d’un roman-lieux | et Lovecraft qui attend gare de Brattleboro

de ces rares lieux où on se confronte aux entités préhumaines




C’était le but de ces 2 jours de travail à Montpellier : explorer en quoi les lieux biographiques de Lovecraft pouvaient justifier d’un film, et comment trouver dans l’arbitraire des lieux réels, parfois modestes, et où parfois ne subsistent que peu de traces, ou pas du tout, d’il y a 90 ans, cette tension qui lui est propre – là où le lieu est dépositaire du passage à l’imaginaire, du recours à l’écriture.

Evidemment, moi j’y crois. Seulement, c’est ténu. Ainsi, la gare de Brattleboro. C’est un voyage que Lovecraft effectue en juillet 1928, un voyage qui compte pour lui. Son ami Frank Belknap Long y a acheté une vieille ferme pour emmener sa famille en vacances. Un écrivain de la tribu Weird Tales, Arthur Goodenough, y réside et ils lui rendront visite.

Le voyage est un tel souvenir pour Lovecraft que, dans Chuchotements dans la nuit (The whisperer in darkness, traduction à paraître Points Seuil avril 2017), il en reconstitue les étapes dans un chapitre magnifique.

Mais c’est à la gare de Brattleboro que l’attend Noye, le complice des entités préhumaines que son narrrateur va affronter.

Il ne s’agit donc pas d’une simple gare, mais d’un lieu où se fissure le monde entre réel ordinaire et fantastique à dimension cosmologique.

Or, il n’y a même pas vraiment de gare, à Brattleboro. Un carrefour, un passage à niveau, la silhouette d’une vieille usine de briques qui était déjà là.

Alors on est resté sur cette question, où moi je disais oui, que je voulais aller à Brattleboro et filmer ça, mais qu’on ne sait vraiment pas qui ça intéresserait.

Et surtout profitez-en pour visiter l’intérieur de l’incroyable Latchis Theatre.

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 10 mars 2017
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