journal | Mac’Do des livres

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« Découvre le monde avec quatre livres », quand tu vois ça sur une publicité qui recouvre tout un mur de maison, en plein centre de la bourgade qui t’accueille, face à la boulangerie, alors qu’à 50 mètres il y a la bibliothèque qui t’accueille, que les rues des lotissements neufs portent des titres de film (rue Jour de Fête, rue des Enfants du Paradis) ça ferait presque faute de goût mais certainement pas les mêmes qui décident. Ça doit faite une trentaine d’euros par an pour le type qui loue son mur à la pollution générale (c’est de toute façon bien moins pollué de pub que les écrans du web maintenant). Reste la promesse : oui, certainement, tu as découvert le monde par les livres. Oui, certainement, tu rêves toujours des livres à découvrir le monde. Alors oui, la promesse, qu’ils la tiennent : ce sont lesquels, ces quatre livres ? Puis s’apercevoir que sous l’affiche il y a ce bandeau mangerbouger.com qu’il y a toujours sous les pubs du boirebouffer.com, et le petit macaron d’une chaîne de bouffe-vite, en l’occurrence l’inévitable Mac’Donald qui veut se refaire bonne conscience avec une prouesse intellectuelle : faire croire qu’un livre, même comme ceux-ci, est de leur niveau. Ensuite on regarde les titres des 4 livres proposés, on regrette que ce soit le respectable nom des éditions Nathan qui s’abaisse à ce ramasse-merde mais quand même, sur les cinquante mètres qu’on fait pour rejoindre la petite bibliothèque, de la tristesse : le mot livre, sur ce panneau, c’est le symbole de ce qu’on a perdu. D’une bataille qui semble de plus en plus irrattrapable. Même leur pub est moche et triste.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 septembre 2014
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Messages

  • (c’est plus facile à poser, les images, quand elles sont dans une série) (en même temps c’est plus facile à prendre- encorefaut-il les trouver, mais si on reste aux aguets...- et les aguets, cependant, c’est ce qui vous fait louper d’autres choses) (rien n’est simple) celui-là est un peu tapi derrière une façade, ne laissant apparentes que l’avant ses deux pattes avant griffues (quand même, ça reste un fauve) il a l’air inquiet à garder l’entrée de la pension (trois jours magnifiques) (ici, dehors -il est quand même tard, là- une vieille femme éternue, les voitures déboulent sur le faubourg, et moi (dedans) je vais me coucher) (inconscience ?-je ne sais comment payer le loyer- nécessité de vivre, d’avancer, de regarder, je ne sais pas bien, mais j’en suis là) (un travail utile, ça existe, vraiment ?) (je cherche mais ne trouve point) (j’ai deux idées, j’y vais)

  • parvenue par mail (merci, Employée...!) une patte de fauve, Berlin un ville où, paraît-il (dixit Chasse-Clou, ou vous Employée) il fait bon aller, jamais vue, jamais connue, passé une fois en voiture à quelques dizaines de kilomètres sur le chemin de Copenhague, au retour bien plus loin, aujourd’hui, 1° octobre, un trimestre qui va être je le crains dur et dur et dur (mais c’est l’automne, et en automne tombent les feuilles) (la patte au repos c’est toute la négligence du roi)

  • il y a un an voilà que se montrait au bout de la vue, au bout du voyage, vaporetto plus autobus plus vapporetto plus bac, cette ville nommée Chioggia, il faisait doux mais gris, l’eau de la lagune était calme et grise, quelques petites vagues, quelques nuages et quelques oiseaux, il faisait doux, une merveille, le musée au bout de la rue piétonne, les canaux comme à Venise sans la prétention légèrement écoeurante de la Sérénissime (mais comment, devant tant de beautés ne pas prétendre à être la plus belle ?) une merveille (à l’image-satellite, le bac qui porte le bus avant son arrivée à Pelestrina) (une vraie merveille que ce voyage)

  • (c’est un peu comme lorsqu’il s’agit d’aller trouver un(e) inconnu(e) et de lui demander un entretien sur un sujet quelconque - hors sexe, religion, revenu, on est en France quand même) le type porte les mêmes chaussures que moi (des mocassins à 100 les deux paires en soldes juillet 2012), le même jean que moi (un peu moins large le mec) la même chemise que moi (la mienne est bleu clair, ça change quoi ?) il a la même tronche (en gros) (enfin j’ai le même gabarit) (on se ressemble) il est assis là, moi pas encore mais j’arrive, je prends mon livre (because I read when i’m travlling by tube) (Norman Mailer, ’les vrais durs ne dansent pas" chez laffont poche, je ne sais pas ce que ce livre fait chez moi mais jme marre parce qu’il est marrant) bing bong ni une ni deux un cliché (il a un peu plus de tifs, mais ils sont plus gris) (jpense que je lui donnerai 63 si on me demandais, mais je le vois de profil et ça n’aide pas à dater la chose) (je veux dire l’être, mais là, il reste une chose stuveux)

  • il a l’air comme ça, mais d’un seul coup, paf il sort une tablette et commence à écrire un mail (je le vois avec son petit stylo/let qui frappe, il pense, il continue) (je me suis assis, entretemps, des stations sont passées, il a changé de jambe croisée (je croyais qu’il portait une veste mais c’est un blouson) enfin le temps avance) (les chaussettes noires, les miennes sont bleu nuit) je lis aussi, je croyais qu’il allait prendre un bouquin, mais non - comme quoi attends il y avait un titre d’un essai de Pierre Sansot que j’aimais beaucoup (le titre et l’auteur) c’était "les vieux ça ne devraient jamais devenir vieux", beau livre, qui valait un peu "les gens de peu" et d’autres encore) (jte dis "vieux", mais enfin comme on a à peu près le même âge, lui et moi, je ne devrais pas peut-être ? mais soixante et une piges putin...!) (et pourtant bien sûr tu ne trouve pas que "vieux" ça a un air péjoratif, la maladie honteuse, tout ce qui est neuf -vieux contraire de neuf mais aussi de jeune- les vieux ça ne devrait jamais mourir non plus- c’est à cause de cette proximité relative avec sa fin, dis moi, qu’on a tendance à dire qu’un type est devenu vieux ?) (je vais me lever, mais j’arrive pas à lire ce qu’il écrit, il continue vers son destin et moi le mien)