sur le chantier de ces énormes usines flottantes à croisières sans rien d’imprévisible ?). Hier je ne conduisais pas, j’ai pu attraper l’image. Est-ce que ça me rapproche d’elle, ou pas ?


[1Il y en eut pour le faire : voir cette vidéo...


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 juillet 2013
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Messages

  • le plus que j’ai pu m’approcher en Google Street View

  • Saint-Nazaire, rue des Lamineurs, Google Street View, au niveau de la stèle

  • (voilà le général instin dans la rue desnoyez)(paris 20) (passé ce matin voir un peu ce qui se trame, il y avait là une petite équipe de ciné-télé-imageson) on passe, j’en ai ma claque de ces affaires (blackboulé dans l’étude bruits ademe dlamerde) (j’y croyais à 10%) (je continue le boulot mais à quoi bon ? faiche)(une enquête sur les cowboys de la rue-police parallèle ou municipale ou appointée par les bailleurs sociaux parisiens) ("bailleurs sociaux" c’est beau comme de l’antique : ce sont ceux qui "gèrent"’ les diverses habitations à loyer modéré qu’on trouve dans la capitale et dans sa banlieue) (l’ascenseur de l’immeuble en panne tous les ans à la même époque - là maintenant c’est depuis le 3- lettre au bailleur, on vous reçoit comme une merde ; lettre au maire, qui répond à côté ; qu’est-ce qu’on fait ? à part se répandre dans les escaliers, je ne vois pas de parade)

  • j’ai repris le bazar pour 4 jours (j’en ai plein le dos) (mais bof) (faut gagner des sous déjà, le loyer attend un peu mais pas trop) (dlamerde) (jvais au ciné ça me fera les pieds) (ça m’a manqué même si les paysages suffisent aussi à imaginer) (ça se passe sur la côte orientale mais dire le nom, attends faut que je cherche, ptête Kalamos) (là dormaient des tziganes sur le trottoir, à l’ombre de leur pick-up emplis de pastèques, de charbon de bois, de filets de vingt cinq kilos d’oignons, une gentillesse, un sourire, le soleil, et la douceur de vivre) (tu vois comme ça change ici dans le métro vers 6 même si le parigot s’est tiré tête de veau vers le grau du roi ou j’en sais rien, les visages fermés pressés une petite sueur qui perle au front, on se dépêche de rentrer, vite, un peu plus vite, le train la correspondance)

  • quand je bosse, souvent , je prends le métro ; pour changer à stal, je sors, quand il fait beau, et je rerentres de l’autre côté de la place (les couloirs avec leurs pubs nauséabondes, le personnel qui coure - les flics les connards et les connasses- très peu pour moi) (quand je bosse, je suis particulièrement misanthrope) (quand je ne bosse pas aussi tu me diras, mais moins sans doute, peut-être quoi que de rencontrer des gens - une quinzaine par jour- pendant dix ou quinze minutes rend plus tolérant vis à vis de ses contemporains) (la plupart sont quand même insupportables t’avoueras) et dehors, il y a, au loin, l’immeuble de la bataille (fait une chaleur d’été et c’est chouette)

  • ils ont tendu devant un tulle rouge, on ne le voit pas du coup, cet immeuble de bataille (j’avais pas vu non plus le couple de cyclistes bord cadre en bas, ils étaient en train de consulter une carte) il y a du monde, on voit à peine le revêtement noir qu’ils ont posé sur la façade ni sur cette photo ni sur les autres (c’est heureux, vu que c’est moche au delà du ridicule ou de l’abject) (je crois que les trois immeubles des chantiers seront de la même eau) (je l’ai déjà dit, mais je me répète, ça fait que j’ai l’impression d’exister) (d’un autre côté, les gens qui se déplacent en deux roues ont souverainement le don de m’inciter à les trouver ridicules, ce qu’ils sont - tu vois les gants du type et la casquette de la gonzesse, ils ont beau être néerlandais ou quelque chose - pas bien perçu le dialecte jte dirais- ça ne les rend pas pour autant sympathiques- ni antipathiques, non plus, quoi que le tour de France, la dope et les chaînes de vélo, très peu pour moi)

  • (c’est ce nouvel appareil photo, je passe par le pc pour lire les photos et les importe via une clé et elles sont droite sur le mac, jt’en foutrais tiens, j’essaye une autre fois, après j’arrête) (là je la pose, dans l’autre sens, commencent à me plaire les cyclistes tiens)