2014.01.04 | San Francisco, City Lights, petits papiers des grands libraires

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la Chine à main levée | 07

Free speech zone / all characters in bookstore are real, not fictitious / I am the door / literary a habitat for humanity / kind of library where books are sold / a literary meeting place since 1953 / welcome, have a seat and read a book / where the streets of the world meet the avenues of the mind...

Quand Ikea se permet d’afficher sur les abribus « Pourquoi toujours offrir un livre », on pardonnerait presque aux libraires leurs étiquettes Coup de coeur manuscrites avec prénom en plus, mais moi j’aime pas trop – déjà qu’on me guide, et souvent c’est pas mon genre de choix en plus.

L’autre problème, quand on approche de City Lights, c’est se défier de la légende : quoi, nous voilà chez monsieur Ferlinghetti lui-même, qui doit vivre à proximité même si on ne l’y verra pas... Souvenir pour ce voyage de Dylan en 1964 – ils sont venus à 4 de New York dans un break Ford rouge, c’est son premier voyage sur la côte Ouest – et quand il entre enfin à City Lights on lui dit que Ferlinghetti y est justement parti pour 2 jours, à New York. Accessoirement, c’est ce même jour qu’il achètera, à San Francisco, sa première Stratocaster, lui le roi de l’acoustique.

Donc non, on n’entre pas dans une légende, on pousse simplement la porte de City Lights. Reste que c’est une des plus belles librairies que j’aie jamais vues, simplement par la façon dont elle est habitée.

Il faut dire que la qualité graphique des livres US y contribue, et puis la qualité du fond : il n’y a pas tout, et surtout pas Michel Drucker comme l’autre jour à Sauramps, mais une magnifique édition de Blanchot ; L’espace littéraire traduit juste entre Barthes et Foucault.

Trois niveaux : au sous-sol, une table et des chaises. Au rez-de chaussée, la caisse, deux salles, plus deux escaliers, pas beaucoup de place. À l’étage, la salle lecture publique avec une belle vue sur ville, la poésie et la beat generation. Et qu’on vous fout royalement la paix, on ne s’offusque même pas que vous preniez discrètement quelques clichés.

Qu’est-ce qui se passe si on prend au sérieux les proclamations affichées :
- un lieu de rencontre littéraire depuis 1953
- une espèce de bibliothèque où les livres sont à vendre
- je suis la porte
- ici habite l’humanité
- tous les personnages dans une librairie sont réels, pas fictifs
- zone de parole libre
- bienvenue, asseyez-vous et lisez un livre
- où les rues du monde croisent les avenues de l’esprit

Mais c’est marrant, leurs petits mots partout. Cette façon iconoclaste. Il y a encore de sacrées bonnes librairies aux States. Au moins une.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 janvier 2014
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