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stage d’écriture à Rome, la Sapienza



MAIS QUELLE EST CETTE RUBRIQUE ? (SE REPÉRER)
une autre page images, au hasard (depuis 2005) :
souvenir de Scalloway

Rome, premier soir. Brèves retrouvailles avec la ville. Les chambres très sommaires de la vieille passerelle autrefois concédées aux pensionnaires ont été rénovées. La ville qu’on surplombe est toujours un choc. Grande chance de venir 2 fois la même année.

Grève des taxis, liaison Trastevere à pied pour la lecture. Rencontres franco-italiennes sur la ville, je lis Paysage Fer, sur les photographies de Jérôme Schlomoff, rescannées de frais. Le contexte italien, pour les libraires, est le même que le nôtre. Mais ici on se sent bien tout de suite, un coin bar, un coin Internet, le lieu de lecture équipé vidéo-projo plus piano, et même, ce que je n’avais jamais vu chez nous : un coin vieux livres, ils sont là sur des étagères avec deux fauteuils auprès, pas pour acheter, juste pour bouquiner. Une jeune auteur italienne, Elena Stancanelli, lit avec moi, discussion animée et traduite par Martine van Geertruyden. En fait chacun, public compris, parle dans sa langue et comprend celle de l’autre. Seul bémol : le type qui, presque sous mon nez, me pique mon téléphone laissé auprès de l’ordi pour surveiller le compte à rebours de l’heure.

Contre le mur de la villa Médicis, derrière les parcmètres, le buste de Chateaubriand et plus personne ne le regarde. Un peu pareil à Saint-Louis des Français, où sa dédicace à Pauline de Beaumont « consumée d’une maladie de langueur » est reléguée dans le coin noir où on range les chaises. On devrait démonter tout ça et le rapporter à Saint-Malo : personne ici ne s’apercevrait de leur disparition.

Lendemain gris et pluie. Marche du matin, avant l’atelier fac à la Sapienza prévu 14h-20h. Tour bref au forum désert. Alors bien plus austère, et comprendre peut-être un petit quelque chose d’eux, de ce grand temps. Se concentrer sur ce grand effondrement de briques, depuis toujours me fascine.

Premier après-midi de stage. Les facs se ressemblent, mais on n’oublie pas l’Italie. La fac de langue et philo, avec le département français de Gianfranco Rubino, est installé villa Mirafiori, un cadeau de Victor-Emmanuel à une de ses maîtresses. On a la chance de travailler dans la bibliothèque. Comme dehors il pleut, les étudiants pique-niquent dans les couloirs. Toujours curieux de la façon dont profs ou étudiants se servent de l’Internet et comment. On comprend mieux pourquoi ce qu’on accumule sur nos sites finit par diffuser et provoquer ces rencontres.

Trop crevé le soir même pour sortir dîner. Un stage c’est une sorte de marche continue. Ouvert avec Perec, parlé aussi de Gracq et Claude Simon. Ce matin, j’arrive avec Artaud, Saint-John Perse, Duras, Beckett et Juliet. C’est la journée des diplômes : les familles viennent avec des bouquets de fleurs, la nouvelle docteur en philo a sa couronne de laurier, et nous on écrit. Bu trop de café.

Et de quatre heures de marche ce samedi, ne garder peut-être ici que Borromini ? Le ciel accueillait sa spirale. Et merci à Martine van Geertruyden et Gianfranco Rubino pour l’accueil.




François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er décembre 2007
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