2014.03.31 | La Devinière, Rabelais dans ses pierres


Je n’aurais jamais imaginé un jour, même avec les kilos de bouquins de et sur Rabelais autour de moi en permanence depuis, allons : 1983 ?, qu’on m’accueillerait régulièrement à la Devinière comme si j’y étais chez moi, en tout cas c’est cette générosité qu’a Alain Lecomte, qui a transformé le lieu en profondeur depuis 8 ans, et a encore des projets plein les bras. Ce fils de vigneron a même replanté de la vigne et fait il y a 2 ans les premières récoltes d’un cru La Devinière qui est quand même un beau symbole. Alors la joie de retrouver ces vieux toits du XVe, le dédale des caves, cette douceur pourtant rigoureuse du tuffeau. Là, en préparation de la performance entre Nostradamus et La Pantagrueline Prognostication que Didier Galas, vieux compagnon et celui qui m’a emmené au Japon, va présenter au Louvre le 6 juin prochain. Dans mon grenier à téléchargement, j’ai même installé, du coup, une photo haute résolution de ce paysage qui est celui des guerres de Gargantua. Avec l’appareil, c’était juste chercher, dans l’harmonie du visible, ce qui peut-être dans la pierre aidait à traverser le temps. La tête y parvient : toutes ces phrases qu’on connaît par coeur résonnent si bien, là-bas... « Ce monde ne faict que resver, il approche de sa fin. Or tenez. Des nopces. Des nopces. Des nopces. » Même ce soir, tiens...

 

Didier Galas & Alain Lecomte, La Devinière, mars 2014.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 31 mars 2014
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